« La population d’Herbeumont hostile à l’arrivée des demandeurs d’asile » (L’Avenir, 31 décembre 2010), « Peur et colère à Herbeumont » (Le Soir, La Libre, RTBF.be, 10 janvier 2011), « Herbeumont ne veut pas de demandeurs d’asile » (Le Soir, 10 janvier 2011), « Le village retient son souffle » (La Libre, 12 janvier 2011).
La Croix Rouge occupe le site d’Eurovillage, un centre de tourisme social à Herbeumont, pour accueillir, à terme, environ 400 demandeurs d’asile. Je rencontre Emmanuel Sindayihebura, qui dirige provisoirement le centre, en attendant de mettre en place une nouvelle équipe.
Ouvert depuis le 31 janvier 2011 en réponse à l’engorgement des structures d’accueil et à la crise de l’accueil des demandeurs d’asile à la fin de l’année 2010, le centre d’Herbeumont ne semblait pas faire l’unanimité dans la population locale, comme le titrait explicitement la presse.
« La première réunion avec la population locale pour l’ouverture du centre s’est mal passée, m’explique Monsieur Sindayihebura. C’était le rejet total. Quand on a fait la réunion d’information le 30 décembre, c’était assez chaud. Parce que la population, c’est une hypothèse, estimait que 400 personnes, dans un centre comme celui-ci, c’était trop, parce que le village compte environ 570 personnes. C’était les arguments qui ressortaient souvent. L’autre argument c’était que la venue des demandeurs d’asile allait tuer le tourisme. »

Centre pour demandeurs d’asile d’Herbeumont
La minorité bruyante
Pour Monsieur Sindayihebura, « il y a une minorité visible, bruyante, et c’est elle qu’on a beaucoup entendue. Mais je pense qu’il y a aussi une majorité silencieuse qui n’a pas parlé ce jour-là et qui commence maintenant à s’exprimer. On voit qu’il y a des actions de solidarité qui s’organisent. On a des témoignages anonymes de sympathie tous les jours, des gens qui se présentent à la réception avec des sacs de vêtements, des chaussures, des jouets pour les enfants. »
Les demandeurs d’asile logés ici viennent des hôtels où ils vivaient depuis quelques mois déjà pour certains. « Le gouvernement est en train de vider les hôtels parce que les budgets sont prévus jusque fin mars », m’explique Monsieur Sindayihebura.
Lors de ma visite, le centre accueillait 116 demandeurs d’asile, pour une capacité maximale d’environ 400 personnes. Du nouveau personnel était sur le point d’être engagé, pour que l’équipe de transition puisse passer le flambeau. « Nous avons une convention d’un an, me dit Monsieur Sindayihebura. Après un an on verra ce qui va se passer. Ce n’est pas un centre de transit ici comme aux casernes de Bastogne : les personnes qu’on héberge restent jusqu’à la fin de leur procédure. C’est donc un centre structurel. Si les besoins sont là et que les propriétaires veulent toujours louer à la Croix Rouge et que l’État fédéral veut renouveler la convention, le centre pourrait continuer son activité. »

Centre pour demandeurs d’asile d’Herbeumont
Les gens s’étiolent
Je demande comment ça se passe, moralement, pour un demandeur d’asile. « La longueur de la procédure fait que les gens s’étiolent, me répond Monsieur Sindayihebura. Socialement, ceux qui arrivent ici sont déclassés. »
(Écouter l’extrait)
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« …Il y a cette violence de la procédure… »
« …il n’y a pas beaucoup de gens qui peuvent tenir le temps de la procédure, entre 15 et 18 mois… »
La circulation humaine
Pour Emmanuel Sindayihebura, « c’est vrai que les personnes qui viennent ne sont pas tous dans le cadre de la demande d’asile senso stricto, Convention de Genève, il ne faut pas se voiler la face. Mais il n’y a pas de bons demandeurs d’asile ou de mauvais demandeurs d’asile. »
(Écouter l’extrait)

Centre pour demandeurs d’asile d’Herbeumont
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« …quelqu’un qui fuit la misère a de bonnes raisons de partir… »
Un logement familial au centre pour demandeurs d’asile d’Herbeumont
Attention : les extraits présentés sont à remettre dans le contexte d’une conversation plus longue et n’ont pour but que de lancer la réflexion. Nous reviendrons, à la fin du reportage, sur ce qui a été dit, en intégrant autant que possible les discussions lancées sur ce blog.









Journaliste indépendant, écrivain et poète, j'ai collaboré avec maelstrÖm reEvolution à l’organisation de plusieurs événements culturels internationaux. Mes pas m’ont conduit d’Europe en Afrique, du Liban en Inde. Correspondant aux États-Unis pour les élections de mi-mandat 2010. Envoyé spécial en Égypte pour la révolution 2011. Aujourd’hui, c’est à Bruxelles que je réside.