Obama-Romney : tous les coups sont permis (2/2)

La tension monte dans le duel de l'année

Face au déferlement d’hostilités issues du camp républicain, l’équipe de réélection du président démocrate contre-attaque et rend désormais coup pour coup.  A  travers une série de spots négatifs, l’image de Mitt Romney est revisitée au scalpel!


Tous les moyens sont bons pour le camp démocrate pour tuer dans l’œuf le message de renouveau économique promis par le champion républicain. Critiquer son bilan d’ancien gouverneur du Massachusetts, noircir son parcours de chef d’entreprise à la tête de la société d’investissement Bain Capital, souligner son quotidien de millionnaire et de candidat des “super-riches”, l’associer à Georges W. Bush,… Un seul objectif: empêcher Romney de séduire les électeurs indécis, qui décideront finalement de l’élection le 6 novembre prochain.


Bonnet d’âne comme gouverneur

Première stratégie utilisée côté démocrate: s’en prendre directement au bilan de Mitt Romney, à l’époque où il était gouverneur du Massachusetts. Sous sa direction, de 2003 à 2007, “l’état de la baie” a terminé en 47e position (sur 50) dans le classement national de création d’emplois. Un résultat particulièrement négatif pour un candidat qui promet de redonner du travail aux 23 millions d’Américains au chômage. Le message de ce spot: Romney a offert des cadeaux fiscaux à ses amis millionnaires tandis que la classe moyenne croulait sous des augmentations de taxes. Et au final, il n’a fait que creuser la dette du Massachusetts, présentant l’un des pires bilans économiques du pays. A la fin du clip, un slogan résume la stratégie anti-Romney “Ça n’a pas fonctionné à l’époque, cela n’ira pas mieux aujourd’hui ». (It didn’t work then, it won’t work now)

Mauvais bilan pour le gouverneur Romney

Romney et Bush : même combat

Le camp démocrate n’hésite pas non plus à comparer le prédécesseur d’Obama à l’actuel candidat républicain. Trois ans et demi après son départ, Georges W. Bush reste toujours aussi impopulaire dans l’opinion américaine même si sa réputation s’améliore doucement. Ainsi selon un récent sondage mené par Gallup, 68% des citoyens considèrent toujours aujourd’hui l’ancien président personnellement responsable de la mauvaise conjecture économique. Contre “seulement” 52% pour Barack Obama.

La dynastie Bush au grand complet (deux ex-présidents et un ancien gouverneur) ayant apporté son soutien à Mitt Romney, les démocrates tentent de les associer pour dissuader les électeurs indécis.  “Si vous voulez donner une chance à la politique de la dernière décennie, vous devriez voter pour M. Romney“, a notamment déclaré Barack Obama dans un discours de campagne.

Georges W. Bush - un soutien à double tranchant pour Romney

Lutte des classes

Une autre ficelle utilisée par les stratèges démocrates est de définir Romney comme l’ennemi de la classe moyenne, transformant ainsi l’élection en une véritable lutte des classes. Obama étant censé prendre le parti des plus faibles tandis que son adversaire ne s’occupera que des citoyens les plus riches.

Si aux États-Unis, il est toujours bien vu de réussir professionnellement, un candidat d’envergure nationale doit quand même éviter de faire trop étalage de son train de vie de millionnaire. Surtout en période de marasme économique! Et à ce niveau-là, Romney a déjà accumulé pas mal de bourdes durant les primaires républicaines.

Des réflexions comme : “J’aime virer les gens“, “Moi aussi je suis au chômage“, “Je ne me préoccupe pas des pauvres“, “Ma femme a quelques Cadillac“, ou encore son désastreux pari à 10.000$ lancé à Rick Perry en plein débat télévisé… Sans compter sa déclaration d’impôts qui a révélé des comptes bancaires dans différents paradis fiscaux: en Suisse, aux Bermudes ainsi qu’aux îles Caïmans.

Montage parodique anti-Romney

(lire l’article consacré au sujet : Mitt Romney Vs Eminem : la meilleure parodie des primaires)

Champion des délocalisations

L’équipe démocrate concentre à présent ses efforts à saper la réputation de Romney-chef d’entreprise, sa carte maitresse pour l’élection. A travers différents spots, le message envoyé aux électeurs est que Romney a gagné sa fortune au détriment des travailleurs américains.

Un article polémique du Washington Post a notamment révélé que sa société Bain Capital avait gagné de coquettes sommes en investissant dans des sociétés spécialisées dans les délocalisations. Leur gagne-pain : démanteler des entreprises basées aux États-Unis vers des destinations où la main d’œuvre est meilleur marché, telles que l’Inde ou la Chine…

S’engouffrant dans brèche, Obama a directement attaqué Romney dans un discours de campagne, en le traitant de “pionnier des délocalisations”. Avant de conclure : “Nous avons besoin d’un président qui se batte pour les emplois américains et pour l’industrie américaine. C’est à cela que sert mon programme et c’est la raison pour laquelle je suis candidat à un second mandat“.

Romney: un créateur d'emplois?

A mesure que se rapproche le scrutin, le ton monte et les deux camps  rivalisent dans une  surenchère agressive. Avec en bonus leurs Super-PAC respectifs, qui se chargent des attaques les plus cinglantes.  La récente validation par la Cour suprême de la réforme de la santé d’Obama risque d’encore plus cristalliser les passions. Une chose est sûre, l’été s’annonce boueux.

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