Grimbergen : Les jeunes candidats NV-A peinent à pouvoir s’exprimer

Derrière Bart De Wever, l'homme qui porte seul la puissance de frappe de son parti, les candidats aux communales ont peu de visibilité. Photo Bruno d'Alimonte

Ralph Packet, coordinateur de la Jong N-VA pour le Brabant flamand, promet de rappeler. Avec les numéros de téléphone des responsables de sa section dans les communes de la périphérie. Quelques heures passent. Il s’est ravisé. Les ordres sont venus d’en haut. « On ne donne pas d’interviews avant les élections communales, c’est trop sensible. Le Soir n’est pas un journal honnête envers notre parti. Je ne peux pas faire autrement », s’excuse-t-il.

Certains jeunes militants du parti flamand plaident pour un style plus ouvert. A la veille des élections communales, ils sont plusieurs dizaines à se démener en périphérie pour donner au parti, qui semble reposer sur les épaules d’un seul homme, une assise locale. « Il y a un seul moyen de communication à la N-VA : Bart de Wever. Personne d’autre ne parle et c’est un problème », déclare Niels Moerkerke, 24 ans, 12e sur la liste N-VA de Grimbergen. Son colistier, Olivier Verstraeten s’étonne aussi de ce verrouillage : « Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’exprimer. »

Verstraeten, 25 ans, T-shirt noir à l’effigie du groupe de musique électronique britannique The Prodigy et barbe de 3 jours, a lancé la Jong N-VA de Grimbergen en janvier 2012. Il était membre de Groen ! avant de faire le voyage vers les nationalistes flamands. « Je me suis inscrit à la N-VA parce qu’il ne se passait rien chez Groen ! La N-VA c’est une alternative aux partis traditionnels. » Les jeunes de Grimbergen comptent 12 membres, 4 d’entre eux se trouvent sur la liste N-VA pour les élections du 14 octobre.

Leurs revendications ? « Plus d’activités pour les jeunes, plus de démocratie et la fin de la monarchie. » Verstraeten, assis à une table du café Ons Huis à Vilvorde, plaide : « rien n’est fait pour occuper les jeunes. On voudrait organiser un festival et ouvrir une maison de jeunes à Strombeek-Bever pour aider les différentes communautés à s’intégrer. » Et d’ajouter : « tout le monde sera le bienvenu, mais la langue administrative de Grimbergen est le Flamand. Il faut que les gens essayent de l’apprendre. »

La « Jong N-VA se trouve encore dans les starting-blocks », souligne Niels Moerkerke, qui a rejoint les jeunes de Grimbergen après avoir été contacté par Verstraeten. L’organisation des jeunes du parti est active dans 15 des 39 communes que compte la périphérie. La plupart des sections n’existent que depuis quelques mois, émanent d’initiatives individuelles et ne sont pas encore cordonnées au niveau national.

Pour Olivier Verstraeten, « le mouvement de jeunesse deviendra plus important si le parti fait un bon score aux élections communales. Plus de jeunes rejoindront la N-VA car il aura enfin une empreinte au niveau local et pas uniquement national. » La teneur de cette empreinte est incertaine, selon Moerkerke : « on n’a pas eu le temps de façonner notre vision. » Il s’explique : « on est tous d’accord pour dire que la Flandre paye trop pour la Wallonie et Bruxelles. Mais la N-VA regroupe des tendances très différentes : libérales, socialistes et conservatrices. » Lucide, il poursuit : « il y a aussi des gens qui votent pour la N-VA car elle constitue une alternative politiquement correcte au Vlaams Belang. »

La liste de la N-VA de Grimbergen est par ailleurs poussée par un ancien élu de l’extrême droite, Steven Dupont. « Pour le moment, ce qui nous unit, c’est notre volonté de changement… »

Cheyenne KRISHAN
Cette entrée a été publiée dans Grimbergen, Région flamande, toutes les communes. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>