Ben Ricour tambour battant

Chanson de circonstance, « L’heure d’hiver » introduit le nouvel album du Parisien Ben Ricour, qui donne avec « Ton image » un successeur à son premier album « L’aventure ». Sans que le goût de celle-ci ait le monde du monde quitté ce beau ténébreux. Il en fait la démonstration en session acoustique.

Le premier album de Ben Ricour, « L’aventure », tenait de la caresse. Son second album, « Ton image » en reste sur ces bases plutôt cajoleuses, celles du tube « Vivre à même l’amour », celles un moins peu doucereuses de « Dans la plaine », qui ont permis de révéler ce talent brut, la trentaine humble et romantique. Mais ni la quantité de disques vendus ni l’accueil public ne pourront changer ce trentenaire, véritable curiosité sur scène, qui assumait d’ailleurs le plus gros de sa tournée seul, avec une guitare et son cajon. La caresse reste donc de mise, en passant cette fois à rebrousse-poil. La facilité eut plutôt voulu qu’il capitalise sur un art de la chanson facile, sans trop de rugosité. Que le trentenaire reproduise la recette magique de « L’aventure », écrit avec Pierre Grillet (parolier de Bashung, Chamfort).

C’était sans compter sur l’expérience déjà longue acquise sur scène par ce fan de Cure et de musique punk : à rebrousse-poil, Ben Ricour est aussi allé d’une certaine manière « à reculons » pour son deuxième essai phonographique. Une suite ? « C’était bien l’idée, mais j’ai surtout cherché à retrouver l’énergie de la scène, qui était vraiment la toute première chose. Cette recherche de plus d’énergie m’a surtout conduit à mettre des choses plus personnelles, à aborder des sujets très proches de moi, avec une chanson sur ma mère, par exemple. J’ai voulu un disque plus corsé ».

Le constat n’est peut-être pas flagrant sur « Amoureux/Amoureux », qui ouvre les débats, ou « L’heure dhiver », parfaite courroie de transmission entre les deux disques, et chanson totalement de circonstance en cette fin octobre. Mais il s’impose avec de plus en plus d’évidence à mesure qu’on avance dans « Ton image ». « Cinq minutes » scellant définitivement le destin du disque, bien plus roots que son prédécesseur. La voix de Ricour elle aussi suit cette courbe, bien plus dans les graves que dans « L’aventure ». La cigarette n’étant pas la seule explication à cette évolution : «elle est seulement plus proche de ma voix naturelle », reconnaît ce papa cool. Le moindre des paradoxes n’étant pas d’avoir publié un disque moins léché ou « lisse, comme la critique rock l’a souvent écrit » tout en bénéficiant de plus de moyens que pour son premier album. « Avant, j’avais beaucoup de temps et peu de moyens. Cette fois, c’était l’inverse ».

L’évolution s’est aussi manifestée dans la prise de pouvoir du chanteur, qui assume plus de titres que par le passé, tout en reconnaissant ce qu’il doit à Pierre Grillet et en ménageant un espace à Mickaël Furnon (le chanteur de Mickey 3D) qui lui offre le texte de « Sors de l’ombre ». C’est à eux qu’on doit aussi le goût pour ces chansons en forme de court-métrage : « Une chanson dure 5 minutes, c’est aussi la durée d’un court-métrage. Pierre Grilet écrit des scénarios, donc je me suis retrouvé assze naturellement là-dedans. J’adore les chansons qui dégagent des images fortes. Même sans forcément défendre des thèmes forts, je veux raconter des histoires, décrire les faits comme dans un film ».

Une préoccupation qui aura encore valu à cet album son titre en forme de miroir retourné vers l’auditeur, plutôt que vers soi : « notre univers est bourré d’images, chacun y trouve ce qu’il veut. C’est aussi le début de la création, pour chacun. De mon côté, je ne gère pas trop mon image, j’essaie surtout de rester dans l’être, de faire en sorte que tout soit au service de la musique. Comme ma voix, par exemple, qui doit se mettre au service de ce que j’écris ».

La roue de la chance peut continuer à tourner, qui vaudra à ce jeune et pas si ténébreux chanteur de jouer en première partie de Vanessa Paradis. Le trait d’union ? Il s’appelle M, de tous les bons coups, et que Ricour a croisé « en studio, puisque j’ai enregistré mon disque juste après celui de Vanessa. Mathieu venait rechercher des guitares. Il passait par là, et m’a offert un riff. » En toute simplicité.


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