Dans l’antichambre de Ghinzu

ghinzu.jpg

reportage

Vendredi 1er juin, 14 h 30. Le rendez-vous était dans l’air depuis plusieurs semaines, mais la confirmation est tombée en dernière minute. Sous la forme d’un coup de fil de Tom, le manager de Ghinzu : « C’est bon, tu passes quand tu veux, ils t’attendent. » Cool. Depuis dix jours, au studio ICP de Bruxelles, le groupe jette les fondations du successeur de Blow.

On fonce en direction du bus 71 et on marche une petite dizaine de minutes, d’un pas gaillard, en direction de ce légendaire studio dans lequel la Mano Negra, Noir Désir, The Stranglers, Jean-Jacques Goldman, The Young Gods, Arno, dEUS ou encore Stephan Eicher ont gravé leurs exploits. C’est d’ailleurs toujours aussi impressionnant et émouvant de regarder, dans le hall d’entrée, les centaines de pochettes d’albums nés de sessions d’enregistrement à l’ICP.

Tout au bout du couloir, on retrouve autour de la table Mika (bassiste et guitariste), Greg (idem) et Antoine (le nouveau batteur). John est en cabine, seul. Le producteur Dimitri Tikovoï (responsable du dernier Placebo et âme de Trash Palace), accompagné de son fidèle assistant, Andy Saunders, est là aussi. L’ambiance semble assez détendue. Pas de tension. Juste – palpable – une volonté de donner le meilleur de soi-même.

Après une bonne semaine, les musiciens sont ravis de se retrouver dans cette caverne d’Ali Baba. « Pour la basse, je n’ai jamais eu un son pareil, s’emballe Mika. J’avance beaucoup plus vite. Idem pour les claviers, parce que j’en joue aussi. » Greg, qui parcourt les disques qu’il a embarqués avec lui (Funkadelic, Sly & The Family Stone…), abonde dans le même sens : « Je sens cet enregistrement infiniment mieux que tout ce que nous avons fait par le passé. »

John passe la tête par la porte de la cabine et pondère l’enthousiasme général. « On coince sur un morceau, ça me gonfle ! », balance le patron de Ghinzu. Le morceau en question s’appelle « Kill the surfers », nom de code pour cette bombe épileptique que ne renieraient ni les Queens of The Stone Age ni nos Soulwax nationaux.

« On a un morceau qui est un peu une jam, explique Dimitri. J’aimerais bien les emmener plus loin. Parfois, le groupe s’excite, parfois, il est mal à l’aise, mais je pense que mon rôle consiste à les inciter à puiser dans le côté sombre du groupe afin d’y extraire des sentiments. » En fin de compte, Dimitri propose d’introduire un extrait de la démo de « Kill the surfers » et de la réinjecter dans les bandes enregistrées à l’ICP.

Greg nous prend à part et nous emmène, avec John, Antoine et Mika, dans une petite cabine qui doit faire quatre mètres carrés. Au sol, un petit studio mobile, des guitares et des câbles en veux-tu en voilà. C’est là que Greg retravaille et rajoute ensuite des effets. Le morceau s’appelle « Metal mollet » (titre toujours provisoire) : le groove est monstrueux, on y entend des pales d’hélicoptère déchirer l’air comme dans Apocalypse now. Difficile de se faire une opinion, mais l’impression première est positive. Extrêmement positive.

« Je peux te dire que cet album sera plus solide et plus compact »

Attention : This war is going silent (titre provisoire du nouvel album) est bouclé pour moitié et pas mal de choses peuvent encore changer d’ici à sa sortie, fin de l’année. Mais le son et la complexité des compositions entendues (trois au total) nous laissent penser que John, Mika, Greg et Antoine veulent avant tout surprendre. Et se surprendre. Mais sans calcul. Ni préméditation. « On ne va pas s’asseoir et se dire : allez, composons un Do you read me ? volume 2. C’est ridicule. Mais ce que je peux te dire, c’est que le nouvel album sera beaucoup plus solide et plus compact. »

En attendant, l’actualité immédiate, c’est ce concert exclusif aux Ardentes. Le groupe, avec Kris Dane, a répété d’arrache-pied, au Centre culturel de Mouscron, pour proposer un concert où Ghinzu dévoilera deux ou trois nouvelles compositions. Encore trois fois dormir…

PHILIPPE MANCHE

Samedi aux Ardentes, de 22 h 50 à minuit sur la scène principale. À l’Ancienne Belgique le 7 novembre 2007 (tout est complet) et le 22 février 2008. (02-548.24.24, www.abconcerts.be).


commenter par facebook

1 commentaire

  1. Pingback: Ghinzu ne fait pas le printemps : frontstage

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>