Julien Doré, l’ersatz grand luxe

Ce mercredi soir, on saura si Amandine ou Benjamin sera la Nouvelle Star. L’« ancienne », Julien Doré, publie un excellent CD avec Arno, Christophe et Cocoon. Rencontre, avant de le retrouver pour une Ukulélé Session très bientôt.


Il est difficile de rester indifférent à un programme télévisé comme La Nouvelle Star sur M6 – dont la finale a lieu ce soir (via Plug TV en Belgique) -, quand des personnalités aussi fortes que Christophe Willem (2006) ou Julien Doré (2007) en sont sorties.
Qui d’Amandine ou de Benjamin l’emportera ce soir ? Quand on demande l’avis du dernier vainqueur, Julien Doré, qui sort son premier album, Ersatz, ce 16 juin, celui-ci botte en touche : « Gael Monfils ou Federer ? La France ou l’Italie ? Ils sont tous sympathiques. Je préfèrerais qu’ils décident d’un commun accord, avant l’émission, d’en rester là. Par respect pour les anciens. Ce mercredi, je serai en coulisses avec une carabine à plombs… ».

Vous l’aurez compris : Julien Doré est un allumé. Déjà qu’il reprenait Alizée en version destroy (« Moi, Lolita ») tout en rendant hommage à Sharko à l’ukulélé, cela ne s’est pas arrangé depuis. Julien Doré est de ces ovnis qui font tout le charme de la musique d’aujourd’hui. On peut dire néanmoins que le jeune interprète déjanté était attendu au tournant avec ce premier album prévu par contrat. Intelligent, le Cévennois d’Alès, issu des Beaux-Arts de Nîmes, a pris son temps pour débarquer avec un disque réalisé en compagnie d’Arno, de Christophe et de Cocoon : « Je sens qu’il y a une grande attente et en même temps beaucoup d’aigreur de la part de journaux formatés qui me fascinaient déjà en tant que lecteur. Je vais demander l’asile politique en Belgique. Moi, ma ligne de conduite n’a pas changé, je n’ai pas retourné ma veste. »

On peut en tout cas dire que le nouvel olibrius de la chanson française ne ménage pas sa peine. La semaine dernière, à Bruxelles, en deux jours, il a enchaîné pas moins de trente interviews, avec une docilité et une gentillesse hors du commun. Julien Doré, rockeur rebelle vendu à la télévision commerciale ? Certains n’hésitent pas à rappeler qu’il avait déjà tenté sa chance à la Star Academy avant de réussir à la Nouvelle Star. En Belgique, on imagine mal Sharko ou Jeronimo en faire autant : « Je faisais de la musique, avec mes groupes Dig Up Elvis et Jean D’Ormesson’s, avant la Nouvelle Star qui a changé ma vie mais pas moi. Je me suis inscrit au casting de la Star Ac’ dans le cadre de mon mémoire aux Beaux-Arts. Je n’ai pas été retenu mais j’ai prétendu le contraire à la presse locale dont j’ai repris les coupures. C’était ça le concept. Ensuite j’ai vendu mon diplôme sur ebay ».

Doré chez Drucker ?

Quand on sait que Julien s’est tatoué sur la peau les noms de Marcel Duchamp et Jean D’ormesson’s, on aura compris que le dadaïsme fait partie de son univers et qu’il assume absolument tout : « J’en ai marre que la télévision parle aux gens comme à des abrutis. Je n’ai pas à m’excuser d’avoir parlé à la télévision d’artistes qui intéressent les jeunes de ma génération. Je pense que les choses changent aujourd’hui. Gonzales va chez Fogiel et Sébastien Tellier chez Cauet. Pourquoi je n’irais pas chez Drucker ? Du moment que je ne me transforme pas. Tout est dans la manière. Je fais partie des gens bercés par la télévision et qui y vont pour s’amuser. Ce n’est pas bien grave ».

D’autant moins que Julien nous revient avec un disque réellement réussi. A la fois séduisant et audacieux, personnel et très bien écrit. Auteur de la moitié des compositions, Doré prouve à ceux qui en doutaient encore qu’il est bourré de talents et, qu’à l’instar d’un Christophe Willem, il est là pour un bon bout de temps. « Les limites », le premier single, est dû à la plume du méconnu David Scrima, avec Rémy Bricka pour le clip. Déjà un tube. Alors que le duo avec Arno (« De mots »), la reprise de Gainsbourg (« SS in Uruguay »), les deux textes en français de Cocoon (« Acacia » et « Les figures imposées ») et les deux titres chantés avec Christophe (« Bouche pute » et « Pudding morphina ») sont autant de bonnes surprises : « Comme il avait aimé ma reprise des « Mots bleus », Christophe a demandé à me rencontrer. Arno, ça s’est fait via l’éditeur de Miossec et Cocoon, c’est à un de leurs concerts que j’ai fait leur connaissance. J’ai travaillé avec les gens que je voulais. C’est pour ça que j’ai demandé à être sur le label Jive, de Sony BMG et pas sur Epic ou Columbia. J’avais peur des connections d’éditeur. J’ai pu faire le disque que je voulais. Je ne me voyais pas travailler avec Zazie, par exemple. Même si je serai heureux d’en vendre 800.000, comme Christophe (Willem). Si j’y arrive, j’en serai d’autant plus content car je n’ai rien fait pour. David Scrima, je connaissais ses dessins et c’est lui qui m’a fait écouter ses chansons. Il a une chouette façon d’écrire. Rémy Bricka, je l’adore. Plus il acceptera de me rejoindre, en télé ou sur scène, plus il sera le bienvenu. C’est rare de voir quelqu’un traverser les années et toucher les générations avec le même look. Personne ne peut en dire autant. »

THIERRY COLJON

Julien Doré sera avec son groupe Dig Up Elvis au festival de Dour, le 17 juillet.
L’album Ersatz, de Julien Doré, sort ce 16 juin sur Jive (Sony BMG).


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4 commentaires

  1. Sonia Weishaupt

    10 juin 2008 à 16 h 31 min

    Quand l’ersatz est plus original que l’original, c’est Julien Doré.
    Merci, vielen Dank !

    Sonia

  2. Anna

    10 juin 2008 à 21 h 08 min

    ITW très très bien : questions intéressantes, réponses intelligentes!!
    Vivement Ukulélé Session avec Julien Doré!

  3. Chris

    11 juin 2008 à 12 h 14 min

    Fan de Led Zep, Doors, Heels, Pink Floyd et pourtant impatient de Youtuber Mr Doré le 16. Bon vent l’ami – rdv en Belgique

  4. Pingback: Julien Doré en ukulélé session | frontstage

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