Comment est choisi le bourgmestre ?

Comment
est choisi le bourgmestre ?

On l’a compris : la fonction de bourgmestres est centrale, dans la vie communale. Mais comment est-il désigné ? Existe-t-il des critères ?

En réalité, cela dépend des lieux. En Wallonie, des critères ont été fixés, pas dans les autres régions.

L’ancien régime. En Flandre et à Bruxelles, la règle est celle-ci : il n’existe pas de règle. Le parti vainqueur des élections (s’il a la majorité absolue au conseil communal) ou les partis qui s’associent pour former une majorité choisissent librement qui sera bourgmestre ou échevin. En général, le bourgmestre est une tête de liste et/ou une personnalité très populaire dans la commune.

Mais il arrive que la majorité, suite à un accord politique, envoie au maïorat une personnalité de popularité moyenne, ce qui peut donner l’impression que le vote des électeurs n’a pas été entendu. Certains partis (comme le MR) proposent donc une élection directe du bourgmestre – il y aurait donc deux scrutins : le citoyen élit les membres du conseil communal et, le même jour, il élit le bourgmestre. Cette piste ne convainc pas les autres partis. Ils font notamment valoir que les électeurs pourraient émettre deux votes très différents et donner au conseil communal une couleur politique qui ne serait pas celle de la personne élue au maïorat. On créerait un hiatus entre l’exécutif et le législatif, forcés à vivre une sorte de « cohabitation ». Les communes de Flandre et de Bruxelles en sont donc toujours au système libre – pas de critère.

Le régime wallon. En Wallonie, on a coupé la poire en deux. Longtemps, on y a connu le régime libre décrit ci-dessus. Depuis le scrutin de 2006, cela fonctionne tout autrement. Est bourgmestre la personne la « mieux élue » (celui qui récolte le plus de voix de préférence, de votes nominatifs) du parti au pouvoir ou du parti le plus fort de la coalition (le parti qui a obtenu le plus de voix). C’est ce qu’on appelle la désignation automatique : on ne discute pas, le maïorat n’est pas négocié comme ailleurs.

On notera que, par hypothèse, il se peut qu’un conseiller de l’opposition ait obtenu, au scrutin, davantage de voix de préférence que le maïeur.

Si le « mieux élu » de la majorité refuse le poste de bourgmestre (ou s’il démissionne du maïorat en cours de législature), il ne peut occuper aucune fonction exécutive (échevin, président de CPAS). Si le « mieux élu » refuse le poste de bourgmestre, on prend le deuxième mieux élu du parti au pouvoir (ou du parti le plus fort de la coalition). La condition de popularité ne s’applique qu’aux bourgmestres, pas aux échevins, choisis librement.

Ailleurs. Revenons en Flandre et à Bruxelles, où le bourgmestre est donc choisi librement. Dans la commune flamande de Herstappe, une seule liste se présente le 14 octobre. Il n’y aura donc pas de scrutin. Dans quatre communes wallonnes aussi, une seule liste a été déposée (Onhaye, Ouffet, Tintigny, Vresse, Ouffet). Mais on y votera le 14 parce que, pour désigner le maïeur, il faut désormais déterminer le degré de popularité de chaque candidat.

Conditions. Rappelons-les : on peut être bourgmestre à 18 ans. Il faut être Belge, à la différence des échevins qui, comme on l’a lu, peuvent être, depuis 2006, des non-Belges européens (fiche 17). Rappelons que le parlement wallon interdira bientôt à trois quarts de ses députés d’exercer une fonction exécutive communale (bourgmestre, échevin, président de CPAS).

BOUILLON,PIERRE
Cette entrée a été publiée dans les fiches élections. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>