« La majorité des Initiatives Locales d’Accueil (ILA) sont des appartements individuels loué par le CPAS ou dont le CPAS est propriétaire », m’explique Raynald Moneaux. Nous sommes à l’ILA de Philippeville, l’une des premières à avoir été créée en Wallonie, au début des années 2000. C’est un appartement comme vous et moi pourrions en occuper.
L’une des ILA de Philippeville est communautaire. Elle accueille 28 personnes, avec cuisine et sanitaires communs. « Ce mini-centre est fait pour des primo-arrivants, me dit Monsieur Moneaux. Dès que la personne arrive à l’Office des Étrangers, elle est désignée chez nous s’il y a de la place. Les ILA individuelles sont en seconde ligne, il faut avoir fait minimum quatre mois dans un centre ou dans une ILA communautaire avant d’être dirigé vers ce type de logement. »
MENA
L’ILA de Philippeville a cela de particulier qu’elle peut aussi accueillir ceux qu’on désigne par le sigle MENA, pour Mineur Étranger Non Accompagné.
L’Initiative Locale d’Accueil (ILA) de Philippeville est l’une des premières a avoir été créée au début des années 2000. Ils sont quatre dans l’ILA communautaire. « La majorité de ceux qu’on accueille ici ce sont des familles avec enfants, me dit Raynald Moneaux, mais on a une ILA spécifique au sein du communautaire pour les mineurs non-accompagnés en semi-autonomie. »
« On travaille beaucoup avec Florennes (où d’anciennes casernes ont été aménagées en centre d’accueil Fedasil, ndlr). Le mineur arrive à Florennes, et puis quand il a 16 ans et demi on le prépare, s’il a ses papiers, à pouvoir vivre en autonomie avec une aide financière. Il quitte donc Florennes et vient chez nous en communautaire mais il doit gérer son argent, une petite somme par semaine avec laquelle il doit se nourrir, cuisiner, laver son linge. On le suit encore pour la scolarité mais il est plus autonome qu’en centre. On le prépare pour le jour où il a ses documents, quand il a 18 ans et qu’il quitte le système. »

L’ILA communautaire de Philippeville accueille 28 personnes
« J’ai eu un gamin qui venait d’Afghanistan mais avant d’arriver ici il avait essayé de gagner un peu d’argent en Iran, et puis il est passé par la Russie. Quand il était ici il avait 16 ans, il est parti à 13 ans de chez lui. Il a trouvé du boulot maintenant, il travaille à Ostende, il s’en est sorti. Il a eu son permis de séjour et puis voilà. Il est bilingue, il vient encore parfois me dire bonjour. C’est rare quand ça se finit comme ça. »
Je lui demande combien de temps les gens peuvent rester dans une ILA. « Parfois ça peut aller très vite, me répond Monsieur Moneaux, deux jours, mais c’est très rare. En général ça dure plus longtemps. »
(Écouter le son)
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« …J’ai des personnes qui sont restées deux ans, et je viens de les expulser il y a trois jours… »
Ce que vaut un euro
Monsieur Moneaux continue : « Moi, malgré le fait que je travaille avec eux, je dis qu’il faut être plus dur, parce que ça nuit au bon accueil des personnes qui viennent ici avec des raisons justifiées. Mais c’est un sujet très sensible et c’est difficile à faire comprendre. »
« Quand on fait le calcul, le demandeur d’asile en ILA a la vie plus facile que la personne qui dépend du CPAS. Les demandeurs d’asile ne vivent pas du tout comme des rois, loin de là, mais il y a un sentiment d’injustice. Et toutes les rumeurs qui circulent n’arrangent rien. Le système est comme ça, ce n’est pas la faute du demandeur d’asile. Et puis il y a des familles qui arrivent avec de l’argent, c’est clair. La plupart des gens qui ont pu quitter leur pays, c’est pas ceux qui étaient les plus pauvres, quand vous voyez ce que ça coûte de venir jusqu’ici. Il y en a qui vendent tout ce qu’ils ont pour venir ici. Et on leur dit ensuite que c’est fini, qu’ils doivent retourner là-bas. Qu’est-ce que vous faites alors ? »
« En centre c’est différent. Le système des centres n’est pas bon quand ils reçoivent leurs papiers à la fin. Parce qu’ils ne se rendent pas compte. Chez nous ils doivent déjà gérer leur alimentation, ils vont faire leurs courses, ils vont acheter leurs vêtements. Ils se rendent compte de ce que vaut un euro. Mais quand ils se retrouvent seuls à devoir gérer, avec peu de connaissance de français, l’eau, l’électricité, le loyer, etc. Ils sont dépassés. La plupart des ILA fonctionnent comme nous : avec un secours hebdomadaire. On essaye de les autonomiser. »
Visite de l’ILA communautaire de Philippeville
Attention : les extraits présentés sont à remettre dans le contexte d’une conversation plus longue et n’ont pour but que de lancer la réflexion. Nous reviendrons, à la fin du reportage, sur ce qui a été dit, en intégrant autant que possible les discussions lancées sur ce blog.


Journaliste indépendant, écrivain et poète, j'ai collaboré avec maelstrÖm reEvolution à l’organisation de plusieurs événements culturels internationaux. Mes pas m’ont conduit d’Europe en Afrique, du Liban en Inde. Correspondant aux États-Unis pour les élections de mi-mandat 2010. Envoyé spécial en Égypte pour la révolution 2011. Aujourd’hui, c’est à Bruxelles que je réside.
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Bonjour,
Je suis tombée sur votre site et j’ai souhaité également laisser mon commentaire. Moi aussi je fais partie de nombreux demandeurs d’asile qui sont passés par l’I.L.A. Grâce au système d’encadrement et d’accompagnement les nouveaux arrivants tout à fait perdus se sentent rassurés et soutenus.
Mon mari et moi nous connaissons très bien le français car nous étions interprètes dans notre pays. Pour cela nous n’avons eu aucune difficultés en communication. Imaginez-vous l’état des gens qui ne comprennent pas ce qu’on leur dit et qu’ils ne peuvent pas expliquer ce dont ils ont besoin…
La vie dans l’I.L.A. est tout à fait différente de celle des centres de FEDASIL, vu déjà le nombre des résidents… Notre I.L.A est destinée pour 36 personnes, uniquement pour les familles, tandis que le centres de FEDASIL comptent plus que 100 personnes, isolées, en couple avec des enfants, sans parler des mineurs non accompagnés…
Je veux profiter de cette occasion pour remercier les travailleurs de l’I.L.A. de Mettet pour leur dévouement et gentillesse parfois même excessive. Ils nous ont apporté beaucoup de soutien moral et ont partagé nos moments difficiles avec nous.
Nous y sommes restés presque 5 ans.
En quittant l’I.L.A. nos travailleurs nous ont soutenus jusqu’au bout commençant par les appels téléphoniques, le chipotage administratif, terminant par le déménagement. J’ajoute aussi leurs conseils après notre départ.
A présent nous avons déjà notre titre de séjour et tous les droits pour vivre et profiter pleinement. Nous sommes à la recherche du travail dans le domaine social, préférable avec les demandeurs d’asile où nous pourrions apporter notre savoir-faire et notre optimisme. Nous avons postulé un peu partout. Malgré le nombre de refus et nous continuons à le faire tant que nous ne serons pas engagés.
La dernière ligne finale pour nous c’est d’avoir du travail. Nous y tenons beaucoup!!!
Je m’adresse à ceux qui liront mon commentaire et qui pourrons nous donner les pistes où nous pourrions postuler… ( notre e-mail: pezede@live.fr )
Merci encore une fois à tous les collaborateurs fidels qui nous aident à franchir ces difficultés et nous pousser à avancer.
Bien à vous
Les Sahakyan