Martin Solveig, l’homme moderne

Un parc plein à craquer, une fois encore, pour accueillir le DJ français Martin Solveig; ce n’est pas cela qui allait encourager les vélléités à danser, dimanche soir. Le constat était clair tout le long du week-end: avec son système de billetterie pour les 5 jours, la jauge du Parc Francofou est devenue bien trop étroite. A se demander quel plaisir peuvent avoir les artistes à se produire devant une foule qui, parce qu’encaqué comme dans une boîte à sardines, ne les écoute que d’une demi-oreille.

Plaisir gâché pour le concert des Girls In Hawaii, plaisir à nouveau tué dans l’oeuf pour les BB Brunes – mais n’était-ce pas compris dans le prix ?-, plaisir à nouveau galvaudé hier pour Martin Solveig, le célèbrissime DJ français, comme pour Grand Corps Malade. Pour le second nommé, c’est déjà une gageure de se produire en festivals, en plein air de surcroît. Mais là, ça ressemble davantage à un prêche dans le désert qu’à un concert. Pas de sa faute, le grand Fabien a bien joué le jeu. Mais quand le coeur est à discuter de la pluie et du beau temps avec sa voisine, ou à avaler son cornet de frites, le cerveau n’est pas forcément disponible en même temps pour s’accrocher aux longues tirades du Grand Corps Malade.

Même lieu, autre malaise devant Martin Solveig; on aimerait danser sur les morceaux franchement irrésistibles du DJ français, qui vient de publier un nouveau disque “C’est la vie!”, qu’il décrit volontiers comme plus moderne, et, en tout cas, clairement plus pop que ses précédents disques. On aimerait bouger. On ne le peut, ce qui permet peut-être de prêter davantage l’oreille aux compos de Solveig. Mais pas sûr que les festivaliers ne rêvaient pas surtout de se déchaîner comme en boîte de nuits.

En dix minutes chrono, on avait refait le monde avec Martin Solveig, en début de soirée, pour lui parler mélange, fatalisme, oeufs avec ou sans coquille, modernité musicale…De moins en moins DJ, de plus en plus musicien, Solveig ne botte en touche que quand on lui parle de son statut de DJ numéro 1 français.


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8 commentaires

  1. Dubuisson

    21 juillet 2008 à 17 h 57 min

    Je suis tout à fait d’accord avec la fin de votre compte-rendu : le coût modique pour le pass 5 jours fait en sorte que pas mal de gens achètent ce Pass comme on achète le ticket d’entrée d’un parc d’attractions. On vient pour retrouver les copains et boire un verre. On parle sans respect pour les artistes qui se produisent, ni pour les spectateurs qui eux veulent les écouter. Cela m’a passablement dérangé pour Moriarty et Grand Corps Malade qui contrairement à d’autres estiment (à raison pour moi) qui le niveau sonore excessif n’est pas un signe suffisant de qualité.
    Vincent Dubuisson

  2. Carlier Emmanuel

    21 juillet 2008 à 22 h 48 min

    Oui, bien mes amis et moi étions au beau mileu de la “boite à sardines” et perso, quand on est dans une ambiance pareille avec Martin Solveig devant un public en feu, ya pas besoin de danser pour prendre son pied! Il revient quand il veut aux “Franco” même avec moins de place encore et j’y retourne. Quant à la pluie, on chante bien sous la douche…

  3. Pingback: Aux Francofolies sous eau | frontstage

  4. perrine

    22 juillet 2008 à 14 h 42 min

    Je suis tout à fait d’accord, il y a effectivement eu un gros problème de place dans le village et parfois ça en devenait pénible. J’ai eu la chance d’être au 1er rang pour grand corps malade et Martin Solveig et je me suis éclatée… j’ai pas été déçue contrairement à d’autres….

    Longues vie aux Francos!!! ;)

  5. Guillaume

    22 juillet 2008 à 15 h 09 min

    D’accord avec les avis émis! Le manque de place a gâché une bonne partie de mon festival! Tout comme le manque de respect et de savoir vivre des festivaliers! Tout comme aussi, la très mauvaise qualité du son qui nous était proposée. J’avais l’impression que plus ça allait fort mieux c’était!

    Les Francos doivent absolument réagir et se remettrent en question s’ils veulent continuer à exister! L’espace, la programmation (pas toujours au niveau et dans le style “Francos”), l’organisation de manière générale doivent être revue si on souhaite conserver un festival avec l’esprit francophone, belge, citadin, convivial et novateur.

  6. Julien

    22 juillet 2008 à 17 h 30 min

    Pas du tout d’accord sur le fait qu’il n’était pas possible de danser pendant le concert de Martin Solveig. Je n’ai fait que ça en étznt dans “la boite à sardines”. C’est justement cette boite qui met une certaine ambiance.

    Pour Grand Corps Malade, j’ai eu l’impression que la foule massée devant la scène avait fortement apprécié les textes du chanteur. Un super concert également.

  7. Aboshin

    22 juillet 2008 à 18 h 05 min

    Quelqu’un aurait-il la setlist complète du concert de Martin Solveig ?

  8. Pingback: A l’école de la vie avec Grand Corps Malade | Le Soir | Actualités des Journaux

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