Ces monstres appelés Metallica

Pour pas mal de monde, Metallica restera le groupe du « Black album » de 1991, vendu à plus de 22 millions d’exemplaires. Un record en matière de heavy metal. Les fans, eux, savent qu’il y a eu un avant et un après. Les plus accros vous diront que c’est l’avant qu’ils préfèrent. Quand James Hetfield et ses chevelus jouaient vite et plus sale. L’après, malgré des « tubes » comme « The unforgiven » ou « Nothing else matters », n’a vraiment pas été simple.

En 2003, St. Anger verra ainsi le jour après quasiment deux ans de gestation. Et pas mal de chaos, au point que Metallica a failli en rester là pour de bon. C’est de cette époque que parle Some kind of monster, le documentaire de Joe Berlinger et Bruce Sinofsky. Ce qu’il dévoile de l’une des grosses machines du show-biz contemporain prête parfois à sourire. Pour faire tenir le groupe supposé retourner en studio, Metallica a été flanqué par son management d’un coach/thérapeute qui organise des séances entre les sessions. James Hetfield (chant, guitare) et Lars Ulrich (batterie), les deux fondateurs et potes de longue date, ne se supportent plus. Le premier a son avis sur tout, le second se sent brimé. Un jour, Hetfield claque la porte et disparaît… en réhab pour près d’un an. L’enregistrement ne sera remis en route qu’à son retour, moyennant de nouvelles règles : le chanteur entend autant se consacrer à sa famille et plaide, hors tournée, pour des horaires de travail réguliers !

« Sur le marché de la nouveauté »

En 2003, ça fait aussi un moment que le bassiste de la bande, Jason Newsted, a été remplacé par Bob Rock, le fidèle producteur. Metallica, sollicité par MTV pour une soirée spéciale, finit cependant par organiser une audition : Robert Trujillo, l’ex-Suicidal Tendencies œuvrant avec Ozzy Osbourne, décroche la timbale. Un rêve de gosse ! Et – nous apprend Some kind of monster – la promesse d’un chèque d’un million de dollars en guise d’avance sur ses revenus.

Août 2008, coulisses du Pukkelpop. Dans un des préfabriqués que le groupe occupe en backstage, le bassiste a l’enthousiasme toujours intact, après cinq ans : « Quand je vois à quoi ressemble ma vie depuis que je fais partie de Metallica, j’ai tantôt l’impression d’être dans un thriller, tantôt dans un dessin animé ! Tout le monde sait que dans le film, ils m’offrent un million de dollars pour rejoindre le groupe. Je l’aurais fait pour rien ! Mais si vous voulez m’offrir un million, je le prends ! Après le passage des impôts, il en reste peut-être la moitié. Avec les traites de la voiture, de la maison, cet argent a été dépensé il y a bien longtemps. »

Ce vendredi sort le nouvel album d’un quatuor reconstitué. Dont les membres dorment dans des villes distinctes en tournée, pour des raisons d’espace vital. Qu’est-ce qui motive un groupe qui a déjà tout atteint, en termes de ventes, de public, de notoriété ? « Vous touchez des fans plus jeunes, réagit Rob. Le public s’accroît tout le temps. Pour l’instant, c’est aussi l’opportunité de présenter de nouveaux titres. Nous avons l’impression d’être toujours viables sur le marché de la nouveauté. Il ne s’agit pas de jouer indéfiniment “Sandman” ou “Master of puppets” pour les seules raisons de leur classicisme. Nous voulons exciter le public avec nos nouvelles compos. Et nous pensons toujours en être capables. »

Quitte à vivre cette passion différemment des trois autres ? « C’est vrai ! J’ai vécu beaucoup de situations dans lesquelles il y avait des challenges. Metallica est juste un challenge en soi, mais sous stéroïdes, si vous voyez ce que je veux dire. J’ai connu des challenges avec Ozzy, bien sûr, et pas seulement en termes d’écriture, de musique, mais aussi de personnalités. Comment se comporter avec quelqu’un comme lui, qui a des hauts et des bas ? Dans Suicidal Tendencies, je me suis battu trois fois avec Rocky George, mon ex-guitariste, un de mes grands amis, mais nous avions cette énergie de folie… Et me voilà dans l’univers de Metallica. » Où lui, en tout cas, ne semble pas prêt de la perdre, cette énergie !

DIDIER STIERS

Les photos du concert au Pukkelpop


Death magnetic **Exit Bob Rock, le nouveau CD des «Four Horsemen» est produit par Rick Rubin (Run DMC, Johnny Cash, Beastie Boys…). Son idée: les faire renouer avec les eighties et l’esprit de disques comme Master of puppets. Sans rien perdre de l’acquis mélodique. De nombreux fans, eux, réclamaient que soient corrigés les drôles de caisses claires et autres solos de guitare de St Anger. Metallica a repris goût aux intros atmosphériques annonçant des compos déboulant à toute allure. Elles flirtent souvent avec le trash, dynamitées ici et là par un chant plus proche de la scansion. Sur la bonne voie. (D.S.)

Universal. Sortie ce 12 septembre.

http://www.metallica.com/

[youtube YQvDWdK_b1E]


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7 commentaires

  1. moody

    9 septembre 2008 à 16 h 49 min

    euh justement y a pas de solos de guitare dans “st.anger”. c’est dur de corriger un truc qui existe pas. et sinon rick rubin a aussi produit slayer, ce qui serait plus pertinent comme référence dans l’article.

  2. Vincent

    9 septembre 2008 à 17 h 05 min

    …sur la bonne voie ? Il y a sans doute un mieux par rapport à St. Anger qui a horripilé pas mal de monde (moi inclus), mais je dois bien avouer qu’après les 2 premiers morceaux de Death Magnetic, je me suis très vite lassé. Je vais sans doute donner une chance à l’album et le réécouter 2 ou 3 fois (mais c’est qu’il est long, le bougre !), mais j’ai bien l’impression que je reviendrai sans trop tarder aux 4 premiers albums (j’avoue, j’ai acheté “Master of Puppets” à sa sortie, je fais donc probablement partie des “plus accros” décrits dans l’article). ;-)

  3. Byrd

    9 septembre 2008 à 17 h 36 min

    tHrash, avec un H, comme dans the Haunted ;-)

  4. marco

    9 septembre 2008 à 21 h 42 min

    moi je crois qu’ils sont sur la bonne voie. j’ai écouté 6 chansons sur le site et elles sont excellentes!!! j’écoute metallica depuis 1984 et il n’y a que “load” qui m’a réellement déçu. St anger n’était pas un mauvais album mais les chansons étaient un poil trop longues et lentes. le son n’en parlons pas… j’ai eu l’occasion de les voir à Arras (concert exceptionnel à tous points de vue) et rien à faire ils sont toujours géniaux. avec cet album ils remettront les pendules à l’heure!!!! LONG LIFE TO METALLLLLICA!!!!

  5. Oli

    9 septembre 2008 à 23 h 08 min

    Premiere ecoute, ca me plait mieux que Load & Co, ca semble partir dans la bonne direction. A re-ecouter 2-3 fois pour etre sur (j’ai ecoute St Anger 2X pour etre sur que je detestais, je suis maso)

  6. Jc

    10 septembre 2008 à 9 h 16 min

    Eh bien je dois avouer que la première écoute était plus ou moins déroutante… mais je retrouve le groupe que j’ai connu il y a 15 ans.
    Comme dit dans l’article, des intros plus soignées des vocalises plus poussées etc… Je suis maintenant complètement séduit. Je n’espère qu’une chose, un bon concert pour voir tout cela en Live.

    Longue vie à eux…

  7. REMY

    15 septembre 2008 à 14 h 19 min

    Meilleur…. aussi bon que… dans la veine de…
    Que veulent dirent toutes ces comparaisons? Que les esprits doivent toujours tout justifier? Peut-être. Death Magnetic est un bijou de… maturité et d’évolution. Beethoven écrivait-il à la fin comme au début ? Et les autres ? Tous les autres ? Qu’est-ce donc que cette manie de vouloir toujours tout relier à un fil conducteur ? St Anger ? Mauvais ? Non, différent. Voire osé. Mais certainement pas mauvais. Violent et rude, sûrement. Difficile d’écoute ? Assurément. Et après ? Le principal n’est-il pas d’y trouver du plaisir ? Pour ceux qui n’en trouvent pas, inutile de s’épancher en pseudos essais philosophiques. Qu’ils écoutent autre chose. Au fait, qui sont-ils ces “musicologues” de fortune ? Des musiciens ? Des spécialistes ?
    Metallica est un monstre… oui, mais un monstre sacré. Une institution incontournable de la “heavy music”. Que celles et ceux qui se sentent capables d’en faire autant se lèvent et jouent. Ca nous évitera de lire n’importe quoi, n’importe comment.

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