Born to be wild

C’est ce lundi sur Frontstage/, pour la session, et peu de temps après pour l’interview de Luke Lalonde, chanteur de Born Ruffians, qui sort ces jours-ci son premier album “Red, Yellow and Blue”.

En voiture sur le ring de Bruxelles, le chanteur du groupe de Toronto sort le grand jeu avec une interprétation minimaliste et troublante de “Barnacle Goose” et de “I Need A Life”.

A voir et écouter avant leur concert de ce mercredi au Botanique.

Il a l’air de rien comme ça. Un peu chétif. Limite timide. Luke Lalonde semble toutefois avoir le don de se retrouver dans des situations incongrues. Moins de deux ans après la sortie du premier EP de ses Born Ruffians, le jeune guitariste/chanteur/songwriter canadien a déjà échoué sur un gâteau d’anniversaire (« une fan nous avait pris en photo à San Francisco. C’est flatteur et en même temps bizarre. Je n’aurais jamais imaginé un inconnu sur un des mes birthday cake. Sur les miens, j’avais des Power Rangers et des Tortues Ninja. ») et dans une risque à Manchester à l’occasion de Glasgow Rangers – Zénith Saint-Pétersbourg en finale de l’UEFA (« les supporters étaient saouls, ça a vraiment chauffé. Un flic s’est fait frapper si fort qu’un écouteur lui a transpercé l’oreille au point de nécessiter une opération chirurgicale »). Elle est belle et folle, n’est-ce pas, la vie de rocker. Et elle ne tient pas à grand-chose.Court flash-back. Avec son cousin Mitch Derosier et le batteur Steve Hamelin, Luke, fatigué par les auditions, désespère de trouver un chanteur quand il fredonne « Rocky Raccoon » des Beatles devant ses deux comparses, sous le charme.Luke a très tôt chanté dans des chorales où il a appris à ouvrir grand la bouche et à respirer avec son estomac… D’où, dit-il, sa voix. Une voix qui rappelle Gordon Gano (Violent Femmes), Alec Ounsworth (Clap Your Hands Say Yeah) et David Byrne. « J’éprouve énormément de respect pour les Talking Heads et leur carrière. Ils ont réussi à grandir en avançant artistiquement. Au début, je dois bien l’avouer, j’essayais d’imiter John Lennon, Julian Casablancas (The Strokes) et mon père. Il a emmené quelques groupes dans les années 60 et 70. Du rock à la Led Zep. Il a même sorti un truc chez Atlantic Records du nom de Wireless. Un jour, j’ai trouvé son disque dans un magasin d’occase. Il portait une combinaison de Superman sur la pochette et il avait plein de cheveux… Tout ça pour dire que j’ai grandi avec du classic rock. Mes vieux étaient ados dans les sixties. »Luke a donc été bercé par Bruce Springsteen, Neil Young, les Rolling Stones, les Beatles… « J’en remercie mes vieux mais le problème, c’est qu’après il te faut une cure de désintox. Combien de groupes aujourd’hui n’arrivent pas à se défaire de cet héritage ? Notre plus grande crainte, c’est d’ennuyer. »

Les Ruffians ne sont pas du style à se le péter mais ils ont apparemment le chic pour s’entourer. Leur manager s’appelle Leila Hebden et n’est autre que la sœur de Kieran, alias Four Tet. Elle leur a permis il y a deux ans de signer sur le recommandable label Warp. « Ca peut sembler surprenant certes. Mais Warp ne fait pas que dans l’électro. Warp essaie de se diversifier et enrôle de vrais groupes. Avec des instruments. Je pense à Battles, Maxïmo Park, Grizzly Bear. »

Le producteur des lascars, lui, répond au doux nom de Rusty Santos. L’homme qui a mis en boîte le « Sung Tongs » d’Animal Collective. « J’ai détesté cet album quand je l’ai entendu pour la première fois mais un an plus tard, j’étais totalement sous le charme. Il a fallu que la pièce tombe. Que mon cerveau comprenne ce qui était en train de se passer. J’aimerais que Rusty s’investisse davantage encore dans notre prochain disque. Qu’il devienne en quelque sorte le quatrième membre du groupe. »

En attendant, les Born Ruffians défendent leur première plaque en Europe. Une plaque sur laquelle les voix divaguent, dérapent, déraillent.

« J’aime bien les harmonies vocales à la Beach Boys mais je préfère ce qui vient des entrailles. Les trucs plus spontanés qu’écrits. Un peu comme The Band, Akron Family… »

Les petits gars ont du goût. « On n’est pas vraiment des durs, conclut Luke, la tête froide. Mon Ruffian préféré à vrai dire, vient du cinéma. C’est Matt Dillon dans Rusty James. » Pour rester dans la filmographie de Coppola, les Canadiens tiennent plutôt des Outsiders.

Julien Broquet

Album : Red, Yellow and Blue (Warp).

En concert mercredi à la Rotonde.
http://www.myspace.com/bornruffians


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3 commentaires

  1. Av

    4 juin 2008 à 0 h 25 min

    J’adore Luke Lalonde

  2. Pingback: Julien Doré en ukulélé session | frontstage

  3. leona

    30 octobre 2008 à 0 h 37 min

    Bon ben sur cette vidéo-là vous étiez plutôt inspirés non? Ca ressemble étrangement beaucoup à ceci: http://www.blackcabsessions.com

    En manque d’idées?

    A part ça: vive les Born Ruffians!

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