Fringale, hamac et groupe de Hoof à Dour

Chrome Hoof à Dour« Celui qui attaque dans les Pyrénées le paie dans les Alpes » dit le bon sens populaire. Le dicton ne vaut apparemment pas que pour le peloton. A Dour, dimanche, on commence à avoir les jambes (et les paupières) lourdes. Certains frôlent la fringale. Comme Indurain, en 1996, dans le col de la Madeleine… D’autres ont installé un hamac entre deux arbres et attendent la voiture balais. Jon Spencer, lui, attaque. A croire que le New-Yorkais ne vieillit pas (d’ailleurs je suis convaincu qu’il se teint les cheveux). A la guitare acoustique comme à l’électrique, Jon garde la rock’n’roll attitude. Heavy Trash sonne très blues, rockabilly. Sympa, le bonhomme a amené des danseuses pour détendre l’atmosphère et divertir l’audience.

The (International) Noise Conspiracy, aussi, sait y faire. Mais ce n’est guère la grande foule devant la Last Arena. Le groupe garage suédois ne réécrit pas l’histoire. Il donne de sa personne. Lui qui utilise sa musique pour prendre l’assaut de la culture capitaliste. Selon les Scandinaves qui ont emprunté l’expression à Phil Ochs, la formule rock parfaite serait une combinaison d’Elvis et de Che Guevara. L’hymne des lascars « Capitalism stole my virginity » (quelqu’un a besoin d’une traduction ?) n’est malheureusement pas au programme de l’après-midi.

Subtle, Efterklang… Ca se bouscule sur les scènes douroises.

Efterklang, dans La Petite Maison dans la Prairie, c’est l’occasion rêvée pour se rouler par terre, un sourire niais à la Laura Ingalls aux lèvres. Sur scène ça donne : 7 types en chemises blanches rentrées dans des pantalons blancs retroussés avec des mini capes sur les épaules et des cravates improvisées sur le devant, accompagnés d’un charmant chaperon rose aux claviers. Un fameux patchwork musical. C’est pop, c’est folk, polyphonique, vaguement électronique, post-rock ou post-quelque chose en tout cas, c’est surtout un fameux foutoir qui nous fascine et puis nous perd dans la même seconde. Vous n’avez rien compris au concert d’Efterklang ? Nous non plus. Et c’est tant mieux.

Why à DourAu Club Circuit, Why ? et son hip-hop très pop sont moins convaincants que lors des dernières Nuits Botanique. De là à expliquer Pourquoi… Le groupe de Jonathan Yoni Wolf a du mal à enchaîner. Personne n’osera en dire autant de Chrome Hoof qui fait une toute grosse impression sur les planches de La Petite Maison dans la prairie. Ce n’est pas un concert. C’est une cérémonie futuriste métallo vaudou. Les Anglais, eux aussi présents aux Nuits, se revendiquent du groove post-punk (ESG), du trash métal (Slayer), du jazz psychédélique (Sun Ra)… Les musiciens sont costumés, les cuivres et la chanteuse hystériques. On est remonté pour le reste de la soirée. Gros braquet.

Julien BROQUET et Nicolas CLÉMENT


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