deus1.jpgOn en parle depuis des semaines et les premières critiques de l’album de dEUS commencent à fleurir sur le net. On a déjà donné, ici même, des échos de la sortie de “V******”, dont des extraits vidéos tournent déjà à plein régime sur Youtube et autres. Via Myspace, on avait même reçu l’invitation à télécharger la vidéo de “Slow”, que nous nous étions empressés de poster…avant qu’elle ne soit purement et simplement retirée de Dailymotion. Tout le monde est donc au courant; le groupe anversois a d’ailleurs, fin février – soit un mois et demi avant la presse belge-, donné une interview aux Inrocks. Sur www.lesoir.be et dans Le Soir, vous ne pourrez pourtant rien lire à propos de ce disque avant le 15 avril; un embargo sévère sur la publication de l’interview du groupe a été décrété. Menaces à l’appui.

La menace est terrible : à l’occasion de la journée promo que le groupe a donnée lundi à Anvers, Universal Music a sorti les grands moyens : interdiction de parler à Tom Barman sans signature préalable d’un contrat. Lequel spécifie ouvertement que “le Media de presse écrite s’engage à ne pas publier cette interview (ou une partie de cette interview) avant la date du mardi 15 avril 2008 ni d’en faire part à une tierce personne avant cette même date. Le Media de presse écrite réalise l’importance de cet embargo et s’engage à payer à l’Artiste des frais de dédommagements – à savoir un montant de 25.000 euros (vingt-cinq mille) – en cas de non respect de cet embargo et ce sans intervention juridique”.
Si la pratique de l’embargo n’est pas originale en soit, mais est plutôt monnaie courante dans la profession, c’est la manière qui étonne: la signature d’un contrat d’abord “condition sine qua non à l’interview”, l’épée de Damoclès placée sur la tête des journalistes ensuite, à concurrence de 25 000 euros.

Venus pour recueillir l’interview de Barman, certains journalistes ont choisi de faire demi-tour séance tenante. D’autres ont apposé leur paraphe en dessous du document. C’est le cas du Soir, d’ailleurs venu avec une caméra pour capter la rencontre.

Que l’on ne puisse publier l’interview du groupe est une chose; que l’on ait toute liberté d’évoquer le disque en est une autre. Les journalistes musicaux de la presse écrite ont – cette fois encore, une chance – pu écouter la plaquette avant de rencontrer le leader du groupe. Tout loisir pour chacun de commenter le disque en question. Tout loisir encore de céder aux sollicitations diverses de la maison de disques qui, depuis plusieurs jours, achemine pochette du disque, liens internet pour un streaming vidéo, et cetera. Autant de manières de faire parler de l’album sans aller réellement dans le fonds des choses. Evoquer, à défaut de pouvoir analyser. Survoler, sans jamais décoller.

Sur Frontstage, vous ne lirez rien de tout cela, ni ne verrez d’images du groupe et de ses chansons avant le 15 avril (et après, libre à nous de ne donner que le minimum syndical). Pas un mot, pas une photo; nous nous tiendrons volontairement à l’embargo décrété. Le briser aurait pu être une autre solution, à condition de courir le risque d’une amende lourde et de poursuites judiciaires. Boycotter dEUS aussi. Mais c’était peut-être se priver de chroniquer l’un des meilleurs disques de l’année. Peut-être.

C.Pt

A titre anecdotique, on notera que, via Google, le premier lien répertorié en tapant “deus” et [le nom de l'album] renvoie à un site de téléchargement gratuit du disque

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Commentaires

47 réponses à “Pourquoi on ne parlera pas de dEUS avant le 15/04”

  1. Moi, le 9 avril 2008 17 h 28 min

    ça craint

  2. joelB, le 9 avril 2008 17 h 48 min

    Comme tu dis.

  3. Oli Pop, le 9 avril 2008 17 h 52 min

    Je reviens ce week-end de Lille. Chui tombé sur un mag culturel gratuit avec…interview de Tom Barman (en 20 minutes dixit la journaliste).
    Cela dit, la position du Soir est drôle. Pour protester contre la pratique elle la respecte à la lettre…
    Un peu comme si des ouvriers bossaient deux fois plus pour manifester son mécontentement, non ?
    Balancez l’interview du Tom Barman en le rebaptisant Jerry Garçondcafé. Ca ca les calmera les pointilleux du contrat !!!

  4. C.Pt, le 9 avril 2008 17 h 59 min

    Qui parle de travailler deux fois plus? On a dit qu’on ne publiait rien sur le sujet d’ici le 15 avril. On n’a pas dit quand on publierait l’interview en question, si on la publie.
    Bonne idée l’affaire du Garçondcafé.
    Lille, c’était pour Bashung?

  5. henri, le 9 avril 2008 20 h 59 min

    et bien tant pis, la maison de disque fait la maligne… et bien, je n’acheterai pas cet album et j’irai le cueillir sur emule… Les concerts devraient de toutes façons suffire à payer le groupe.

  6. henri, le 9 avril 2008 21 h 06 min

    pour info, l’album est déjà téléchargeable, malgré le black out de la maison de disque…

  7. Oli Pop, le 9 avril 2008 21 h 30 min

    Non, Lille c’était par amour :-)
    mais Bashung le 22 mai, c’est dans la poche !

  8. Steph, le 9 avril 2008 22 h 41 min

    C’est une manoeuvre publicitaire et en s’offusquant publiquement le Soir a très bien compris la combine et marche à fond dedans en jouant les innocents ou les idiots; au choix.

    Si Deus en arrive là… c’est que l’Album est probablement une merde… probablement encore un album “technique” peu accessible et désagréable.

    L’album “The Ideal Crash” serait donc la seule magnifique exception ?

  9. achem, le 9 avril 2008 22 h 44 min

    Oulahlah, la liberté de la presse est en jeu ! Heureusement, Le Soir se lève une nouvelle fois et appelle à la vigilance populaire.

    Franchement risible

  10. bern, le 9 avril 2008 23 h 54 min

    Très premier degré Achem. Les journalistes du Soir ont aussi droit de s’amuser un peu

  11. laurent, le 10 avril 2008 9 h 36 min

    Même si je ne cautionne pas du tout ce genre de pratique, la dernière phrase de l’article me fait bien marrer : “A titre anecdotique, on notera que, via Google, le premier lien répertorié en tapant “deus” et [le nom de l’album] renvoie à un site de téléchargement gratuit du disque”… Comme si ce n’était pas le cas avec tous les autres albums attendus en général…

    Quelque chose me dit, que, pour une fois, M. Coljon va réussir à dire autre chose d’un album (d’un groupe belge en plus !!) que “on l’a écouté, il est fantastique !”…

    Alors que pourtant, c’est de nouveau une petite réussite ce dEUS…

  12. Gilles, le 10 avril 2008 9 h 44 min

    Si le téléchargement illégale n’est pas votre tasse de thé, l’écoute l’égale est peut-être votre verre de bière : http://www.heineken.es/preescuchas/dEUS/

  13. Boycott des journalistes | dEUS-fr.net - Premier Blog francophone non officiel du groupe belge dEUS, le 10 avril 2008 9 h 50 min

    [...] le blog du journal belge Le soir (”Pourquoi on ne parlera pas de dEUS avant le 15/04“), lors d’une conférence de presse chez Universal Belgique lundi dernier, Tom Barman [...]

  14. zaria, le 10 avril 2008 12 h 01 min

    Vous devriez nier complètement sa sortie.

    Je peux comprendre la position de la maison de disques, mais j’estime qu’ils dépassent un peu les bornes. Ils prennent cette position pour qu’on parle d’eux, d’ailleurs c’est réussi tout le monde en parle. Et vive la promo au détriment de l’information. C’est purement honteux. La question est de savoir si le côté négatif qui colle à cette sortie par sa campagne promotionnelle, ne va pas être répercuté sur le groupe.

    J’adore Deus. J’ai hâte d’écouter le disque, j’achète encore mes disques et je ne télécharge pas. Mais je crois que je vais faire une entorse à ce principe, et le télécharger via P2P. Juste parce que la mesure est abusive. Ce ne sera pas aux grands “maux” les grands moyens, mais j’exècre Universal sur cette mesure, alors ils n’auront pas un centime pour cette production. Dommage pour les artistes…

  15. The Mole, le 10 avril 2008 12 h 42 min

    Perso, si “Le Soir” regrette vraiment le procédé, je trouve que la logique commandait que ses journalistes tournent également les talons. On ne peut pas à la fois se plaindre et accepter, par contrat signé, la contrainte!

  16. Marc, le 10 avril 2008 13 h 02 min

    Pas de battage comme pour l’album de REM alors? Vous allez devoir parler de Foals, Clinic, Tapes ‘n Tapes, The Long Blondes, et de plein de choses qui relèvent de plus que la simple information au sujet d’un album dont on n’entendra que trop parler…

    La réaction ressemble quand même à s’y méprendre à une bouderie, non?

  17. SC, le 10 avril 2008 13 h 57 min

    La mesure d’intimidation du label a tout de même l’air complètement bidon : menacer un journal de lui tirer 25.000€ si la rédaction ne respecte pas un embargo sur l’info, c’est du grand n’importe quoi, du vent qui n’a ni légitimité, ni base juridique légale TANT QUE LE JOURNALISTE NE VA PAS SIGNER UN CONTRAT avalisant ces conditions débiles.

    Sinon, sachant que l’acceptation d’un embargo sur l’info fait partie du quotidien du journalisme culturel et n’a jamais posé question, ce post ressemble tout de même très fort à de l’aigreur : l’exclu du groupe rock belge numéro un a été réservée aux Français, quel camouflet pour la rédaction culture du Soir!!!

  18. Trolljon, le 10 avril 2008 14 h 45 min

    puisqu’on me cite à tort et à travers, je me sens obligé de répondre:
    il n’est pas question de se coucher devant Universal. Attendez donc ce samedi, quand on balancera toute la purée (et sa cuisine interne, bien sûr), trois jours avant le 15, date de l’embargo.
    Si je me suis énervé, c’est uniquement parce que ma parole n’a pas été prise en compte. Au départ, cela ne me dérangeait pas de préserver un embargo. Je n’ai rien contre la date du 15. Mais qu’on m’ait imposé ce contrat en lieu et place de ma parole, voilà ce qui m’a énervé et vexé.
    Donc, rdv samedi 12.
    Et personne ne paiera les 25.000 euros: ces zouaves ne savent même pas qu’un contrat pour être valable doit être remis en au moins un exemplaire signé au signataire pour être valable. Donc, ce contrat n’a aucune valeur et samedi, on dira dans le journal tout ce qu’on a sur le coeur. En toute indépendance, en toute liberté.
    Et tant pis si Universal nous fait la gueule après ça. On vous demandera de nous refiler un coup de main pour trouver les sites illégaux où trouver tous leurs albums

  19. C.Pt, le 10 avril 2008 14 h 48 min

    Comment cela pourrait-il être de l’aigreur de la part du Soir seul, puisque la mesure concerne tous SC : les médias de presse écrite belge qui ont tous été soumis à la même contrainte.
    Pour rappel, encore, le journaliste qui ne voulait pas signer le contrat ne pouvait avoir accès à l’artiste. ce n’est donc plus une question de choix pour le journaliste qu’il soit du Soir ou d’ailleurs. On se réjouit pour les Inrocks qu’ils aient eu l’exclu. On ne connaît pas les termes du contrat qu’ils ont dû signer.
    Le choix qui lui restait était celui là : rebrousser chemin ou signer. Après, The Mole, le débat ne porte pas sur le fait d’avoir dit “nuts” ou non. On peut prendre attitude, et choisir après coup le traitement qu’on réserve au sujet.
    Enfin, le débat porte aussi sur le fait que, à côté de l’embargo décrété, la maison de disques se plaise à nous bombarder d’info relative à l’album, qu’on est priés de diffuser…

  20. The Mole, le 10 avril 2008 15 h 05 min

    Me réjouis de lire “Le Soir” de samedi… A mon sens, la seule attitude saine à avoir est d’envoyer péter cet embargo inique. De toutes façons, y’a plus d’exclusivité dans la mesure où les inrocks ont donné l’interview de Barman et ses commentaires sur l’album en avant-première voici près d’un mois déjà (le 10 mars!)

  21. Trolljon, le 10 avril 2008 15 h 07 min

    cher Mole,
    quand j’ai fait cette remarque au product manager d’Universal, celui-ci m’a répondu: “C’est différent pour la Belgique”.
    Quelle chance, on a…

  22. The Mole, le 10 avril 2008 15 h 20 min

    inique, c’est bien ce que je disais. un embargo à envoyer valser!

  23. Martine, le 10 avril 2008 15 h 21 min

    Je vous rassure tout de suite les gars. J’ai déjà écouté l’album à plusieurs reprises et c’est une pure merveille. Du bonheur en plein…

  24. Marie, le 10 avril 2008 15 h 31 min

    Ne pas en parler, c’est déjà en parler, non ? Ecrire un article d’une page pour dire que finalement on ne dira rien, c’est vraiment grotesque…

    Et dire qu’ils viennent en concert en bas de chez moi, que je pourrais y aller à pieds…

  25. SC, le 10 avril 2008 15 h 48 min

    1. Je parle d’aigreur parce que nous avons ici le cas de figure du groupe rock belge numéro un, soutenu depuis des années par votre journal et le reste de la presse écrite nationale, des chouchous, des proches, des têtes d’affiches et… boum, l’exclu est réservée aux Français !!! Vous dites ne pas vous estimer concurrents des Inrocks, vous me permettrez de douter.

    2. Vous dénoncez un contrat et une pression fantasques alors que vous avez accepté beaucoup d’autres arrangements certes moins scandaleux mais questionnant tout autant la marge entre journalisme, info, publi-reportage, marketing et accommodements avec les stratégies commerciales de labels. Pourquoi ce « 1 poids, deux mesures » ici et pas avant ?

    3. On peut prendre attitude, et choisir après coup le traitement qu’on réserve au sujet. Signer un contrat vous pointant une épée de Damoclès financière sur la nuque, ce n’est pas ce que j’appelle prendre de l’attitude.

  26. Benoit, le 10 avril 2008 16 h 04 min

    J’ai écouté l’album plusieurs fois et…je pense que c’est…pas très bon (6/10). “The magic is gone, clearly gone”. On pouvait déjà le sentir avec PR (7/10), mais il restait l’une ou l’autre chanson brillante et les autres meublaient. Ici, malheureusement rien d’exceptionnel. On verra bien en concert. J’aurais peut-être le déclic à ce moment. Mais, je le pensais déjà avec PR (avoir le déclic), mais ce n’est jamais venu et finalement je n’écoute toujours que les 3 premiers (c’est déjà pas si mal).

  27. C.Pt, le 10 avril 2008 16 h 34 min

    SC
    1. jalousie par rapport aux Inrocks….si tu veux le croire, oui. Passons. Parler de jalousie ou d’aigreur à ce sujet reviendrait à dire que certains médias belges, ou certains blogs belges auraient la même attitude vis-à-vis du Soir.
    par ailleurs, que dEUS, ou son managment ait choisi les Inrocks nous dépasse totalement. La stratégie du groupe, signée en Belgique sur une autre maison de disques que pour l’Europe, pourrait aussi être un élément d’explication, que tu négliges.
    2. Des arrangements, tu connais quelqu’un qui n’en fait pas? A nouveau, ce n’est plus ici une question de petits arrangements (de quoi tu parles d’ailleurs?), mais d’un contrat qui vise à intimider les médias. Je répète TOUS les médias.
    3. prendre attitude: ce n’est pas parce qu’on a fait l’interview qu’on est contraints, après, d’en faire des tonnes sur un album. Ce que j’appelle “prendre attitude”. C’est aussi ce que feront tous les autres médias, ceux qui ont signé le document comme ceux qui ont refusé l’interview. Et puis au final, on essaye surtout de penser aux lecteurs et à ses attentes supposées.
    Ce post visait aussi à ça: au cas où certains s’étonneraient de nous voir discrets jusqu’au 15 et après sur dEUS, il y a une explication derrière.

  28. hoebe, le 10 avril 2008 18 h 31 min

    euh, à propos de la so-called exclu des inrocks: de quoi parle-t-on précisément? Du bout d’interview sur le site? Ou j’ai loupé quelque chose dans le magazine même?

  29. denis, le 10 avril 2008 18 h 49 min

    oui, de l’interview qu’on peut trouver sur le site…

  30. Debbie P, le 10 avril 2008 20 h 15 min

    Finalement cette petite polémique est un bon teaser pour l’édition du samedi, ça fera vendre du journal et parler de l’album. Tout le monde sera content.

  31. Pogo, le 10 avril 2008 20 h 59 min

    De toute façon, pas d’inquiétude, puisque cet album est très mauvais (comme le précédent quoi).

    Au-delà de ça, on sait très bien que Le Soir ne démolira jamais dEUS, puisque dEUS est populaire et que Le Soir doit caresser ses lecteurs dans le sens du poil. CQFD, non ?

    Je n’ai rien contre Frontstage, plutôt sympa sur les nouveautés, mais clairement on sent qu’il y a des consignes internes pour qq trucs (non mais, le truc sur REM, groupe de hasbeens en panne sèche d’inspiration depuis 10 ans, c’était déjà scandaleux…).

    En résumé, cet article, c’est un peu : “on a pas l’exclu, on peut pas en parler, mais on a trouvé un moyen d’en parler quand même”.

    Bref, pour un avis objectif sur les “gros” groupes, changez de site…

    PS :
    @ Debbie P : je suis assez d’accord, tout le monde est content un buzz positif ou négatif reste un buzz (pour dEUS, comme pour Frontstage).

  32. denis, le 10 avril 2008 22 h 12 min

    @pogo
    quoi?? Le Soir ca serait les Inrocks belge??
    Je n’ose le croire :b

    toi, tu serais pas un nostalgique des débuts?

  33. Tonton Beber, le 11 avril 2008 0 h 09 min

    Eh bien parlez pas d’eux … alors qu’est-ce que cet article fout encore à encombrer la 1ere page du site … du balai svp

  34. SC, le 11 avril 2008 7 h 34 min

    « Parler de jalousie ou d’aigreur à ce sujet reviendrait à dire que certains médias belges, ou certains blogs belges auraient la même attitude vis-à-vis du Soir. »

    Mon dieu, Cédric, le vieil argument avarié de la jalousie qui expliquerait le pourquoi de la critique… Vous valez mieux que ça, mon vieux ! Oui, je suis journaliste et non, je ne travaille pas au Soir mais c’est le lecteur qui vous parle et vous critique ici. Imaginez que je sois coiffeur ou boucher, si cela peut vous aider à davantage croire à la sincérité désintéressée de la démarche…

    « Des arrangements, tu connais quelqu’un qui n’en fait pas? A nouveau, ce n’est plus ici une question de petits arrangements (de quoi tu parles d’ailleurs?), mais d’un contrat qui vise à intimider les médias. Je répète TOUS les médias. »

    Tu sais, je sais, tout le monde sait que l’embargo d’infos avant une date décidée par le marketing fait partie du quotidien du critique culturel et n’a que rarement posé question, aussi pour la bête raison qu’il est généralement considéré comme assez inutile de parler trop en avance d’œuvres avant qu’elles ne soient disponibles dans le commerce.

    L’album de dEUS étant déjà disponible sur le web (légalement ou non, physiquement même à la vente sur fnac.com) et des interviews du groupe ayant été publiées en France, cette
    tentative d’intimidation sur les médias belges est fantasque par son décorum (contrat, menaces, etc…) et demanderait d’être très clairement expliquée par Universal. Reste que sa logique n’est en rien extraordinaire, la demande de rétention d’infos avant date butoir étant même d’une affligeante banalité.

  35. The Mole, le 11 avril 2008 8 h 41 min

    Important, ça: “cette tentative d’intimidation (…) demanderait d’être très clairement expliquée par Universal”… Me réjouis aussi de lire l’explication des gardes-chiourmes de la major!

  36. banshee, le 11 avril 2008 13 h 42 min

    Il est très bien l’album.
    Et il y a une review dans le Morgen d’aujourd’hui.

  37. Mélissa, le 11 avril 2008 14 h 17 min

    Justement la question que je comptais poser…
    Qu’en est-il du côté flamand?

  38. C.Pt, le 11 avril 2008 17 h 54 min

    Universal Music assortit embargo de 25.000 euros d’astreinte
    Pour la première fois, Universal Music Belgium a assorti l’embargo frappant l’interview de Tom Barman (leader du groupe belge dEUS) d’une astreinte de 25.000 euros, si l’embargo n’était pas respecté. La maison de disques justifie sa démarche par le souci “d’éviter la guerre entre les médias“. L’AGJPB quant à elle estime qu’il aurait fallu “un boycottage collectif” de l’interview.
    Lundi dernier, les journalistes venus interviewer le chanteur de dEUS à l’occasion du nouvel album du groupe se sont vu proposer un contrat dans lequel ils s’engageaient “à ne pas publier cette interview (ou une partie de cette interview) avant la date du mardi 15 avril 2008″ et “à payer à l’artiste des frais de dédommagements -à savoir un montant de 25.000 euros- en cas de non respect de cet embargo“. (Belga)

  39. banshee, le 11 avril 2008 20 h 11 min

    du côté du Morgen, c’est la même réaction désabusée face à l’énormité du “contrat des 25000″ en tout cas ;-)

  40. SC, le 11 avril 2008 20 h 43 min

    Désabusée certainement mais expliquant sinon aussi très clairement que c’est pour préserver l’exclusivité nationale de l’interview dans Humo que cette manoeuvre a été sortie du chapeau.

    Et les exclus préservées par les labels pour Humo, c’est pas nouveau-nouveau, hein…

  41. Le Soir, le 12 avril 2008 10 h 46 min
  42. Pourquoi on publie finalement dEUS :frontstage, le 12 avril 2008 11 h 57 min

    [...] scepticisme est évidemment au rendez-vous par rapport à notre initiative de renoncer à publier quoi que ce soit sur l’album de dEUS jusqu’au 15 avril. Et sans doute plus grand encore [...]

  43. Serge Coosemans, le 12 avril 2008 16 h 30 min

    Le boycott est à la mode, je vois.
    Il est où mon commentaire de ce matin?

    Cliquez sur le nom, olé…

  44. domeniko, le 13 avril 2008 11 h 05 min

    Hum, publier l’interview le 12 c’est bien, dire qu’ON va balancer la purée, c’est de bonne guerre et ça gonfle les corones de celui qui s’exprime. Mais ce que je me demande, c’est pourquoi le principal intéressé (celui qui dit JE me suis énervé et MA parole n’a pas suffit, celui qui, je présume, à signé le dit contrat) signe l’interview, mais délègue la tâche du coup de gueule à Daniel Couvreur. Quand JE suis vexé et que JE m’énerve, JE ne demande pas qu’ON vide mon sac à MA place…

    Enfin, je suppose qu’il y a une stratégie là derrière également de la part du journal Le Soir et que la fameuse liberté de la presse tient gentiment sa place dans tout ça. Ce n’est certainement pas elle qui décide de toute façon…

    Toute cette affaire m’a donné envie de participer aux discussions de Fronstage, bien plus relevées que sur la plupart des sites culturels (et je sais malheureusement de quoi je parle)…

  45. Aurore, le 15 avril 2008 13 h 05 min

    Bravo!
    Je tiens à féliciter ce cher Tom Barman ( et toute son équipe!) qui disait en 1994 (lorsque, bien sur dEUS n’était nulle part et se faisait traiter de “groupe de merde new age” par certaines de mes connaissances dans le milieu de la prod., qui avaient, je l’admets, tort!…)

    je cite; lors d’un concert à Marchin:

    “ouais nous on se prend pas la tête, le fric on s’en fout!” (comme tout le monde, mon grand!, je serai encore plus pauvre, je serai encore plus heureuse et épanouie! pas vous? Tout cet argent, argh!!!)

    “signer des contrats de fous, grosses majors, etc… c’est pas notre truc…!” Moi non plus jte rassure c’est pas mon truc, Tom. Je préfere de loin rester chez Budget-Bac-De-Bière Production et faire des méga-tournées dans des lieux que même ton gps y connait pas: villers-le-bouillet, bas-oha, vyle-tharoul (sur le terrain de foot le dimanche quand y a pas brocante), molue, ben-ahin (derriere la maison des jeunes, y fait super crade, c’est cool, avoir l’air pauvre c’est tendance dans le milieu cookaïno-alcoolo-cool du rock belge!)

    Enfin bon, les pauvres…! peuvent penser certains…
    Ils n’ont plus le choix, universal décide de leur carriere… Aaah! ne plus être maître de son propre destin…!Misere! Snif!

    Ben fallait ptêtre lire son contrat avant de le signer, non?
    j’imagine déja la scène:
    “Youhooooouuuuu!!! Universal nous propose un contrat , vite faut qu’on fasse une croix en bas dla page pour être sur que ça ne nous passe pas sous le nez!”.

    Mais sans rire, si ils voulaient vraiment rester “simples” (oui je sais, le fric, c’est comme les “Léo”, personne ne résiste à son appel!)ils feraient comme les 3/4 des groupes belges: de l’auto-prod! Quand on s’appelle dEUS en 2008, ça devrait pas poser trop de problèmes! Je pense pas qu’ils aient besoin de faire la file d’attente à la communauté française pour un subside…(en plus, etre leurs propres producteurs = €€€!, si c’est ça qui les tracasse!)

    En gros, tant pis pour eux. Ils vont se rendre antipathiques aupres de toute la presse belge ainsi que de leurs ex-futurs éventuels acheteurs (ou clients, ça dépend comment on voit les choses. )
    Bin fé pot’ gueue! Voilà, c’est dit!

    Boycott? Pourquoi pas mais on parlera encore plus d’eux gratuitement. Ce serait con!, vu que le but n’est absolument pas là…

    Mais un gros “Allez vous faire fou***!” en gros titre d’un quotidien belge, j’avoue que ça me ferait bien marrer!!! ;-)

    ps: je continue à penser, néanmoins, que c’est un tres bon groupe!!!

  46. Zinneke, le 15 avril 2008 18 h 34 min

    Les conneries à la belge continuent de plus belle je vois – y’a vraiment que dans ce petit pays mesquin que le sport national semble être le tir de balle dans le pied et l’auto-dénigrement. Infantile.
    Alors que justement on a une occasion en or de célébrer ce qui va bien dans ce pays, sa richesse artistique! Car oui Vantage point est excellent, n’en déplaise aux habituels pisse-vinaigres. Il n’y a pas un morceau à jeter, et le groupe continue d’avancer (au lieu de faire du sur-place et de répéter indéfiniment ce qu’il a déjà fait, ce que visiblement souhaiteraient certains vieux fans aigris – ça me rappelle l’attitude vis-à-vis de chaque nouvel album de Radiohead tiens).
    Bref, les chiens aboient, la caravane passe. En force.

  47. Beaucoup de bruit pour pas grand chose : l’”affaire” dEUS vs/& Le Soir /  Music Box Off, le 24 août 2010 11 h 56 min

    [...] et références : le billet original et la justification du changement d’avis (Frontstage), l’assez prétentieux édito de [...]

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