Depuis plusieurs semaines, Mitt Romney encaisse les coups. Des attaques qui salissent sa carrière de chef d’entreprise et d’ancien gouverneur mais également sa vie privée, l’homme étant décrit comme un millionnaire glacial coupé des réalités. Bien décidé à redorer son blason, le challenger républicain enchaîne à présent les opérations séduction. Le message: Mitt est quelqu’un de bien. La preuve: il a même sauvé des vies!
Si l’élection du 6 novembre se jouait uniquement sur la popularité, avec une question du genre “avec qui préféreriez-vous boire un verre?” Obama gagnerait haut la main, Romney pointant loin derrière au classement de la “cool attitude”. Le président démocrate présente toujours, devant les caméras du moins, une certaine chaleur et un sens de l’humour qui fait clairement défaut au candidat républicain, réputé plus froid et parfois même caricaturé comme un robot qui n’exprime aucune empathie.
Consciente de ce déficit d’image, l’équipe de l’ancien gouverneur du Massachusetts tente à présent d’humaniser sa candidature et développe différentes stratégies de séduction de l’électorat. Mitt, c’est avant tout un père de famille, une valeur fondamentale pour tout prétendant à la Maison Blanche. Le patriarche du clan Romney est aujourd’hui à la tête d’une tribu composée d’une trentaine de personnes, avec leurs cinq fils, leurs épouses respectives et 18 petits enfants! On pourrait presque la confondre avec la “famille parfaite” de la pieuse série américaine “Sept à la maison”…
Une famille en or
Chaque année, le clan au grand complet se rassemble pour quelques jours dans leur magnifique propriété de Wolfeboro, au bord du lac Winnepesaukee dans le New Hampshire. Une semaine où tous participent aux “Romney Olympics”, une série de joutes nautiques très compétitives, avec évidement du jet-ski au menu, le sport favori du champion républicain. “Papa Romney” est tellement apprécié de ses fils qu’ils ont déclaré à l’unisson lors d’une interview, avoir été opposés à sa candidature à la présidence des États-Unis, afin de le garder pour eux. Mais il ont finalement cédé…pour le bien du pays!
Ann et Mitt: une équipe de choc
Le meilleur atout du candidat républicain est sans conteste son épouse de longue date: Ann Romney. Énergique, télégénique, cette aspirante first-lady a tout de l’épouse parfaite avec un caractère bien trempé. Déjà il y a quelques mois, elle faisait le tour des plateaux-TV en réaction à la déclaration d’Hillary Rosen, une lobbyiste étiquetée démocrate, qui critiquait le fait qu’Ann Romney “n’avait jamais travaillé un jour dans sa vie“. Sans attendre, l’alter-ego de Romney dénonçait à qui voulait l’entendre cette attaque personnelle, “qui portait atteinte à toutes les femmes mères au foyer d’Amérique“…
(Lire l’article sur ce sujet: Obama et Romney à la conquête des femmes)
“Obama veut tuer Romney”
Plus récemment, la “douce” moitié de Mitt Romney a montré les dents lors d’une interview en dénonçant la campagne négative orchestrée par l’équipe de réélection d’Obama. Dans une sortie choc assez inattendue, elle a déclaré qu’Obama voulait tuer (médiatiquement) son mari! Une réplique inspirée par un mémo, qui circulait dans le camp démocrate fin 2011 avant d’être dévoilé à la presse. Dans ce document, qui détaillait la stratégie globale pour l’élection, une tête pensante démocrate précisait : “A moins que les choses changent et qu’Obama puisse défendre un bilan positif, il n’aura d’autre choix que de tuer Romney…“. Avec cette intervention musclée, Ann Romney affirme son soutien indéfectible à son mari et s’impose du même coup définitivement dans la campagne.
Mitt Romney est vraiment quelqu’un de bien. Et pour convaincre les incrédules, son équipe de campagne ressort des vieux cartons une histoire poignante, qui remonte à l’époque où il dirigeait la société d’investissement Bain Capital. Dans cette vidéo utilisée lors des primaires républicaines de 2008, Robert Grey, un ancien collègue de Mitt s’exprime face à la caméra et relate son angoisse après la disparition de sa fille à New York. “Ma fille de 14 ans a disparu dans la ville et restait introuvable pendant trois jours jusqu’au moment où Mitt Romney a pris les choses en main. Il a fermé la compagnie et a déployé tous les employés (une cinquantaine) dans les rues de Big Apple à sa recherche“.
Mitt Romney aurait alors déclaré “Je m’en fiche de combien de temps ça prendra, on finira par la retrouver“. Finalement, la jeune ado qui avait consommé trop d’ecstasy lors d’une rave sera retrouvée, quelqu’un contactant la police suite à la campagne d’affichage dans la ville. Les larmes aux yeux et des sanglots plein la voix, Robert Grey conclut que l’homme qui a aidé à sauver sa fille s’appelle Mitt Romney…
Romney le super-héros
Pas encore convaincu que Romney a la carrure d’un super-héros? D’autres exploits de l’ancien gouverneur du Massachusetts devraient finir par vous persuader. En juin 2003, alors que toute le clan est en villégiature dans la propriété familiale de Wolfeboro, un drame survient à la nuit tombée au beau milieu du lac Winnepesaukee. En moins de deux minutes, une voie d’eau coule un bateau de plaisance et les six occupants se retrouvent dans le lac sans avoir eu le temps de passer un appel de détresse ni d’enfiler correctement leurs gilets de sauvetage.
Heureusement, dans leur malchance, ils sombrent non loin de la demeure des Romney qui sont alertés par les cris. Mitt et deux de ses fils, en bons samaritains, enfourchent leurs jet-skis respectifs et arrivent à la rescousse des naufragés. Quelques aller-retour et voilà six personnes sauvées par le clan Romney! Et en bonus, l’ancien gouverneur a même ramené le chien de la famille. Une anecdote qui tombe à point pour désamorcer les critiques dont il est l’objet, pour avoir laissé son chien pendant douze heures sur le toit de sa voiture…
( voir l’article consacré au sujet: Obama-Romney la guerre des chiens fait rage )
Bruce Wayne ou Batman?
Mitt Romney a sauvé des vies, il n’en fallait pas beaucoup plus à son équipe pour le présenter comme un super-héros. Mais son palmarès fait pâle figure à côté de celui de John McCain, véritable héros de la guerre du Vietnam. Mais bon tout le monde n’a pas eu la “chance” d’être fait prisonnier puis torturé par les vietcongs avant de refuser une libération anticipée par solidarité avec ses frères d’armes! Et de toute façon, comparé à Obama, c’est toujours une belle prestation. Le président démocrate n’a jamais sauvé la moindre vie et c’est même plutôt le contraire depuis son arrivée à la Maison Blanche.
Et à y réfléchir, Romney ressemble beaucoup à Batman. Ou plutôt à son alter-égo Bruce Wayne “un milliardaire irresponsable vivant aux crochets de la fortune familiale et des Wayne Enterprises” (dixit wikipedia). Reste à savoir si Romney gagnera lui aussi des super-pouvoirs le 6 novembre prochain…







