Neil Young met Werchter à terre

Neil Young Werchter 2008 Photo Sylvain PirauxOn aurait dû, quelque part, s’en douter. Neil Young n’est jamais loin du coeur et on avait peut-être un peu vite cru qu’on ne flancherait pas aux premiers accords décochés par le vieux cow-boy.

Le concert en images

Sans doute avait-on présumé de l’effet “Young”, échaudé par l’effet tête d’affiche de R.E.M., plombant en première soirée de festival. L’essentiel étant, précisément, de se remettre en selle au bon moment, chauffé par Richard Ashcroft et The Verve, qui ne s’était guère trompé en clamant sa joie de jouer avant le meilleur songwriter de la planète.

Et de se trouver emporter dans une épopée guitaristique comme Werchter n’en connaîtra plus durant ce week-end, deux heures durant. Parce que si le Loner arrive en retard, il a la politesse d’honorer son contrat jusqu’au bout. Jusqu’au bout du manche de ses guitares et de la patience de son public, pour rendre les armes à 23h20, après une dernière salve de riffs.

Premiers moments de faiblesse sur “Hey Hey My My” et “Everybody Knows…”,  qui prennent d’emblée à la gorge. Neil, en famille, guitare, harmonica, harmonium, entouré de son petit monde, est dans un tout grand jour. On versera pluie de larmes pendant la parenthèse plus acoustique de “The Needle and The Damage Done”, “Unknown Legend” et le splendide “Heart Of Gold” avant, encore, “Old Man”. Dans les détails aussi, Neil touche avec ses tableaux peints à la main qui annoncent chaque nouvelle chanson.

On aurait jamais dû douter de la force émotionnelle du grand Young et des ses compos gravées dans l’éternité. Rien à faire, le Loner – rescapé de toutes les vagues, dernier parmi les grunges – est le plus grand. Ce n’est pas maintenant qu’on y changera grand chose.

setlist

Love And Only Love
Hey Hey, My My
Everybody knows This Is Nowhere
Spirit Road
I’ve Been Waiting For You
All Along The Watchtower
Oh, Lonesome Me
Mother Earth
The Needle And The Damage Done
Unknown Legend
Heart Of Gold
Get Back To The Country
Words
No Hidden Path
A Day In The Life


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4 commentaires

  1. Zeppy56

    5 juillet 2008 à 2 h 44 min

    Je n’y étais pas et je le regrette…
    Neil Young, pour moi, est un grand….

  2. cedric

    5 juillet 2008 à 9 h 39 min

    AHHHHH oui !!! Quel concert, certes en plein air devant des milliers de personnes, mais quelle démonstration pour les générations passées, présentes et futures ! UN GRAND MONSIEUR !

  3. Pingback: Il y a une vie après Neil Young | frontstage

  4. David No

    8 juillet 2008 à 16 h 52 min

    Neil Young entre The Verve et Moby à Werchter 2008. Quand j’ai joué des coudes pour aller voir le vieux Neil de tout près, je dois avouer que c’était par curiosité. Un peu à l’image de cette foule immense gavée de supergroupe. Après les showlights infernaux et les Vjaying qui se comtemplent à trois cents mètres, attendre Neil Young avait quelque chose de complètement anachronique. Voir arriver sur la grande scène un piano tout pourri, une petite sculpture d’indien mal dégrossie en bois et d’autres vieilles rambardes à ampoules avec des peintures sur toiles qui illustrent les morceaux. On aurait cru un cirque itinérant en faillite qui vidait son vieux camion en plein air pour une brocante. La légende s’est bien fait attendre aussi. En plus, Neil Young a eu une rupture d’anévrisme il y a trois ans et on se demandait sérieusement s’il pourrait remonter sur scène un jour. Quand il est enfin arrivé avec ces musiciens, une bande d’apaches blancs entre soixante et quatre-vingts ans, j’ai sérieusement craint le pire. Mais mon cynisme railleur en a pris pour son grade. Et c’est peu dire. J’ai pris une bonne vraie claque de rock’n roll en pleine figure. Neil Young a fait vibrer sa guitare comme s’il avait vingt-cinq ans en sautant sur la scène comme un forcené. Passant de la poésie déchirante la plus pure à des riffs qui renvoient le petit pop-rock actuel aux oubliettes. Après le concert, alors que les techniciens commençaient à démonter, c’est le seul musicien qui a obtenu un tel rappel du public. Un rappel survolté. Neil Young est un météore hallucinant de l’histoire de la musique rock.

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