J-90: victoire assurée pour Obama?

Joe Biden & Barack Obama: le duo gagnant de 2008

Malgré un bilan en demi-teinte et une économie pour le moins moribonde, Barack Obama conserve toujours l’avantage sur son adversaire républicain. Les derniers sondages sont unanimes: Mitt Romney est toujours à la traîne dans plusieurs états-clés de l’élection. A trois mois du scrutin présidentiel, décryptage de la course à la Maison Blanche…


Les dernières prévisions ne laissent pas planer le doute. Si l’élection se déroulait aujourd’hui, Barack Obama obtiendrait sans problème un deuxième mandat à la tête du pays. Il ne remporterait assurément  pas une victoire raz-de-marée comme en 2008 (avec 28 états sur 50 et une avance confortable de 7%) mais il assurerait quand même l’essentiel dans les urnes.  Pourtant, le camp démocrate aurait tort de déjà crier victoire car Mitt Romney a encore largement le temps de renverser la vapeur.

D’ici au 6 novembre, l’ancien gouverneur du Massachusetts va avoir plusieurs occasions de marquer des points sur la scène politique. Dans les prochains jours tout d’abord, il a un beau coup à jouer avec la révélation de l’identité de son “colistier mystère”, avec qui il partagera le ticket républicain. Si Romney opte pour un candidat à la vice-présidence populaire, cela pourrait lui permettre de relancer sa campagne et de récolter des voix dans l’un ou l’autre état décisif.

Romney en campagne sous le slogan "Obama ne fonctionne pas"

Cap sur la Floride

La convention nationale du parti républicain organisée fin août à Tampa Bay en Floride, sera aussi une belle occasion de briller. Mitt Romney y aura pour mission de fédérer l’ensemble des militants du parti derrière sa candidature, tout en tentant de rallier à sa cause les nombreux électeurs indépendants déçus par le premier mandat d’Obama. Bref, cet évènement ultra-médiatisé sera la tribune idéale pour diffuser au niveau national son message de relance économique.

En octobre, les trois débats télévisés qui opposeront les deux prétendants à la Maison Blanche, revêtiront une importance capitale. Car pour une fois, le président démocrate ne pourra plus éviter le débat de fond sur l’économie. Un sujet qu’0bama s’efforce d’esquiver depuis des mois  à coups de diversions médiatiques.

Et enfin, la course au financement de campagne, dans laquelle Romney a pris l’avantage depuis trois mois, pourrait également changer la donne. Sans compter l’arrivée toujours possible d’un évènement majeur (catastrophe naturelle, marée noire, regain de tension avec l’Iran, scandale financier,…), dont la mauvaise gestion par l’administration Obama pourrait encore redistribuer les cartes de l’élection.

Obama en route vers sa réélection (caricature du Washington Post)

L’arme secrète de Romney

Depuis la fin des primaires, les pronostics vont bon train autour de l’identité du futur colistier de Romney et les noms d’une vingtaine de prétendants potentiels circulent dans les médias américains. (Voir l’article: Romney à la recherche du partenaire idéal) Parmi les favoris: Marco Rubio, le sénateur de Floride d’origine cubaine, qui permettrait de récolter des voix parmi les jeunes électeurs et au sein de la communauté latino. Deux segments électoraux dans lequel le camp républicain est à la traîne.

Ou Rob Portman, sénateur de l’Ohio, dont l’expérience en matière de budget renforcerait encore le message de campagne de Romney consacré à la relance économique. Le nom de Tim Pawlenty est également souvent cité. L’ancien gouverneur du Minnesota pourrait s’avérer utile pour séduire la classe moyenne et pour rassurer les électeurs évangélistes. Difficile de prédire quel sera le choix final de Romney mais à en croire son équipe de campagne, l’annonce de l’identité de son colistier serait imminente…

Le grand mystère du moment: l'identité du colistier de Romney

Une quinzaine d’états disputés

L’élection présidentielle a beau se dérouler dans le pays tout entier, la bataille entre Obama et Romney se jouera essentiellement dans une quinzaine d’états décisifs. Des “swing states” dont l’électorat est volatile et change de camp en fonction des élections. Un dessin valant mieux qu’un long discours, cette carte interactive concoctée par le Washington Post permet d’y voir un peu plus clair.

En bleu foncé, les états à forte tendance démocrate, dans lesquels Obama devrait gagner sans problème. Une quinzaine d’états concentrés sur les côtes très peuplées de l’Ouest et du Nord-Est des États-Unis, ainsi que les états d’Hawaï et d’Illinois où  “l’enfant du pays” part clairement favori.

En rouge foncé, les états historiquement favorables aux républicains et qui soutiendront vraisemblablement Romney. Une vingtaine d’états plus conservateurs, situés dans le sud et le centre du pays. Si l’on considère que ces états sont en principe acquis aux démocrates et aux républicains, il ne reste déjà plus que 14 états disputés sur les cinquante que compte le pays !

Carte de la bataille électorale de novembre http://www.washingtonpost.com/wp-srv/special/politics/election-map-2012/president/

“Swing states”: des électeurs très courtisés

Les trois états bleus clairs (Nouveau-Mexique, Michigan et Pennsylvanie) et rosés (Arizona, Missouri et Caroline du Nord) sont respectivement pro-démocrates et pro-républicains mais un changement d’orientation est toujours possible d’ici à novembre.

Enfin, les huit états en jaune sont catégorisés comme indécis et leurs électeurs feront vraisemblablement pencher la balance lors du scrutin: le Nevada, le Colorado, l’Iowa, le Wisconsin, l’Ohio, le New Hampshire, la Virginie et la Floride, véritable poids lourd de l’élection. Du coup, les électeurs de ces états décisifs sont particulièrement courtisés. Les deux candidats y enchainent les apparitions et les équipes de campagne des deux camps y concentrent leurs efforts électoraux, via des diffusions massives de spots publicitaires.

Selon un sondage d’envergure publié début août par l’université de Quinnipiac,  Obama domine Romney dans la plupart des états décisifs. Il possèderait 6% d’avance en Ohio ainsi qu’en Floride, deux états particulièrement stratégiques. Mais le camp républicain n’a pas dit son dernier mot et prépare une offensive massive avec des spots ciblés pour chaque état. A l’image de ce spot qui décortique le bilan économique d’Obama et les ravages causés par la crise dans le “sunshine state”. Un message sans équivoque conclut le clip: “Obama, quelle déception”.

Obama: après l'espoir, le désenchantement (vidéo)

 Obama : le champion des minorités

Autre élément clef, la popularité des candidats auprès des différents segments électoraux. Vu la diversité démographique des États-Unis, l’électorat est découpé en différentes communautés, en fonction de critères religieux, raciaux, sexuels ou financiers.

Sans surprise, Barack Obama est largement favori auprès des électeurs afro-américains, qui votent toujours majoritairement pour le parti démocrate. Le premier président métis des États-Unis profite également de ses origines et rafle près de 90% des intentions de vote auprès de cette communauté!

Auprès des électeurs latinos, minorité la plus courtisée du pays, c’est également Obama qui domine les intentions de vote. Selon un sondage mené NBC et le Wall Street Journal, ils seraient 67% à lui faire encore confiance aujourd’hui. Un atout de taille pour remporter un état crucial comme la Floride. Malgré un taux d’expulsion record sous sa présidence, les membres de cette communauté semblent accueillir positivement la récente  proposition d’Obama de légaliser le statut de milliers d’enfants d’immigrés illégaux, nés aux États-Unis. Plus de 800.000 jeunes hispaniques pourraient être naturalisés par cette mesure qui survient comme par enchantement à quelques mois de l’élection.

Spot pro-démocrate en espagnol

Les femmes préfèrent Obama

En règle générale, l’électorat féminin tend en faveur du camp démocrate, ce parti étant traditionnellement moins conservateur, sur les questions d’avortement notamment.  (Voir l’article : Obama et Romney à la conquête des femmes) Selon les dernières estimations, le président candidat domine largement son rival républicain auprès des femmes. En Ohio par exemple, cet écart dépasse même les 20%! (58 contre 37%) Un atout qui aura clairement de l’importance lors du scrutin de novembre.

Sans surprise, le président démocrate a également plus du succès que son rival républicain auprès de l’électorat gay. D’autant plus depuis son récent “coming-out électoral” où il a changé de position en se déclarant à titre personnel en faveur du mariage entre personnes du même sexe. (Voir l’article : Obama et le mariage gay : un coming-out très calculé)

Campagne de clochers

Les différentes communautés religieuses sont également courtisées par les candidats, vu la frontière souvent ténue entre religion et politique. Mitt Romney, d’obédience mormone devrait récolter massivement les votes de ses coreligionnaires. Un atout dans des états comme l’Utah, le bastion historique des mormons mais également au Nevada et au Colorado, deux états plus disputés. Les évangélistes soutiennent aussi majoritairement  le candidat républicain, qui défend une ligne plus conservatrice que le président démocrate.

En ce moment, les deux rivaux rivalisent surtout dans leurs tentatives de séduction de la communauté juive. Avec plus de 600.000 adeptes rien qu’en Floride, ce groupe électoral détient peut-être aussi la clef de l’élection dans cet état décisif.

Romney en pleine opération séduction

Romney s’est ainsi rendu récement en Israël, afin de récolter du soutien politique et financier. Il n’a pas hésité à afficher son amitié de longue date avec l’actuel premier ministre Benjamin Netanyahu mais s’est surtout fait remarquer pour ses propos pour le moins polémiques à l’encontre des Palestiniens.

Mais malgré l’offensive de charme du candidat républicain, l’électorat juif reste toujours plus favorable aux démocrates. Selon un sondage du Pew Institute, près de 70% des juifs soutiennent toujours Obama, malgré ses relations parfois conflictuelles avec l’état hébreu.

Enfin, selon le Pew Research Center, Obama rafle massivement les suffrages des électeurs qui se déclarent  athées, avec un score impressionnant de 68 contre 27%! De quoi garder la foi quant à l’issue du scrutin du 6 novembre.

Le décompte est lancé - http://obamaisntworking.com

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Une réponse à J-90: victoire assurée pour Obama?

  1. Ethylomètre dit :

    Je ne suis pas certain que l’on puisse donner le LA si rapidement, surtout que la guerre se passe au niveau des grands électeurs…

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