Les formules inédites du Gaume Jazz

Erik Truffaz au Gaume Jazz Festival - Photo : Olivier PapegniesLa trompette d’Erik Truffaz, la guitare gutturale de Jean-Pierre Froidebise et la constance d’Aka Moon ont marqué la journée de samedi au Gaume Jazz Festival.

Malgré les années d’expérience qui, alliées à la disponibilité de l’équipe d’organisation, assure son bon déroulement, le Gaume Jazz Festival conserve ses dimensions conviviales propices aux échanges et à son climat festif décontracté. Cette atmosphère attire un public ouvert et disponible aux découvertes et aux formules inédites qui fondent l’identité de la manifestation.

A ce titre, le trio du pianiste suisse Colin Vallon, en activité depuis dix ans, mais qui reste largement à découvrir, faisait l’unanimité en sa faveur. De fait, son jazz allie la recherche de sonorités originales par la pratique du piano préparé (avec des objets glissés sur la table d’harmonie pour en modifier les sons) à une remarquable dynamique entre piano, contrebasse et batterie passant du minimalisme à l’orage par d’impétueux reliefs.

D’Helvétie aussi provenait un autre triangle, au travers duquel le trompettiste Erik Truffaz, dont la popularité tient surtout à son jazz hip-hop, exprimait une autre facette de son inspiration. D’abord en duo intimiste avec le pianiste Malcolm Braff ou à trois, en accords tout aussi sensibles, avec la chanteuse Sophie Hunger dont la voix et l’émotion contenue ont séduit, ce fut un set profond et vibrant.

A l’inverse, en s’adjoignant le concours du saxophoniste Fabrice Alleman et du batteur français extraverti Xavier Dessandre-Navarre, le duo Jean-Philippe Collard-Neven et Jean-Louis Rassinfosse avait fait entendre plus tôt dans la soirée, qu’il s’exprimait avec autant de bonheur et de musicalité dans des registres plus chauds qu’à son habitude.

Intense et habité

Question température, difficile de ne pas ressentir celle de la guitare enflammée de Jean-Pierre Froidebise, personnalité atypique de nos scènes depuis de nombreuses années, plutôt rock blues et autres âpres styles. Bien encadré de membres de Slang, plus Steve Houben en intérim de luxe, l’âme de Courant d’air et Such a noise présentait entre ses solos à la décapante gutturalité des chansons plus pastel de son prochain album Soft music for broken hearts, laissant aussi apprécier sa poésie et son sens de l’humour crépusculaires.

Dans ce contexte, c’est plutôt aux valeurs confirmées de faire la preuve qu’elles ont encore à dire et à inventer. Et Aka Moon a qui revenait la tâche de signer la fin de soirée explosive, a démontré qu’il gardait sa place dans un festival dédié à la création. L’ambition, le niveau artistique du trio et la valeur de ses musiciens ne surprennent plus. Mais les années ne semblent pas émousser la fertile générosité des déboulés de Michel Hatzi, Stéphane Galland et Fabrizio Cassol dont même les compositions les plus anciennes, applaudies par les fans dès l’énoncé des premières notes, restent vivantes et gardent leur caractère moderne sous une exécution aussi intense et habitée qu’aux premiers temps du groupe au Kaai.

André JOASSIN


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2 commentaires

  1. Pingback: La fête aux formules inédites | Stéphane Bouchez

  2. Jeanjean

    13 août 2008 à 0 h 10 min

    Je suis bénévole à la technique du Gaume Jazz. Cette année a été un grand cru. Quelle ambiance, quelle générosité ! Personnellement, Aka moon ne m’a pas saoûlé (comme parfois ; cette fois-ci c’était vraiment trippant) mais Truffaz un peu plus. Je suis plutôt rock et le concert d’Acoustic Ladyland (un mélange de punk et de jazz, allez voir sur http://www.myspace.com/acousticladylandmusic) m’a décrassé les oreilles. Plein de rencontre aussi. Et le concert des petits gaumais (stage d’éveil pour jeunes enfants) avec Aka Moon plein d’émotion. A l’année prochaine ? Bien sûr !

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