Marque suédoise emblématique créée au lendemain de la deuxième guerre mondiale par “Saab Aviation”, Saab Automobile AB est en faillite. Définitivement.
L’information était redoutée depuis plusieurs mois et, ce matin, Saab Automobiles n’a pas eu d’autre choix que de faire aveu de faillite auprès des autorités judiciaires de Vaenersborg (Suède) après avoir pris connaissance de la décision prise ce week-end par General Motors. L’ex-propriétaire mais toujours actionnaire de Saab a refusé de céder les droits de ses brevets à China’s Zhejiang Yougman Lotus, candidat au rachat. Selon GM, très présent sur le marché chinois, les dernières propositions de Saab ne sont pas fondamentalement différentes de celles formulées précédemment et déjà rejetées. Dans la foulée, Yougman a informé Saab qu’il n’était plus en mesure de poursuivre et de compléter la réorganisation du constructeur suédois. Saab et son propriétaire hollandais Victor Muller n’avaient plus d’autre option que la mise en faillite pour protéger les créanciers.
Quelles seront les conséquences pratiques de cette faillite, notamment pour les clients belges? Si le groupe Beherman, importateur de Saab dans le Bénélux, a déjà entamé à son siège une procédure de licenciement collectif concernant 24 personnes, les activités d’après-vente et de pièces de rechange seront poursuivies contractuellement pendant 10 ans au moins et une équipe de 4 ou 5 personnes sera maintenue à Bornem dans ce but. Dans le réseau comprenant 30 concessionnaires, la situation de quelques distributeurs exclusifs (4 ou 5) sera plus complexe et les propriétaires de Saab devront donc s’informer à Bornem ou auprès de leur concessionnaire habituel pour voir qui prendra en charge à l’avenir l’entretien de leur véhicule. Quant aux 120 véhicules en commande, les accomptes versés seront remboursés. De son côté, Beherman espère conclure cette semaine les négociations en cours pour l’importation de Mitsubishi.
Globalement, la fin de la marque suédoise (dont le nom appartient toujours à Saab Aviation) résulte d’une conjonction de divers facteurs à analyser: la situation longtemps déficitaire de Saab après sa reprise par GM et le peu d’intérêt de l’ex-numéro 1 à investir dans sa relance, une perte d’image à travers des produits Opel remodelés, les péripéties liées à la vente au groupe de Victor Muller, les problèmes de rentabilité des petits constructeurs et, enfin, le blocage de GM refusant de céder ses droits sur des technologies pas vraiment neuves.


Le principal responsable semble bien être GM, qui n’a pas compris que Saab était une marque à part, dotée d’une image très spécifique. La plupart de ces grands groupes n’ont jamais su gérer correctement ces petites marques très typées: regardez Ford avec Jaguar, Aston et Volvo.
Pour le reste, on ne peut en effet pas dire que les Saab de chez GM étaient techniquement à la pointe. C’était même plutôt le contraire.
Dommage, ayant ^possédé à une époque une de ces mythiques 900 turbo , j’ai toujours gardé un bon souvenir de cette voiture costaude et fiable… Une page se tourne et Saab va rejoindre le panthéon des marques disparues, sacrifiées sur l’autel de la rentabilité.
Les seuls vrais moteurs Saab étaient les moteurs essence turbo basse pression et certainement pas les diesel de chez Opel ou de chez Fiat.
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Triste car Saab était une marque qui faisait des véhicules atypiques mais empreints d’une certaine classe bien à eux, et que personnellement je préférais aux normes esthétiques bien trop consensuelles de la plupart des modèles allemands.
On dirait que tout ce qui sort du troupeau est irrémédiablement condamné à vivoter ou à disparaître, du moins dès que cela reste un produit destiné à la plus grande masse (et Saab, bien qu’ayant une connotation assez élitiste, restait à la portée de beaucoup de personnes, un peu comme Alfa Romeo ou Lancia). Il vaut sans doute mieux s’appeler voiture du peuple (en Allemand), cela suffit à vendre beaucoup et même cher des produits certes bien faits mais qui font le désespoir des esthètes
Par contre, au-delà d’un certain niveau de prix, toutes les excentricités sont permises, telles qu’une monstrueuse Bugatti Veyron, bien loin pourtant de rendre hommage aux fantastiques Bugatti d’antan. Ne dit-on pas que ce qui est excessif est insignifiant ?
Francis Franck · SFX Verviers
Encore une marque de génie qui n’a pas résisté aux financiers… Comme Citroën, Hörsch (devenu Audi), N.S.U., D.K.W toutes ces marques réellement innovantes ont été absorbées par des groupes de gestionnaires plutôt que d’inventeurs… il n’y a plus de place pour une réelle créativité dans l’automobile classique, l’avenir est aux nouvelles énergies !
une marque qui n’a pas su évoluer avec les nouvelles technologie.
triste évidement pour le personnel.
Monsieur
vous n’etes pas un “SAABISTE”
bien à vous .
Merci à tous de votre présence en 2011 sur ce blog qui a généré quelque 170 articles et a été lu régulièrement par plusieurs dizaines de milliers d’internautes, avec des moyennes mensuelles jusqu’à 70.000 à 80.000 visiteurs uniques. Merci aussi de vos réactions qui ont alimenté des échanges de vue sur les sujets les plus divers autour de l’automobile.
Le débat reste ouvert mais pour des raisons de réorganisation interne, ce blog ne sera plus, provisoirement je l’espère, alimenté régulièrement ces prochaines semaines.
Dans l’immédiat, mes bons voeux à l’aube d’une année sans doute particulière mais néanmoins passionnante et riche d’événements et d’émotions, y compris pour ceux et celles qui estiment que l’auto ne se résume pas à une boîte sur 4 roues.
Yves de Partz
Nous sommes dans une société de plus en plus formatée, et dans laquelle peu de monde ose s’écarter. D’ailleurs, le client lambda a peur lui aussi de sortir des sentiers battus et trouve toutes sortes de justifications plus ou moins bidon pour ne pas casser ses petites habitudes, notamment par manque d’informations, mais pas seulement.
J’ai constaté à ce sujet que la plupart des gens qui critiquaient les hybrides ou les électriques étaient souvent les plus ignorants. Ce sont aussi souvent ceux qui sont le moins aptes à se remettre en question.
Pour en revenir à Saab, cette marque n’était justement depuis longtemps plus que l’ombre d’elle-même, sauf au niveau du design, et encore…
Bref, depuis que GM l’avait englouti dans son empire, c’était la chronique d’une mort annoncée.
J’ai toujours une pensée émue pour la Saab 900 ES e 1997 qui est une voiture vraiment bien conçue et increvable! que j’ai conduite pendant 3 ans.
Triste et dommage . Toujours été entièrement satisfait de mes 6 Saab ( aussi de l’actuelle). Qualité irréprochable avec un style particulier ( même si les derniers modèles l’étaient moins ) pour un prix imbattable ( cfr Audi-VW-BMW…) .
Vraiment dommage, c’était une marque atypique qui n’avait rien a faire dans le groupe GM, et certainement des classes au dessus de Opel (très en difficulté aussi). Une classe à part, entre individualisme, ligne intemporelle, fiabilité exemplaire (la mienne, 9000 Turbo 2.0 de… 1993 affiche 240000km et pas le moindre signe de faiblesse ni aucun problème). C’est un voiture à plaisir. Mais Saab était aussi à critiquer: manque de moteurs Diesel ou 6 cylindres (les bruit de machine à coudre du 4 cylindre, d’origine Rover, n’est pas vraiment sexy). Puis les moteurs Opel – alors que GM avait un contrat avec Alfa à l’époque, on aurait pu implanter les fameux V6 de la 156. Les 9-3 et 9-5 n’étaient que des Opel maquillés, manquant de classe et taille, avec une ligne qui vieilli mal… R.I.P.
1977, ma première SAAB 99 EMS, quelle bagnole !!!, celle que Blonqvist a conduit à la victoire aux Boucles de Spa .
Ensuite 4 SAAB 900 et 9.3 TURBO en sécurité et a ttes épreuves sur neige et route difficiles …..
Pour terminer avec une SAAB 9.3 2,2L T DIESEL qui affiche 180.000 Km et 7 ans que je vais conserver avec nostalgie jusque sa belle mort ….. !!!!
Je conserve ma 9000 de 18 ans jusqu’à…ma mort!
En attendant, je la soigne, bien qu’elle ne me réclame jamais rien.
Cette voiture a gardé toutes ses qualités techniques, esthétiques et de confort comme au premier jour. Je compte acheter une des dernières vraies Lancia, autre œuvre d’art, avant que cette marque ne disparaisse aussi, pour faire place à la banalité généralisée, payée au prix fort par des collectionneurs de macarons ou victimes de la publicité.
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Dernière vraie Lancia? A part la Delta ou la nouvelle Ypsilon, il ne reste pas grand-chose, ou alors en occasion…
Effectivement, il n’y a plus de vrai Lancia au sens où l’entendent les connaisseurs de la marque. En prenant le contrôle de Chrysler et en apposant le badge italien sur des voitures américaines, Sergio Marchionne, patron de Fiat, a fait un choix purement financier. Des ex-cadres de Fiat ont fait d’ailleurs état auprès de moi de son peu d’intérêt pour l’automobile en tant que telle. En revanche, si l’image Lancia est très parlante en Italie, en Belgique et sur de rares autres marchés, elle ne dit rien par exemple à un Anglais pour qui le rebadging Chrysler ne pose pas de problème. Un Voyager reste un Voyager, quel que soit la marque sous laquelle il est commercialisé. On peut néanmoins espérer que si Fiat réussit la relance de Lancia, il produira des modèles répondant à l’image de la marque et prenant le relais de modèles parfois vieillissants. Quelques beaux prototypes, dont un cabriolet, traînent encore dans des cartons.