Huy: Scotcher pour mieux diviser

Chaque année, lors des Rencontres de Théâtre jeune public à Huy, on peut rapidement discerner quelques grandes tendances du moment. En 2009, le scotch semble avoir la cote. Avec toujours un seul et même  but: la division. Dans “Histoire(s) de mur” d’Arcinolether, on l’utilise façon Lars Von Trier. Un gros rouleau de scotch blanc sert à délimiter des murs, des frontières, des couloirs, des labyrinthes. Autant de manières de refouler ses peurs en plaçant chacun dans sa petite case et en s’isolant du reste du monde.

Dans “Album photos” de la compagnie Orange Sanguine, Jeannine Gretler se souvient de la frontière qui coupait sa chambre en deux durant son enfance. Une bande de scotch blanc, encore lui, délimitait l’espace qui lui était dévolu et celui qui était attribué à sa soeur ainée. Laquelle ne se privait pas de massacrer tous les jouets ayant franchi la frontière interdite.

Dans “Chagrin d’amour”, enfin, les personnages de la Galafronie ont aussi tracé au sol une série de marques à l’aide de scotch. Mais, cette fois, il s’agit de scotch de couleurs. Et il ne faut pas longtemps pour que les places, attribuées à l’aide de grosses croix sur le sol, soient joyeusement mélangées par Nounours, la poupée Melba, le journal intime de Fanny (un journal parlé évidemment) et la petite Fanny elle-même. Ici, les frontières ne servent qu’à être franchies, déplacées, bousculées. Et les quatre personnages finiront plus unis que jamais. Scotchés en quelque sorte. 

Les rencontres de théâtre jeune public

Au mois d’août, les festivals se multiplient en nos régions. Bruxellons à Bruxelles, Festival de Spa… à Spa, Fête des artistes à Chassepierre, Rencontres de théâtre jeune public à Huy… Comme personne n’a le don d’ubiquité, il faut bien faire un choix.  (Lire la suite…)

Bon sang! mais c’est Bussang

Au coeur de la forêt vosgienne, on peut généralement s’offrir de belles randonnées dans un calme parfait. Il arrive pourtant qu’un événement imprévu vienne bousculer cette belle harmonie. A Bussang (entre Epinal et Colmar), depuis la mi-juillet, le sang gicle chaque jour et les meurtres succèdent aux meurtres. (Lire la suite…)

Un petit tour au Luxembourg

Avignon est déjà loin mais l’actualité artistique ne s’est pas calmée pour autant. Au mois d’août, c’est du côté de chez nous que les propositions se multiplient. Si vous avez une journée de libre, allez donc faire un tour du côté du Luxembourg. Commencez par le côté belge avec les très belles expositions en plein air du Centre d’art contemporain du Luxembourg belge à Montauban-Buzenol (juste à côté d’Etalle). Dans la forêt, sur diverses ruines ou dans une petite maison servant de lieu d’accueil, on peut découvrir le travail de plasticiens s’inspirant largement des lieux pour des créations éphémères mais passionnantes.

Dans la foulée, on peut pousser jusqu’au Grand-Duché avec deux lieux incontournables à Luxembourg ville. Au Mudam, on découvre plusieurs propositions d’artistes assez passionnates. Ne manquez pas au sous-sol les oeuvres de la collection (vidéos et installations essentiellement) sur le thème du rythme. Dans le grand hall, un installation géante en bois d’orme et en joncs happe immédiatement le visiteur. Elle est l’oeuvre de l’artiste russe Nikolay Pollisky. Fascinant.

Au Casino enfin, pas de méprise. L’art contemporain y a remplacé les tables de jeux et Edgar Honetschläger occupe actuellement tout l’espace. Un artiste s’exprimant de manières très diverses: vidéos, installations, peintures, photos…Il y a de tout dans son univers et on ne s’ennuie pas une seconde en le visitant. Certains oeuvres rappellent un peu les délires de Wim Delvoye, d’autres ont un côté pictural très fort. Un artiste à découvrir au sein d’une région que l’on traverse trop souvent sans s’y arrêter. Et puis si vous y passez ce week-end, n’oubliez pas de faire un saut du côté de la fête des artistes à Chassepierre.

Récits de guerre et de famille

Scènes Le Festival d’Avignon se clôture ce soir

Après trois semaines de spectacles en continu, le Festival d’Avignon se termine ce mercredi soir avec la dernière représentation du Casimir et Caroline de Johan Simons et Paul Koek.

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Petit manuel de survie face à la crise

Alors que le Festival d’Avignon 2009 touche à sa fin, le public a pu découvrir durant quatre jours la dernière création de Christoph Marthaler qui sera l’artiste associé de la manifestation en 2010.

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Ces femmes qui dialoguent avec Dieu


Dans la pénombre de la chapelle des Pénitents blancs, le public écarquille les yeux pour tenter de distinguer un mouvement diffus au centre de la scène. On entend vaguement des cris d’enfants, un chant à peine audible… Le cri de Nacera Belaza commence comme un murmure visuel et auditif.

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Entre complots et mensonges

Scènes Wajdi Mouawad et Pippo Delbono au Festival d’Avignon

Avignon

De notre envoyé spécial

Le Festival d’Avignon entre dans sa dernière ligne droite sous une chaleur moite qui anesthésie le spectateur avant même son entrée dans des salles surchauffées. A Chateaublanc, la foule se presse pourtant afin de découvrir le dernier épisode de la saga de Waj-di Mouawad, Le sang des promesses. Après Littoral, Incendies et Forêts, rassemblés en une saga de 12 heures dans la Cour d’Honneur, le metteur en scène crée Ciels dans le cadre du Festival. A l’inverse des trois épisodes précédents, où des fils et des filles partaient sur les traces de leurs parents, ce sont ici des parents qui tentent de faire ce qu’ils peuvent pour leurs enfants. Une fois de plus, les promesses mènent à la tragédie.

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« Pavane » : inclassable et formidable

 Encore un petit tour dans le Off, à la Manufacture toujours, où nous avons découvert « Pavane – Objekt II » de Barbara Mavro Thalassitis. On avait raté la création de ce duo dans la cadre de Charleroi-Danses. On le regrette amèrement et on se réjouit de l’avoir enfin découvert. « Pavane – Objekt II » est l’un des  objets chorégraphiques les plus étonnants et les plus enthousiasmants que nous ayons vus ces dernières saisons. Entre danse et installation visuelle, Barbara  Mavro Thalassitis et Erwin Wauters créent un univers où les corps apparaissent comme des objets animés. Incroyable performance physique, « Pavane » est une création inclassable, explorant les rapports homme-femme dans un mélange d’humour, de violence (allant parfois jusqu’au sado-masochisme), de tendresse diffuse et d’étrangeté constante. Une formidable réussite à découvrir absolument, à Avignon ou sur une de nos scènes durant la saison prochaine.

Le titre le plus long

 On trouve de tout dans le Off d’Avignon et il faut sérieusement piocher dans le programme pour y dégager quelques véritables pépites. Pour cela, on peut notamment se fier à certains lieux dont la programmation est soigneusement pensée : le théâtre des Doms, les Hivernales, la Manufacture, Villeneuve-en-scène… Aux Hivernales, le spectacle de la compagnie belgo-suisse, Delgado-Fuchs fait un malheur. A 10h30, tous les matins, la salle est pleine pour voir les élucubrations de ces deux danseurs mêlant humour, technique remarquable, références multiples et un certain sens de l’étrange toujours sur le fil du rasoir. Le spectacle porte un titre à rallonge assez irrésistible : « Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge ».

Dans le genre, mais un peu plus court, on a aussi « Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust », à la Manufacture. Un petit bijou totalement inclassable, conçu par Renaud Cojo autout du dédoublement de personnalité et de la figure mythique de Ziggy Stardust, inventée au début des années 70 par David Bowie. C’est drôle, sincère, profondément humain et plein de petites idées lumineuses. Un spectacle qu’on verra la saison prochaine au Théâtre 140 à Bruxelles.