On ne pensait pas qu’un jour verrait la naissance du croisement entre Jeff Buckley et Pink Floyd. C’est de Montréal que nous vient, à l’instar d’un Arcade Fire, ce nouveau petit génie citant Satie et Debussy parmi ses principales influences. Watson, également fou de cinéma, nous emmène dans son monde magique en tout point parfait et passionnant. Extraits de notre interview réalisée au Pukkelpop.

patrickwatson.jpg Le titre de l’album “Close to paradise”. “L’expression veut peut-être dire autre chose que ça cà quoi on pense de prime abord. C’est une expression vietnamienne qui décrit un état de fatigue intense. A ce moment-là, tu dis « Je suis close to paradise »”.

Son image du paradis : “Je ne suis pas quelqu’un qui nourrit ce genre de pensées. Il y a deux sortes d’artistes : ceux qui parlent de choses qui sont déjà extraordinaires et qui tentent de les rendre plus extraordinaires encore. Et il y a les artistes qui tentent de trouver ce qui est extraordinaire dans les choses simples de notre vie. Je fais plutôt partie de cette catégorie. Penser au paradis ou à la place parfaite ne rend pas ta vie meilleure. Ce genre de quête te condamne à la tristesse, mais tu ne l’obtiens jamais.”

La comparaison avec Jeff Buckley. “ Je n’ai jamais vraiment écouté Jeff Buckely, ça doit être un de ceux que j’ai le moins écouté. J’ai plus écouté Nick Drake. Johnny Cash ou Björk. J’aime beaucoup son jeu de guitares, mais ce n’est globalement pas quelqu’un qui m’a inspiré dans ma vie. Je suis beaucoup plus tourné vers la musique instrumentale que vers la chanson. Les mélodies m’importent moins que les sonorités. J’aime surtout travailler les arrangements, j’ai beaucoup travaillé dans des projets électroniques. Donc la voix n’a jamais été une priorité, c’est juste un instrument parmi d’autres.”

Trop pop, trop expérimental. On a du faire face aux réticences des maisons de disque qui pensaient qu’on avait pas réellement de place. Elles ne voyaient pas trop bien où nous mettre. On a sorti 3 disques déjà : si on apportait nos disques dans les étiquettes expérimentales, il y avait trop d’influences pop, et à l’inverse dans des étiquettes pop, ça ne l’était pas assez. Nous, on a toujours été très bien entre deux chaises. J’ai toujours su que c’était ça qu’on voulait faire, parce que quand tu montes sur scène et même si tu as un public qui est plutôt expérimental que pop, ou l’inverse, qu’importe si tu es naturel. Je ne pense pas qu’on sera le plus grand groupe du monde, mais on pourra diffuser la musique qu’on aime faire.

L’exemple James Brown. “On a fait toute une tournée avec James Brown, j’ai appris beaucoup avec lui. Quand il montait sur scène, il y avait un truc terrible, c’est que son public était comme le cinquième membre du groupe. Il changeait ses arrangements, et il prenait son temps avant de faire péter. J’en retiens l’idée de la générosité qu’il faut avoir par rapport au public. On cherche à créer quelque chose de dynamique. C’est une façon de penser quand tu rentres sur scène, d’être sur scène, d’écouter la salle pour modifier les arrangmetns, selon l’endroit où tu joues, le public

La ressemblance physique avec Rufus Wainwright. “Je ne l’ai jamais vu à Montréal. C’est peut-être le fait qu’on joue au piano, mais non, je ne vois pas trop de ressemblances entre nous. Et puis je ne suis pas une diva comme lui. Je ne suis pas trop fan non plus, parce que pour faire de la musique, le plus important pour moi est d’être humble, et pas de vouloir être une star. D’etre ce qu’on est: notre musique est déjà bourrée d’imagination, elle apporte assez de choses en soi. Nous sommes des personnes normales qui faisons des choses folles, pas l’inverse.

Secret City – V2.

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Commentaires

4 réponses à “Patrick Watson “Close to paradise””

  1. me, le 7 novembre 2007 21 h 53 min

    Traiter le génial (aussi bien au niveau des textes que de la composition) Rufus Wainwright de diva alors qu’il ne l’a jamais rencontré, faut vraiment se la péter.

    J’ai vu deux fois Rufus en Belgique, et s’il y a un truc qu’on peut dire, c’est qu’il est naturel avec son public. .

    ça donne pas trop envie de l’écouter, ce Patrick Watson. il a l’air de se prendre très au sérieux.

  2. absent friend, le 9 novembre 2007 11 h 57 min

    Dommage, tu ne sais pas ce que tu rates.

  3. Le Soir, le 9 novembre 2007 12 h 19 min

    Hello Me,
    Au contraire, je peux t’assurer que Patrick Watson se prend tout sauf au sérieux. L’écrit transmet peut-être mal ce qu’il a dit; d’abord, la question sur Rufus Wainwright est partie d’une plaisanterie par rapport à une petite mais frappante ressemblance physique. De là, il a poursuivi en répondant qu’il n’aimait pas trop Rufus Wainwright, et que de son côté, il cherche plutôt à être très naturel sur scène.
    A propos de Rufus, tu seras au Cirque Royal? (C.Pt)

  4. Me, le 11 novembre 2007 14 h 37 min

    Non non, l’argent me manque pour aller voir Rufus ;)
    mais j’aimerais …

    je veux bien vous croire si vous me dites que c’était pas une remarque prétentieuse, parce que l’écrit à tendance à “rigidifier” tous les propos.

    je suis en train d’écouter “Mr Tom”, c’est vrai que c’est pas mal, mais à première écoute, je ne trouve pas ça follement original. C’est juste le type de voix que j’aime un peu moins. Mais il me faudrait une écoute plus attentive…
    je trouve tout de même que ça ferait une bonne musique de film.

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