Mariee Sioux, pleine de grâce

Nouvelle et délicate petite fée du folk, Mariee Sioux entamait mercredi soir, au Botanique, une mini-tournée belge qui la mènera d’ici samedi à Namur, Anvers et Charleroi.

Regard perçant, boucles d’oreilles artisanales cachées par une abondante et noire chevelure… La jeune Californienne nous rejoint épuisée au bar du Bota. Mariee n’a pas passé la nuit devant les élections américaines. Elle ne s’est tout simplement pas encore remise du décalage horaire. « Je suis crevée. J’arrive de Paris. J’ai dormi dans la voiture pendant tout le trajet. »

Si son premier album, le touchant et délicieux Faces in the rocks, est sorti l’an dernier aux Etats-Unis, il n’est distribué chez nous que depuis peu. Mariee Sioux continue de le défendre. Poursuivant son petit bonhomme de chemin.

Fille d’un joueur occasionnel de mandoline, Mariee Sioux Sobonya naît le 4 novembre 1985 à Humboldt County et passe son enfance à Nevada City. Patelin à qui l’on doit l’éclosion ces dernières années de Joanna Newsom et d’Alela Diane. Alela Diane. Plus qu’un nom. Une amie d’enfance. Une âme sœur. Mariee a participé à l’enregistrement de son premier disque (The Pirate’s Gospel). Elle l’a aussi accompagnée sur la route.

Débuts tardifs dans la musique, loin de leurs racines, enregistrements en famille… Le parcours des deux artistes se ressemble étrangement. Si Mariee a toujours aimé les mots, elle ne commence la guitare qu’à 18 ans. Lors d’un voyage en Argentine où elle part comme volontaire. « Je voulais changer de décor et me rendre utile, explique-t-elle. J’ai atterri dans une école qui enseignait aux enfants des techniques agricoles. Ce genre de choses qui permettent de prendre son destin en main. C’est là que j’ai composé mes premières chansons. »

Quand Ray Bradbury rencontre Michael Jackson

Mariee Sioux a du sang polonais, hongrois et mexicain qui lui coule dans les veines. Elle a aussi des origines indiennes qu’on peut déceler dans sa musique, ses paroles.

« Je m’y suis intéressée assez tardivement. Adolescente, j’ai ressenti comme un vide en moi. J’ai alors lu des livres. Questionné ma mère sur les Amérindiens. Je ne sais pas si l’élection d’Obama améliorera leur situation. Je ne pense pas qu’un seul homme puisse tout changer. »

Ces racines participent au rapport étroit qu’elle entretient avec la nature. « Mon père travaille dans une boîte d’ordinateurs mais dans le temps il rêvait d’une ferme biologique. Cultivait ses propres légumes. Mes parents n’avaient pas beaucoup d’argent. Nous vivions dans une cabane. Longtemps, nous n’avons même pas eu la télé. »

Mariee s’est divertie autrement. Elle s’est très tôt intéressée à l’écriture, à la lecture. « En fait, je lisais surtout des romans de science-fiction, avoue-t-elle dans un éclat de rire. Des trucs du genre Ray Bradbury (Farenheit 451). »

Quand elle évoque la musique qui a bercé son enfance, la petite Sioux cite aussi bien Paul Simon que Michael Jackson. Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Vous pourrez prochainement la retrouver interprétant « Love Song » sur un tribute à The Cure.

Album : Faces in the rock (Bang). En concert le 6/11 au Théâtre royal de Namur, le 7/11 aux Nachten (Anvers), le 8/11 à l’Eden (Charleroi).

JULIEN BROQUET


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