Chaque année, lors des Rencontres de Théâtre jeune public à Huy, on peut rapidement discerner quelques grandes tendances du moment. En 2009, le scotch semble avoir la cote. Avec toujours un seul et même but: la division. Dans “Histoire(s) de mur” d’Arcinolether, on l’utilise façon Lars Von Trier. Un gros rouleau de scotch blanc sert à délimiter des murs, des frontières, des couloirs, des labyrinthes. Autant de manières de refouler ses peurs en plaçant chacun dans sa petite case et en s’isolant du reste du monde.
Dans “Album photos” de la compagnie Orange Sanguine, Jeannine Gretler se souvient de la frontière qui coupait sa chambre en deux durant son enfance. Une bande de scotch blanc, encore lui, délimitait l’espace qui lui était dévolu et celui qui était attribué à sa soeur ainée. Laquelle ne se privait pas de massacrer tous les jouets ayant franchi la frontière interdite.
Dans “Chagrin d’amour”, enfin, les personnages de la Galafronie ont aussi tracé au sol une série de marques à l’aide de scotch. Mais, cette fois, il s’agit de scotch de couleurs. Et il ne faut pas longtemps pour que les places, attribuées à l’aide de grosses croix sur le sol, soient joyeusement mélangées par Nounours, la poupée Melba, le journal intime de Fanny (un journal parlé évidemment) et la petite Fanny elle-même. Ici, les frontières ne servent qu’à être franchies, déplacées, bousculées. Et les quatre personnages finiront plus unis que jamais. Scotchés en quelque sorte.

