A Arles, le calme au milieu de la tempête

clipboard01.jpgComparée à Avignon, avec son agitation constante et ses rues envahies par les troupes du festival Off, Arles garde un côté calme et reposant même au cœur de la semaine d’ouverture des Rencontres de la photographie. Des milliers de professionnels du monde entier rallient pourtant la petite cité provençale durant une semaine. Mais le monde de la photographie est nettement plus discret que celui du théâtre. Quitter Avignon pour Arles, c’est donc s’offrir un peu de calme au beau milieu de la tempête.

A Arles, cette année, on fête les 40 ans des Rencontres de la photographie. Logiquement, on y retrouve donc le fondateur de la manifestation Lucien Clergue avec ses travaux les plus récents. Willy Ronis, âgé de 99 ans, est aussi de la partie avec une très belle rétrospective de son travail. Et une exposition est consacrée à Robert Delpire, directeur artistique, publiciste et éditeur qui contribue depuis des décennies à faire découvrir le travail des photographes qu’il aime, parmi lesquels de nombreux Belges de toutes les générations.

D’un autre côté, les Rencontres mettent en évidence ceux et celles qui ont  marqué une rupture lors de leur présentation à Arles : Nan Goldin, Duane Michals, Martin Parr, Joan Fontcuberta

Un programme, plus riche que jamais, réparti dans une multitude de lieux arpentés durant la semaine d’ouverture par des centaines de professionnels. Appareil en bandoulière, téléobjectifs à gogo pour les uns, petit Leica discret pour les autres, gilet multipoches indispensable et badge d’accréditation autour du cou : à Arles, durant les journées  professionnelles, le public photographie et se photographie au moins autant qu’il s’intéresse aux photographies des autres.

Chacun a son avis sur les expos, surtout sur celles qu’on n’a pas vues : « Oh ! non,  j’y vais pas, je connais son truc depuis des années ! », « Machin m’a dit que c’était pas terrible et là je rentre sur Paris », « On a déjeuné avec truc et on était trop pété en sortant de table  pour faire quoi que ce soit… ». Heureusement, il y a aussi les vrais fous d’images, les amoureux de la photo, les boulimiques de l’expo. Ceux-là arpentent les rues de la ville, plan des Rencontres à la main, pour être sûr de ne manquer aucune découverte. Ensuite, ils tenteront de faire partager leurs coups de cœur au plus grand nombre.

Aujourd’hui, dernier jour de la semaine d’ouverture, photographes, directeurs d’institutions, critiques, écrivains, éditeurs et autres responsables de festivals préparent leur bagage pour s’en aller vers d’autres aventures. Dès demain, la ville retrouvera tout son calme (en attendant le festival musicale Les Suds) et on pourra visiter les expositions en toute quiétude. Et en prenant son temps. Il en faut : pas moins de 66 expos sont visibles jusqu’au 13 septembre. On y reviendra.

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