Liège : Ecolo veut supprimer la publicité au centre-ville

Liège sera-t-elle une des premières cités européennes à bannir la publicité de son centre historique ? © M. Tonneau

Depuis 2006, une loi « ville propre » portée par le maire Gilberto Kassab interdit – quasiment – tout affichage publicitaire dans le centre de São Paulo : une première mondiale qui, depuis, a été reprise par plusieurs municipalités sud-américaines et même françaises, comme Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Liège pourrait-elle, à son tour, bannir les publicités commerciales de l’espace public ?

« La publicité par affichage envahit, privatise et formate notre espace public, nous pousse à la consommation et dégrade notre environnement visuel », déplore François Bertrand, candidat Ecolo à Liège. Cette réforme de l’affichage figure dans le programme du parti et devrait être soumise à la prochaine majorité. Elle consiste en une suppression de l’affichage public dans le centre-ville – « Mais aussi dans d’autres quartiers d’intérêt historique, comme Outremeuse » –, en un doublement de la taxe sur les panneaux subsistants, en l’affectation enfin de cette rentrée financière nouvelle à la promotion d’un « mobilier urbain original, écologique, durable et artistique. » Illusoire ? « Au total, la convention passée avec JC Decaux a rapporté en 2011 près de 1,75 million d’euros à la Ville, poursuit François Bertrand. Il faut aussi compter avec les compensations matérielles : mise à disposition et entretien de poubelles, bancs, potelets… » Doubler la taxe sur les panneaux publicitaires – de 72 à 144 euros par mètre carré et par an – pourrait apporter 850.000 euros supplémentaires chaque année, estime Ecolo : « Cet argent pourrait être réinvesti majoritairement dans du mobilier urbain original, utile à tous, dont notamment de l’art urbain. »

Cette mesure financière serait complétée dès 2016, lorsque prendra fin le contrat liant la Ville à JC Decaux, par l’exclusion de l’affichage dans certaines zones du centre urbain mais aussi à proximité des écoles, des parcs et espaces verts… « Le cœur de la Cité ardente pourrait ainsi se distinguer des autres villes du monde : une ville sans publicité qui a misé sur un mobilier urbain artistique original », conclut François Bertrand.

Un pari que ne rejette pas d’emblée André Schroyen, l’échevin liégeois des Finances. « Mais je me méfie des slogans et des propositions à l’emporte-pièce, il faut qu’on y réfléchisse, nuance-t-il. Réduire les espaces publics disponibles pour l’affichage entraînerait vraisemblablement une diminution des compensations en faveur de la Ville. »

Et d’autre part, le calcul des taxes n’est pas à la seule discrétion des villes et communes : « On ne peut les augmenter comme on veut, il y a des maxima qui sont imposés par la Région, rappelle André Schroyen. Pour ce qui est des taxes communales, nous sommes souvent dans la fourchette supérieure. Un doublement de cette taxe me semble dès lors difficile à imaginer. » .

Joël Matriche
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