HUMEUR : Konono n°1, clandestino?

Le thème du Village ONG, rebaptisé Solidarity Village, était cette année, à Couleur Café, Clandestino, l’émigration Sud-Nord. Un sujet d’actualité brûlante, comme s’en est rendu compte le festival bruxellois, avec l’annulation du groupe congolais Konono nº1. La raison de cette défection ? Les artistes n’ont pu obtenir leur visa. Comme s’ils étaient de dangereux candidats à la vie de sans-papiers illégaux sur le territoire européen. Le groupe Kasaï Allstars, managé par la même agence belge, Divano, de Michel Winter, a dû lui aussi annuler sa tournée européenne. Le dommage économique pour ces artistes, leurs familles et tous les métiers qui les entourent, est énorme. La Forteresse Europe se montre bien aveugle et sourde à l’art quand il s’agit de limiter drastiquement l’immigration illégale.

C’est vrai que lors de la dernière opération Yambi montée par la Communauté française, une trentaine de musiciens congolais ont disparu dans la nature, entrant dans la clandestinité. Chat échaudé craint l’eau froide ? C’est oublier que tant Konono nº1 que le Kasaï Allstars sont des groupes reconnus internationalement. Signés par le label belge Crammed Discs, ils se produisent dans le monde entier depuis des années. Konono a été nominé aux Grammy Awards pour leur premier album.

C’est beau de voir les ministères de la Culture européens parler de métissage, multiculturalité, tolérance et ouverture sur l’autre, mais toutes ces belles paroles s’envolent comme grains de sable au vent si les artistes des pays dits « du tiers-monde » ne peuvent plus se produire chez nous. S’agit-il par la même occasion de vivre entre nous, Européens blancs-bleus belges, en ne laissant plus rentrer les dangereux envahisseurs ?

Il serait temps que les ministres de la Culture s’entretiennent avec leurs homologues diplomatiques pour que leur travail ne soit pas rendu caduc par des règles protectionnistes et frileuses qui ne tiennent compte de rien. Il est de notre devoir d’aider les artistes du monde à vivre de leur art. On appelle cela de la coopération.

THIERRY COLJON


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1 commentaire

  1. Jm

    29 juin 2008 à 2 h 07 min

    Qu’en pense M.Dewael,
    ministre responsable de l’administration
    ici en cause?
    il y a dix jours, il était tout fier d’inaugurer
    “it ‘s not only rock’n roll baby” à bozar…
    dans la salle même où trois plus tôt
    Konono n°1 mit le feu!

    décidément, tout ça n’est pas très rock’n roll!
    ou alors justement si… une triste histoire de blancs…

    et pour répondre à M.Coljon, il ne s’agit pas ici
    d’une affaire de coopération, mais d’apartheid et d’inégalité de droits!

    honte!

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