Vanessa Paradis et ses mercenaires d’enfer

francofolies29.JPGUne fois évacuée l’interrogation cruciale sur la présence ou non de J. D. aux côtés de sa belle – la réponse étant “non”, quoi qu’ait pu affirmer Jean Steffens avec un art consomme du marketing, le cours des choses allait pouvoir reprendre sur la scène Pierre Rapsat. En musique. Avec Thomas Dutronc et Vanessa Paradis à la baguette.

Des musiciens, et tout au long de la soirée, une place qui leur est entièrement dédiée, où finalement plus rien d’autre ne semble devoir jouer que les instruments. C’est l’invitation lancée hier par les deux têtes d’affiche de la scène Pierre Rapsat. On ne dira pas autre chose, d’ailleurs, de celle de Philippe Lafontaine, qui a joué le concert de sa vie à Spa, seul à la guitare, ni de Stéphane Eicher , parfait lui aussi en troubadour en balade dans son répertoire, sobre et poignant.

Thomas Dutronc, donc, qui s’il n’a pas pris son public par surprise, lui a offert comme à l’habitude une prestation heureuse et festive. Avec un premier versant chanson français, pour chauffer la foule et tenter de lui faire croire qu’il “n’aime plus Paris”, joliment enlevé. On se trémousse gentiment encore sur “Jeune je ne savais rien”, avant d’aborder le côté plus nostalgique des choses pour “Solitaire”, sans Marie Modiano, mais porté pour la seconde voix par le guitariste Raphaël. Ceux-là savent jouer, ils savent aussi causer. Et Thomas de lancer son “Des frites, bordel”, actualisé au goût du jour, le fiston Dutronc déclinant son refus du surgelé à la mode belge: “Le Roi, les premiers ministres, les médiateurs sont surgelés” et rêvant à “une grande frite sur laquelle nous pourrions nous pacifier“. Le spectacle est aussi visuel que musical, et l’on plaint ceux qui devaient se contenter de la radio, hier.

Parce que Thomas et son groupe ne renient pas leurs racines manouches et jazz, qui ressurgissent en fin de concert. Et là, ce n’est pas qu’on ne rigole plus, c’est l’enchantement musical, avec un quintet virtuose.

On ne sait ce qui nous a pris de vouloir passer, dans l’intervalle avant l’arrivée de la Vanessa, faire un tour du côté du Dôme Fortis, pour y voir Ben Ricour dans ses oeuvres. Non que celui-ci démérite, tout au contraire, entamant les hostilités avec “Dans la plaine”, pieds nus, voix éraflée, rythmes dans la peau, les poursuivant avec une “Complainte du mammifère” emballante. Surtout, on avait négligé le détail qui tue: traverser le village Francofou à cette heure tient du parcours du combattant. Des conditions dans lesquelles il paraît en tous les cas compliqué d’apprécier à sa juste valeur le concert des Girls In Hawaii.

Extirpé de la foule, on fonce vers la place de l’Hôtel de Ville où Vanessa a déjà commencé à se dandiner et à susurrer ses couplets. Si on se promet de dénicher la setlist du concert, ce n’est finalement pas tellement les chansons en soi qui retiennent l’attention, ni le souffle de voix de Vanessa. Ni, non plus, ses interminables ondulations. Mais, comme pour Dutronc, le bonheur musical d’entendre Mathieu Chédid vous enrober tout cela de riffs de guitare, ou Albin de la Simone marteler son piano des îles. Savamment dosé, le concert replonge jusqu’à “Be My Baby” ou revisite “Joe le Taxi” (“une petite nostalgie heureuse” dixit Paradis), invite à la douceur avec “Junior Suite”, se mue en un show guitaristique de M- engoncé dans un très seyant melon noir. Vanessa n’a pas grand chose à dire à son public (quelques “ça va?” pour prendre la température, maternelle). Alors, elle se tait, et laisse causer les instruments. On ose espérer qu’un Calogero s’inspirera de cette leçon de bonne conduite, ce samedi. Hum… (C.Pt)


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5 commentaires

  1. piret brigitte

    19 juillet 2008 à 11 h 44 min

    J’ai juste des chansons à vous faire découvrire.Je suis chanteuse auteur compositeur Belge Videos etMp3 sur mon site.Aussi un livre de poesie à slamer “Papillons” bon écoute. Et je vous souhaite des bons Festivals…..

  2. piret brigitte

    19 juillet 2008 à 11 h 45 min

  3. Yves

    19 juillet 2008 à 13 h 23 min

    Vanessa paradis avait assez peu de contact avec le public, on aurait dit qu’elle était la contre son grés, elle a fait une prestation minimum, manquerait plus que ca, mais on puvait comparer avec obispo l’année derniére, qui lui était chaleureux. vanssa la musique bien mais le charisme bof

  4. Baboune

    19 juillet 2008 à 20 h 24 min

    Joli concert mais un peu trop longs les rifs et elle avait l’air de s’ennuyer pendant … Par contre sympa de se balader de gauche à droite, tous ne le font pas . Ma préférence va quand même à Calogéro que j’ai vu à Brxelles et qui est vraiment top.

  5. Pingback: Vanessa a son coin de Paradis | frontstage

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