Ixelles : le MR et le PS contestent avoir passé un accord préélectoral

De nombreux échanges fleuris ont rythmé le débat entre les trois candidats au poste de bourgmestre, à Ixelles. © Bruno D’ALIMONTE.

Débat nourri, ce jeudi, entre les leaders MR, PS et Ecolo, tous trois candidates au mayorat ixellois. Près d’une heure durant, Dominique Dufourny, Willy Decourty et Yaron Pesztat ont ainsi abordé les dossiers qui fâchent mais aussi leurs stratégies politiques en vue du scrutin de dimanche.

1 Accord préélectoral ? On le sait, le socialiste Willy Decourty aimerait garder son fauteuil mayoral et se verrait bien rempiler avec son partenaire libéral, première force politique locale devant les verts. Alors pré-accord de majorité signé ? « Nous n’avons rien signé », affirme Dominique Dufourny (MR) qui dit revendiquer le mayorat : « Si nous sommes le premier parti avec le meilleur score (NDLR : personnel) ». Ce qui n’est pas gagné puisqu’en 2006, elle avait obtenu 2.661 voix et le socialiste, 2.774. « On verra bien le 14 au soir quelles seront les forces en présence, botte en touche Willy Decourty. J’ai effectivement toujours dit que je souhaiterais continuer le travail. » Quitte à se contenter d’un demi-mandat ? « Oh ! tout ça se discutera peut-être, mais pas ici, hein », répond-il, dans son style (faussement ?) bonhomme. Car, rappelons-le, l’actuel mayeur n’a jamais écarté la possibilité d’aller voir ailleurs, « si le MR devait se montrer trop gourmand et que des alternatives intéressantes se présentent ».

Un appel du pied aux écolos en vue de reformer un Olivier ? Yaron Pesztat reste de marbre et l’assure : lui et sa formation partent les mains libres aux élections. « Quand on dit, comme le MR et le PS, qu’on aimerait bien continuer, moi je dis que ça s’appelle un accord. De notre côté, nous n’en avons aucun et nous allons aux élections avec l’intention de devenir la force motrice d’une prochaine majorité », dit-il, glissant au passage « que voter MR, c’est voter PS et vice-versa ». Et donc, objectif mayorat si les verts devaient devenir la première force du cru. « C’est une évidence », dit Pesztat. « Pas tout à fait », pique Dufourny rappelant qu’en 2000, les verts, en tête, avaient eux aussi cédé le mayorat au PS.

2 L’îlot communal. De piques, il en fut aussi et surtout question à l’analyse des dossiers brûlants à Ixelles. Parmi lesquels le sort de l’îlot communal figure en bonne place. La majorité veut déconstruire et reconstruite l’ensemble pour 13 millions. Ecolo plaide pour la rénovation. Dont coût, 5 millions. « Avec ça, c’est de la peinture et quelques pinceaux », attaque Willy Decourty. « Votre projet est pharaonique », rétorque l’écologiste qui souligne qu’en ces temps de crise, les ressources doivent être consacrées à des projets prioritaires comme la création de crèches ou encore de logements. « Ce dossier a été voté à l’unanimité durant trois législatures, souligne la cheffe de file libérale. Et nous avons les moyens de le mener à bien. Ce dossier a avant tout été un outil de propagande électorale ».

3 Les finances. A Ixelles, le taux d’imposition (IPP) est de 7,5 %, le plus haut en Région avec celui d’Etterbeek. Et là, surprise, les trois invités s’accordent en estimant qu’il ne peut actuellement être revu à la baisse. Mais, pour le reste, les analyses concernant la santé/maladie financière de la commune divergent. A tel point que lorsqu’il s’énerve notamment en parlant de logement social « domaine dans lequel vous êtes lanterne rouge », Yaron Pesztat en viendra à interpeller « Monsieur Dufourny » et « Madame Decourty », un Decourty qui lui renverra la politesse quelques instants plus tard avec un cinglant « Monsieur De Clippele ». « Celui-là, vous l’avez fait exprès », sourit Pesztat.

4 La propreté. « Pourquoi est-ce qu’Ixelles est aussi sale et que tout d’un coup on voit réapparaître des équipes de nettoyage ? », se demande cet internaute. « Les équipes tournant sept jours sur sept, cela ne date pas de la semaine dernière », dit Dufourny qui reconnaît toutefois qu’il reste du travail en pointant notamment les liens de partenariats avec la Région. Sujet sur lequel rebondit aussitôt le leader des verts, exemple à l’appui, en soulignant que la commune venait seulement de commander des bulles à verre à enfouir en sous-sol. « Nous l’avons demandé il y a longtemps à la Région et si le dossier n’a pas été débloqué c’est faute de pouvoir dégager le crédit mais la première bulle a été placée place Blyckaerts ». Et Pesztat de répondre : « Avec vous, c’est toujours la faute de la Région. En tout cas, c’est extraordinaire, le nombre de choses que vous faites à la veille des élections. »

Patrice Leprince, Véronique Lamquin
Cette entrée a été publiée dans Ixelles, Région de Bruxelles-Capitale, toutes les communes, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>