Le Novastar d’un nouveau Joost

Joost Zweegers nous reçoit chez lui, à Anvers, pour nous parler du troisième album de Novastar. Et pour une session acoustique exclusive, sur son balcon.

Il y a quatre ans, pour le deuxième album de Novastar, Another lonely soul, Joost Zweegers nous avait déjà reçu dans son superbe duplex penthouse de la Marnixplaats, au cœur d’Anvers. Les guitares, le piano, la batterie, l’armure… La semaine dernière, tout est toujours à sa place. Et on a vite fait de se retrouver sur la terrasse ensoleillée pour parler de ce disque qui nous arrive, comme les deux précédents, l’année de l’élection présidentielle américaine.

« C’est une coïncidence, confie tout de suite Joost. Le disque est fini depuis un an. Mais j’ai eu un accident dont j’ai mis du temps à me remettre : en octobre 2005, à Forest National, je me suis cassé le talon en tombant de scène. Il a fallu opérer et faire de la rééducation. Quand tu es mal, tu n’es pas inspiré pour écrire ou composer. Trop de médicaments. La convalescence te pompe toute ton énergie. »

Cette fois, Joost n’a pas rencontré le problème d’inspiration qui l’avait forcé, il y a quatre ans, à faire appel à Piet Goddaer, d’Ozark Henry, pour débloquer la situation. Même si dix chansons seulement figurent sur le nouveau Almost Bangor, il s’agit là d’un choix artistique : « Je voulais un album réalisé comme du temps des Beatles, auxquels je fais une nouvelle fois allusion. Bangor est le nom d’un petit village de Belle-Ile-en-Mer où j’étais allé pour me reposer. J’ai découvert qu’au Pays de Galles, il y avait aussi un Bangor, où les Beatles ont rencontré pour la première fois le Maharishi Mahesh Yogi, qui allait devenir leur gourou. Suite à mon accident, j’ai eu le temps de ne rien faire et de penser. J’ai réalisé qu’il y avait trop de “big things” dans ma musique, que je devais revenir à mes racines, du temps où je jouais dans la rue. »

Joost fait ici allusion à cette période, entre 1990 et 1998, où il parcourut Anvers et toute l’Europe avec sa seule guitare, jouant à même le trottoir : « Wim De Wilde, qui a produit le disque, m’a connu à cette époque. J’ai joué live le disque en studio et on a souvent gardé la première prise. Il s’agit sans doute du disque le plus honnête que j’ai jamais fait. Je voulais des performances immédiates, transparentes, pures. Rien qu’en cela, ce troisième album est très différent des deux premiers. »

De Keane à Crowded House

Et c’est une bonne chose pour Novastar, qui s’est tout de même fait manger la laine sur le dos (et le public) par Keane. On appelle ça une coïncidence, mais qui a tout de même stoppé l’envol international de ce chanteur anversois qui a grandi dans le Limbourg. « Je me souviens du jour où j’ai entendu le premier single de Keane. On finissait le deuxième album de Novastar. Bien sûr, que je me suis dit : shit ! Encore un groupe dans la même niche, après Coldplay. J’ai rencontré Keane en Italie – où je me suis souvent produit, car notre disque a réellement cartonné là-bas. Le chanteur ne connaissait pas Novastar. On a les mêmes influences, à savoir les Beatles. Je sais qu’ils reviennent en même temps que moi. »

Sur ce disque, Novastar prend la tangente et se rapproche davantage d’un Crowded House, avec cette voix mixée en avant et ces mélodies craquantes à souhait : « C’est vrai que Neil Finn devrait aimer mon disque. Avant, j’étais parfois maladroit dans l’envie de faire sonner rock mes chansons. Rien ne m’empêchera de le faire plutôt sur scène. Là, on part en tournée à quatre, sans claviers. Je veux quelque chose de très dépouillé. Il y a beaucoup de cordes “old school” sur le disque, mais ce n’est pas envisageable pour la tournée. A moins que je ne trouve quatre jolies blondes, comme Bryan Ferry. »

A l’AB les 29 (sold-out) et 30 octobre. Tél. 02-548.24.24, www.abconcerts.be.
Almost Bangor Ça commence avec le single « Mars needs woman », et tout de suite, on est sous le charme d’une voix et d’une mélodie que ne renierait pas un Neil Finn, de Crowded House. Tout au long de l’album, très mélancolique, principalement acoustique, on se laisse porter par ces belles mélodies pop très Beatles et par une production qui n’a pas lésiné sur les cordes, arrangées par le vétéran Bob Porter. Les références sixties sont nombreuses, et de l’ensemble se dégage un dépouillement extrême qui va à l’essentiel : la beauté de chansons au timbre rétro mais jamais dépassé.

EMI.

THIERRY COLJON


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3 commentaires

  1. perlinpinpin

    3 octobre 2008 à 16 h 49 min

    Magnifique session quel image, quel cadre, ils sont fort chez Frontstage.
    Dommage que le Milu là il n’en tourne pas plus.

  2. lucastar

    3 octobre 2008 à 23 h 29 min

    C’est sur ce type a du talent d’ou il sort?

  3. arthur

    5 octobre 2008 à 8 h 58 min

    j’aime bien quand on voit un artiste chez lui, s’escrimer avec cet instrument ingrat. Ainsi, Joost prouve-t-il qu’il est un vrai musicien à même de se sortir de n’importe quelle situation délicate.
    Sados qu’ils sont ces mecs du Soir mais ça nous permet de voir ce que les chanteurs ont dans le ventre. Ce serait bien qu’un jour Frontstage nous balance la liste des artistes qui refusent de passer à l’uku.
    Milutin filme bien, d’accord avec Perlinpinpin. C’est Duchesnes qui va être jaloux…

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