Mons : John Joos, la voix des victimes des Mésanges est candidat

Depuis plus de dix ans, John Joos est actif sur la scène montoise. L’incendie des Mésanges l’a placé à l’avant-plan. Elu dimanche ? © Dominique Duchesnes.

Portrait

C’est dans l’ordre des choses : à Mons, John Joos est candidat aux communales. L’aboutissement de dix années de présence sur la scène médiatique et citoyenne locale : « Je suis un idéaliste lucide. Mes idéaux, j’essaye d’en faire des objectifs réalisables. Tenter l’aventure incroyable de refaire le monde à zéro, en tout cas de poser une première pierre à travers le débat sur des valeurs, je suis partant. »

Le 14 octobre, à 36 ans, ce Montois de naissance conduira une liste « Citoyen », forte d’une vingtaine de candidats : « Des gens souvent très investis dans la vie civile, qui veulent participer au débat et refusent d’accepter l’échec comme une chose acquise. »

Le visage de John Joos n’est pas inconnu des Montois. C’est lui qui mène le combat des victimes de l’incendie de la tour des Mésanges, qui fit sept morts en 2003. Le procès de ce drame est pour bientôt. « Les Mésanges ont bouleversé ma vie, dit-il. Tout d’abord, j’y suis né. Puis, j’ai perdu un ami dans l’incendie. »

Pour beaucoup, John Joos est d’abord ce chevalier blanc, un brin frondeur, un brin grande gueule, qui ne désarme pas face aux responsables de la société de logement social Toit et Moi, propriétaire des Mésanges.

Mais l’engagement citoyen de ce grand sportif est antérieur au drame : « Rien ne me semble plus important que l’échange des idées, explique-t-il. En 2001, j’ai donc créé à Mons un “parlement local” sous forme d’ASBL, un exercice de démocratie participative où des jeunes de tous les milieux venaient discuter, souvent en présence de politiques ou d’institutions importantes. »

Accéder à la parole

Le débat politique actuel est selon lui cadenassé par les professionnels : « Pour renforcer la démocratie, lui permettre d’atteindre un degré supérieur, il faut permettre aux gens d’accéder à la parole. » L’incendie des Mésanges est en quelque sorte l’illustration ultime de cette ambition : donner une voix aux victimes désemparées. John Joos en est le haut-parleur, et ce n’est pas fini.

Mais les communales font forcément entrer ce militant dans une autre dimension : « Je vis à Mons et je sais la place qu’y occupe le PS. Toutes les idéologies sont utiles au débat, à un moment ou un autre. Mais quand une ville est dominée durant cinquante ans par la même idéologie, c’est un problème : l’opposition et le conflit par la parole sont nécessaires si l’on veut évoluer. »

D’une manière ou d’une autre, durant toutes ces années, John Joos a flirté avec la politique. Il a décidé de rester son propre maître : « Mais je n’ai pas voulu me présenter seul. J’ai lancé un appel sur internet, via Facebook. Voilà, nous sommes vingt… Mon rêve serait que des listes “Citoyen” existent partout, d’office. Les gens pourraient y participer de droit, sans carte. Un espace pour ceux qui veulent débattre. »

En attendant, l’objectif est d’obtenir un siège, dimanche à Mons. Pour exister.

ERIC DEFFET
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