Vampire Weekend hante les nuits

En attirant 30.000 festivaliers en treize jours, Les Nuits Botanique ont battu leur record d’affluence.Comme l’a dit samedi, sur la scène de l’Orangerie, Ezra Koenig, le chanteur de Vampire Weekend, leur concert d’octobre dernier au Witloof Bar, en première partie de Los Campesinos, était tellement mauvais (en raison de la fatigue), qu’il s’agissait bien pour eux de leur premier vrai concert belge, aux Nuits.

Il en est allé de même pour le public qui a découvert cette année seulement cet album qu’on peut déjà considérer comme un des plus beaux parus en 2008.

Vite complet, ce concert, programmé en dernière minute, était en quelque sorte le feu d’artifice de clôture d’un festival qui fermera véritablement ses portes ce dimanche, avec le concert Sonic Cathedral de l’Ensemble Musiques Nouvelles. La prestation de Vampire Weekend, qu’on reverra avec plaisir à Werchter le 3 juillet, fut forcément courte. Le temps de jouer tout l’album et un inédit, tout était emballé pesé en 50 minutes. Tout s’est passé tellement vite pour le groupe new-yorkais formé il y a deux ans à peine par quatre étudiants de la Columbia University, qu’ils n’ont pas encore eu le temps de répéter sérieusement des reprises. C’est du moins ce que nous avouèrent, avant le concert, Ezra et le batteur Christopher Tomson.

Vite parrainé par David Byrne qui a retrouvé en leur musique les effluves des premiers Talking Heads,Vampire Weekend séduit de prime abord par ce soin apporté à des mélodies fortes et fraîches mêlant la simplicité à des sonorités et des rythmiques world. Sorte de croisement entre Arcade Fire et Beirut, Vampire Weekend (un nom tiré d’un petit film d’horreur qu’Ezra n’a jamais terminé) nous rappelle le meilleur d’une new-wave prônant le retour à la sobriété dans un bouillon culturel très contemporain. Eux quatre ne pouvaient bien sûr restituer la finesse des arrangements pour cordes signées en studio par Rostam Batmanglij, le claviériste.

Mais la voix d’Ezra et son jeu de guitare guilleret, quasiment caribéen, suffirent à nous faire passer un très bon moment. Sans prétention mais avec juste l’envie de partager de jolies chansons qui, en plus, sont tout à fait dansables, comme l’a prouvé le très swing « A-punk ».

Précédait Vampire Weekend, l’Anglais frYars qui nous rappelle, en solo, avec ses machines, le début des années 80 électros. Sa voix et la qualité de ses mélodies nous donnent juste envie de le revoir avec davantage de moyens. On aura d’ailleurs remarqué cette année qu’ils sont de plus en plus nombreux, les artistes, à se produire seuls, pour des raisons économiques évidentes.

Un problème que n’a visiblement pas Man Man, les cinq Philadelphiens complètement déjantés, qui, habillés tout en blanc, se prennent pour une fanfare balkanique, quitte à remplacer les cuivres par des borborygmes. On a également eu le temps de voir, au Chapiteau, ces demoiselles Thao Nguyen (fort jolie rockeuse) et Constance Verluca qui rivalisait également de sensualité, et pas seulement en reprenant « Love me tender ».

Ainsi se terminent des Nuits Botanique qui auront donc bénéficié, plus que souffert, du beau temps. Paul-Henri Wauters, le maître d’œuvre, en tire en tout cas un bilan très positif : « De nombreux concerts furent sold-out comme Vampire Weekend, Ez3kiel, Camille, Dionysos, Girls in Hawaii, Soko, Jamie Lidell, The Do, Sébastien Tellier, Moriarty, The Teenagers, … Mais on a remarqué cette année que beaucoup venaient juste pour l’ambiance dans les serres et dans le jardin. En collaboration avec la commune de Saint-Josse, des stewards, qui faisaient de la prévention, nous ont permis de ne déplorer aucun incident. Ce qui n’est pas rien quand on attire 30.000 personnes dans ce qui est tout de même une des communes les plus pauvres du pays. On récolte aussi le fruit d’un travail de vingt ans, avec une équipe rôdée qui a fait en sorte qu’il n’y eut aucun retard horaire, et du côté des artistes, aucune annulation. Le beau temps nous a sans doute aidés, même si on a senti, durant le week-end de Pentecôte, une petite baisse, mais dans l’ensemble on peut être très satisfaits par cette édition dont la réussite repose sur des découvertes plus que des têtes d’affiche ». Pari réussi donc…

THIERRY COLJON


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3 commentaires

  1. Alfred

    18 mai 2008 à 19 h 45 min

    Et Pauline Croze, c’était comment ? Son concert d’il y a quelques mois s’était avéré un peu décevant. Je me demande comment était celui-ci…

  2. pilou pilou

    18 mai 2008 à 23 h 40 min

    Cher M. Coljon,

    Je pense que le temps est venu de prendre votre retraite et/ou d’arrêter de picoler. Comparer la musique de vampire weekend avec Beirut, Arcade Fire et la new-wave c’est n’IMPORTE QUOI ! En utilisant ce genre de comparaisons faciles et à coté de la plaque, on ne peut que sérieusement douter de votre connaissance de la culture pop rock (au sens très large). SVP, occupez vous de la variet’ et laissez la rock, la pop et ses dérivés à des connaisseurs.

  3. Patou

    20 mai 2008 à 14 h 41 min

    Sont-ils moqueurs ces jeunes blanc-becs… (voir pilou pilou) C’est parce que vous avez mentionné des groupes plutôt contemporains, M. Coljon, que vous vous êtes (un peu) éloigné des ressemblances pourtant flagrantes avec d’autres groupes. Mais c’est par retenue et pour ne pas noyer cette belle jeunesse d’érudition que vous n’avez pas cité Meat Loaf, Fischer-Z et Fleetwood Mac comme influences évidentes du quator new-yorkais!

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