Sprint final sur la plaine de Dour

raveonettesdour.jpgA deux doigts de la fringale dimanche à Dour en début de journée, on s’est requinqués l’après-midi avant de finir la tête dans le guidon le soir. Plutôt chargé, le soir.
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Beaucoup reprochaient au Festival de Dour de fêter ses vingt ans avec une affiche un peu light cette année. N’empêche que sur le coup de 16 heures ce dimanche, on ne savait pas où donner de la tête entre Subtle, Heavy Trash et Efterklang. Et que dire de ce dernier soir où les concerts prometteurs s’enchaînaient sans le moindre temps mort, quand leurs horaires ne se superposaient pas à moitié ?

Une fin de festival particulièrement dense donc, qui nous aura vus piquer des sprints de scène en scène afin d’en écouter un maximum. Avec, au final, trois échappées belles à recenser : Shout Out Louds, The Raveonettes et Fujiya & Miyagi.

Cure de jouvence

The Cure jeunes, maigres et à nouveau inspirés, c’est pas possible ? Mais si, pardi, ils sont suédois et s’appellent Shout Out Louds. Par moments (sur Impossible et Tonight I Have To Leave It en particulier), c’en est confondant : cette voix, ces mélodies claviers, on jurerait entendre des inédits du Cure période The Head On The Door. Pop, sensible, mélancolique. Beau, tout simplement.

A peine le temps de s’en remettre qu’on fonce déjà vers la Last Arena où commence pile poil le concert des Raveonettes. Particularité propre à l’ensemble de la tournée estivale du duo : ce n’est pas Sharin Foo, enceinte jusqu’aux dents, qui accompagne le génial Sune Rose Wagner (photo) mais sa sœur, Louise Foo. Grande, rousse, féline, Louise se montre surtout beaucoup plus fade dans l’exercice de la scène que sa sister platine. Pour les avoir vus en club à Cologne il y a quelques mois, on peut dire que The Raveonettes en salle et dans leur configuration de base c’est autre chose, surtout que le son aurait plutôt tendance à les desservir ce soir, mais quand même, ça reste très très bon. De Attack Of The Ghost Riders à You Want The Candy en passant par l’inévitable Love In A Trashcan, on prend notre pied plus qu’à notre tour jusqu’à un final noise et jouissif en diable sur Aly, Walk With Me qui hisse le plaisir au niveau du Psychocandy de The Jesus and Mary Chain. Eh oui, quand même…

Avec tout ça, le concert des anglais de Fujiya & Miyagi est déjà bien entamé quand on retourne dans le Marquee. Aucun mal pourtant à rentrer dans leur univers kraut entêtant. « FUJIYA, MIYAGI. FUJIYA, MIYAGI. FUJIYA, MIYAGI… » : la psalmodie de Ankle Injuries résonne comme une invitation à répéter leur nom à tous ceux qui désormais croiseront notre chemin, histoire de répandre leur bonne parole. Même si Knickerbocker, nouveau single annonciateur d’un album à sortir début septembre, donne le sentiment que le groupe commence à tourner légèrement en rond. Fascinant, ceci dit, le rond.

A nouveau, c’est à un concert commencé depuis un bon moment qu’on arrive dans La Petite Maison dans la Prairie. On gardait un excellent souvenir de la prestation de Tortoise – qui joue avec deux batteries se faisant face sur scène – à Werchter en 2004. Mais pour le coup, ça ne prend pas. Et domine cette sensation d’entendre une musique certes virtuose mais trop cérébrale, qui tiendrait tout autant de l’expérimental intello que de la musique d’ascenseur. Peut-être a-t-on simplement notre compte pour ce weekend. On laissera aux collègues inusables le soin d’aller compter les projectiles balancés à la figure des BB Brunes. Il est grand temps pour nous de passer au ravitaillement.

Nicolas CLEMENT

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