Mur du son en ouverture des Eurockéennes

aplacetobury.jpgA Place To Bury Strangers. Un nom qui sonne, qui claque plutôt, comme un avertissement à l’entrée d’un patelin mal famé d’une Amérique aride et hostile dans un décor de western crépusculaire. C’est le nom que se sont choisis Olivier Ackermann et les siens pour enterrer, si pas tous les étrangers croisés sur leur chemin, au moins nos tympans mort explosés sous des déluges de décibels sales et méchants. Mais qu’on ne s’y trompe pas : sous les strates de guitares lourdes, bruitistes, crasseuses, vicieuses et viciées, palpitent, le souffle court, de purs joyaux de mélodies rêveuses et éthérées. Un cocktail à la puissance émotionnelle ravageuse qui, dans ses meilleurs moments, rappelle les plus belles heures du shoegazing (même si le groupe est loin de se limiter a ce seul carcan).

Un concert de A Place To Bury Strangers ça se vit tout devant, la tête scandant nerveusement les rythmiques de plomb, les oreilles malmenées par les déferlantes de son brut et cracra. Pourtant, en début de soirée de ce premier jour des Eurockéennes ici à Belfort, on trouve le groupe limite gentil. Evidemment ici la gentillesse est toute relative mais quand même, on s’attendait à plus méchant. Il s’agirait tout de même de ne pas trop faire les malins car, passés deux-trois morceaux de chauffe, le fulgurant Don’t Think Lover, deuxième plage d’un premier album éponyme sorti l’an dernier, met le feu aux poudres. S’en suivra une série impressionnante de vilaines claques qu’on se ramasse dans la tronche, masochistes ou terriblement consentants c’est comme on voudra, au rythme de notre bon vouloir: tendant une joue et puis l’autre avec un même plaisir, même pas coupable, sans cesse renouvelé. On nous avait pourtant prévenus… Et la presqu’île du Malsaucy de trembler tandis que le groupe new yorkais finit de donner raison, et de quelle manière, à sa réputation de groupe le plus bruyant sur scène du moment.

Le festival a à peine commencé que nos esgourdes sont déjà en charpie. Heureusement, le programme des heures et jours à venir promet quelques douceurs aux vertus, on l’espère, profondément apaisantes. Mais pour l’heure, diantre, qu’est-ce qu’on a eu bon ! Et s’il faut endurer les acouphènes, alors ce sera comme autant de réminiscences étincelantes d’un concert de toute façon mémorable. (N.Cl)

http://www.eurockeennes.fr

http://www.myspace.com/aplacetoburystrangers


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