elisA : un reportage en miroir de l’Asile
L’asile en crise
Des demandeurs d’asile à la rue, d’autres logés dans des hôtels dans des conditions difficiles, l’État belge condamné à payer des astreintes : on se souviendra de la crise de l’accueil des demandeurs d’asile qui dure depuis 2008 et culmina médiatiquement à la fin de l’année 2010. De part et d’autre, il y a l’indignation et l’incompréhension.
Aujourd’hui, plus aucun demandeur d’asile n’est à la rue, nous dit-on. Mais le problème est-il pour autant résolu ? Il reste de nombreuses questions : pourquoi cette crise n’a-t-elle pas été endiguée plus vite ? Doit-on s’attendre à une nouvelle crise de l’accueil ? Ces questions, et bien d’autres, méritent une réponse. Et pour l’apporter, c’est toute la dynamique complexe du processus d’accueil et d’asile qu’il faut examiner tout en éclaircissant certains points sombres où la confusion règne.
Il est assez frustrant de voir que les thèmes importants de notre société ne sont bien souvent disponibles au débat public que le temps imparti par l’actualité. Un événement en chassant un autre, les tenants et les aboutissants de la politique belge d’accueil des demandeurs d’asile restent très difficile à déchiffrer pour tout un chacun. C’est pour tenter d’y remédier que nous vous proposons ce reportage qui veut s’inscrire dans la durée et le multimédia.
Un reportage Work in Progress
Dans les trente prochains jours, Damien Spleeters va rencontrer les acteurs du processus de l’accueil et nous vous invitons à lui faire part de vos remarques et de vos questions. Vous pouvez suivre ce reportage tout au long de son élaboration, y participer, y réagir (dans certaines limites). Les pages de ce blog se rempliront au fur et à mesure. D’abord d’une parole brute, d’images, de bribes de conversations. Puis viendra la remise en question. Une fois l’enquête de terrain terminée, il tentera de vous présenter, une fois par jour, les réponses (et les nouvelles questions) qu’il y a trouvé.
S’il est clair que nous allons interroger le système d’accueil du demandeur d’asile, nous voulons aussi insister sur la complexité de cette réalité et montrer qu’au-delà des chiffres et des indignations, il y a aussi des femmes, des hommes et des enfants à visage humain. Au-delà des responsabilités partagées et souvent difficiles à déterminer, il est primordial d’éviter d’autres crises humanitaires en traitant ceux qui pourraient en être les victimes avec respect et dignité.
Le cadre de ce reportage doit être précis pour que celui-ci soit efficace. Cependant, l’asile est loin d’être un thème clairement séparé d’autres problématiques importantes. Ainsi, nous devons reconnaître les limites de cette enquête et nous vous invitons donc à consulter les règles élémentaires de participation, le glossaire, les statistiques et la documentation utile.

Journaliste indépendant, écrivain et poète, j'ai collaboré avec maelstrÖm reEvolution à l’organisation de plusieurs événements culturels internationaux. Mes pas m’ont conduit d’Europe en Afrique, du Liban en Inde. Correspondant aux États-Unis pour les élections de mi-mandat 2010. Envoyé spécial en Égypte pour la révolution 2011. Aujourd’hui, c’est à Bruxelles que je réside.
Bonjour Elisa,
Allez-vous aborder une des facettes de l’accueil des demandeurs d’asile qui est : « les conditions de travail dans les centres » ?
Merci
Bonjour, lors de nos visites de centres, nous allons aborder le sujet avec les travailleurs sociaux, en effet. Merci pour cette question et à très bientôt.
Bonjour,
Soyons réaliste, notre pays s’appauvrit, Notre système croule de plus en plus par les gens qui profitent du système. Ce n’est plus un eldorado capable d’accueillir toujours plus de réfugier. Il faut dire stop et directement les renvoyer vers leurs pays d’origine! Nous ne sommes pas responsables et nous ne pouvons malheureusement assumer continuellement car cela mène à notre propre perte.
Un peu de réalisme, même si c’est dur, est parfois indispensable.
Bonjour et merci pour votre commentaire. La migration humaine est un état de fait et un phénomène qui existe depuis l’aube de l’humanité. Tant qu’il y aura des différences en terme de niveau socio-économique ou de droits de l’homme, il y aura des flux migratoires. Le but de ce reportage n’est pas tellement de tirer des conclusions mais d’inviter à la réflexion en présentant, autant que ce faire se peut, les éléments en jeu pour que vous puissiez apprécier la complexité de la problématique. Le fait est que la Belgique applique la Convention de Genève et d’autres textes de loi, et met en place tout un système d’accueil et d’asile au bout duquel un statut de réfugié est accordé ou non, selon les circonstances. C’est ce système que nous tentons d’explorer ici, pour que la chose puisse être disponible au débat public. J’ose espérer que certains avis très tranchés, certaines opinions simplistes, certaines conclusions hâtives, pourront trouver, au fil de ce reportage, une remise en question.
Juste une petite précision, dans les centres il y a d’autres catégories de travailleurs que les travailleurs sociaux, ils ne représentent qu’une partie. Pour que le systeme tourne bien et ainsi pouvoir donner un accueil de qualité il faudrait être à l’écoute des travailleurs des différents services qui composent l’accueil. Comment offrir un accueil de qualité si le travailleur de base ( en contact direct avec les réfugiés) ne sont pas considérés…
Une des facettes funestes de l’accueil est la longueur de la procédure.
Lorsque l’exilé déraciné arrive en Belgique et qu’il doit attendre plusieurs mois voir des années avant d’avoir une réponse, il est inhumain de demander à la personne qui s’est reconstruite petit à petit de repartir.
Pour avoir un accueil de qualité il faudrait des centres de qualité c-à-d une infrastructure, hygiène, sanitaire de qualité ce qui n’est pas le cas dans notre centre. Et comme dit Jacques, valoriser le personnel (salaire/contrat) qui travaille dans des conditions difficiles. Vous me direz que tout est évidemment une question de budget. Mais on n’a rien sans rien. Merci
Lorsque l’on parle de demandeurs d’asile, la majorité du temps c’est pour dire qu’il y en a trop, que l’Europe est submergée de réfugiés. Pourtant si l’on s’informe un peu, on se rend vite compte que des réfugiés, il y en a partout. Et particulièrement dans les pays limitrophes des zones qu’ils fuient. Tous les jours des ivoiriens franchissent la frontière du Libéria. La Tunisie (10 millions d’habitants) a vu arriver 16.000 personne sur son sol depuis le début des troubles en Libye. Alors les 5.000 de Lampedusa (UE: 500 millions d’habitants)… Ils ont du mal à comprendre qu’on en fasse tout un cinéma. Tant qu’on abordera pas la question des flux migratoires de manière globale et qu’on préfèrera l’approche “on ne peut pas accueillir toute la misère du monde”, on ne pourra jamais mettre en place une politique migratoire européenne qui aie un sens.
Bonjour et merci pour votre commentaire. Pour y répondre et creuser un peu plus le débat, je me permets d’y lier quelques articles du reportage qui touche à cette problématique : http://blog.lesoir.be/elisa/2011/03/13/%C2%AB%C2%A0leurope-est-une-terre-daccueil%C2%A0%C2%BB/ et http://blog.lesoir.be/elisa/2011/02/25/mythes-et-vases-communicants/