Sous le soleil de Nyon

La trente-troisième édition de ce festival pas comme les autres s’est achevée dimanche. Retour sur un séjour enchanteur qui a vu se produire The Hives, Ben Harper, R.E.M., Cali, Dionysos, Vanessa Paradis. Le festival le plus cool au monde?

Nyon, de notre envoyé spécial

En un quart de siècle de festivals, nous n’avions encore jamais mis les pieds sur le site de 84 hectares de l’événement musical suisse (avec Montreux) d’où l’on aperçoit le Mont-Blanc. Après 72 heures sur place (3 jours sur les six), voici pourquoi le Paléo n’est pas loin d’être le festival le plus cool au monde.

L’organisation. Impeccable. Chez les artistes comme dans le public ou parmi les confrères, les échos sont unanimes. Jamais on a vu un festival qui respecte autant le public que les artistes. Les organisateurs ont depuis le début tenu à responsabiliser le public. Impensable en Belgique, on peut acheter une bouteille de vin, en verre, glisser une cannette dans son sac (pas de fouille) ou se balader près des arbres de feu sans risquer de se faire brûler ou de recevoir une boîte de bière en plein front. Cette prise de conscience collective évite également les scènes trash et destroy d’autres événements du genre. En six jours de festivités (du 22 au 27 juillet), aucun incident majeur n’était à déplorer.

Mythe ou réalité, on raconte que les organisateurs ont épluché les 50 années précédant la première édition pour choisir la période la plus ensoleillée de l’été. Moralité, il pleut extrêmement rarement.

Le Paléo, pionnier en matière d’écologie, a reçu le Green World Award en récompense de sa politique environnementale.

Le site. Avec ses nombreux chapiteaux, ses nombreux stands de nourriture, ses festivals dans le festival (La Ruche, paradis des enfants avec mimes, théâtre…), ses fanfares, le Paléo est un peu le parrain de notre Couleur Café. On s’en voudrait également de ne pas mentionner le Village du Monde, consacré, au Brésil qui n’a pas désempli pendant les six jours. La grande scène, avec son terrain en pente (comme feu Torhout), offre une excellente visibilité et un tout bon confort aux festivaliers.

L’affiche. En gros, une programmation entre celle de Werchter, des Ardentes, des Francos et de Couleur Café. S’y sont produits, en vrac, The Hives, Ben Harper, R.E.M., Cali, Dionysos, Vanessa Paradis, Tiken Jah Fakoli ou Alain Bashung. Par contre, Manu Chao, absent des scènes belges cet été, s’y est produit et Massive Attack (dont nous publierons dans nos éditions du 3 août une rencontre exclusive avant le concert à Lokeren le 6) était à Nyon avant la Belgique. Comme les autres festivals traditionnels (Belfort, Werchter…), le Paléo est tributaire des groupes et artistes qui tournent l’été.

Les Belges. Grâce, notamment, à l’agence Wallonie-Bruxelles Musique, et à l’excellente santé de notre scène musicale, il y a comme un lien privilégié entre les organisateurs et nos artistes. Cette année, dEUS (dont la presse suisse a salué le concert), Goose, Girls In Hawaii, Sharko et Vive La Fête s’y sont produits. Avant Ghinzu, Soldout et Von Durden Party Project l’an prochain ?

Des images. En vrac et dans le désordre tant elles sont nombreuses. La rencontre entre Philippe Stoll (membre de la Croix Rouge Internationale en poste à New Delhi) avouant à Antoine (Girls In Hawaii) que le poster du premier album du groupe est sur le mur de la chambre de sa maison en Inde. On retient également les cinq minutes magiques où, à l’heure où le jour se lève, Madjid (Radio Bemba) joue sur sa guitare acoustique une version déchirante de « Concrete Jungle » de Marley devant une dizaine de personnes, dont Manu Chao, transportées par la musique et la voix d’un chanteur local.

Voir une foule en liesse (Manu Chao, IAM, Justice…) est toujours un spectacle enivrant. Comme ces 20.000 personnes, bouche bée devant Grand Corps Malade en plein soleil ou un sidérant « karmacoma » de Massive Attack en pleine nuit. Sur ce, on entame notre demande de naturalisation suisse…

PHILIPPE MANCHE


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2 commentaires

  1. Gogo l'helvete

    31 juillet 2008 à 16 h 54 min

    En tant que Genevois installé en Blgique depuis peu j’ai été presque chaque années au Paleo et une seule fois à Werchter.

    Je ne comprends pas pourquoi les gens payent autant pour Werchter et sa pluie, quand si l’on calcule la somme du deplacement en Suisse et les billets du Paleo on se rencontre que le prix total est semblable, la pluie en moins et de la meilleur bouffe!!

  2. Eric de Bruxelles

    1 août 2008 à 12 h 40 min

    En Suisse à ce moment, j’ai eu l’occasion de passer deux soirées fort sympathiques au Paleo.
    Je ne peux que saluer l’excellente organisation dans et autour de cet événement. Quel confort de pouvoir emmener sur le site pique nique et boisson! et drôle de croiser de joyeux personnages se balladant bouteille de Rochefort à la main!
    Aussi, un point qui mérite d’être salué: les transports publiques extra-ordinaires organisés après les concerts et qui emmènent les festivaliers jusque très loin en Suisse!

    Clin d’oeil à Gogo l’helvete: peut être que “Les hommes savent pourquoi”! ;-) en ne doutant pas que mets et bières du plat pays te feront vite oublier ta pauvre expérience à Werchter!

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