Hiver 2010, l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) est débordée et ne peut plus désigner de places d’accueil aux nouveaux arrivants qui se retrouvent alors à la rue par températures négatives. Certains demandeurs d’asile introduisent une action en justice pour faire respecter leurs droits. L’administration, condamnée à faire son job sous peine d’astreintes, aménage des casernes et loge tant bien que mal ceux qu’elle peut dans des hôtels à bas prix dont certains s’avèrent être de véritables taudis. Le gouvernement prend des mesures et bombe le torse : Mission Accomplished. L’œil des caméras, après s’être enfin braqué sur l’incapacité politique, fini par s’accommoder de la pommade gouvernementale.
Ce qu’on a appelé la « crise de l’accueil » a soulevé de nombreuses questions. Pour tenter d’apporter des pistes de réponses, c’est toute la dynamique du processus d’accueil et d’asile qu’il faut examiner, en éclaircissant certains points sombres où la confusion règne.
Sur le site du Soir, le blog elisA vous a proposé, à partir de février, deux mois d’un reportage work-in-progress, deux mois d’une enquête à ciel ouvert, à la rencontre des responsables politiques, des administrations, des travailleurs de terrain et des demandeurs d’asile. On y découvre des situations kafkaïennes, des bidouillages plus ou moins légaux voire carrément l’illégalité la plus complète, avec souvent un haussement d’épaules pour toute explication.
Aujourd’hui, quatre mois après la mise en place des mesures d’urgence, le réseau d’accueil semble de nouveau saturé. Mais pourquoi y a-t-il crise ? Et pourquoi n’arrive-t-on toujours pas à en sortir ? C’est ce que nous allons tenter de voir dans les prochains jours suite à la première phase du reportage. Retroussez-vous les manches : bienvenue dans le brol de l’asile en Belgique.


Journaliste indépendant, écrivain et poète, j'ai collaboré avec maelstrÖm reEvolution à l’organisation de plusieurs événements culturels internationaux. Mes pas m’ont conduit d’Europe en Afrique, du Liban en Inde. Correspondant aux États-Unis pour les élections de mi-mandat 2010. Envoyé spécial en Égypte pour la révolution 2011. Aujourd’hui, c’est à Bruxelles que je réside.