La symphonie pastorale des Fleet Foxes

Les Fleet Foxes auraient dû jouer dans l’AB Box. Jeudi soir, c’est finalement face à une Ancienne Belgique archi sold-out, avec l’étage ouvert et les balcons qui débordent, que le groupe de Seattle a donné son deuxième concert bruxellois.

Le premier c’était pour la Rotonde du Bota.
Il est 20h15. Le silence est religieux. Seul à la guitare acoustique, J. Tillman, devenu le batteur des pastoraux Américains, donne le ton de la soirée. Tout en douceur. Le chevelu a une jolie voix mais des chansons un peu neurasthéniques. Ca tranche en tout cas avec le brouhaha de la Saint V. Le bonhomme a de l’humour. Il disserte avec ironie sur les étudiants et les Etats-Unis. « Il y a quelque chose de bizarre avec l’université. C’est la même chose chez nous. On devrait normalement y trouver des gens intelligents et c’est là qu’on croise le plus de débiles. Depuis l’élection de Barack Obama, on peut à nouveau être fier de notre nationalité. On nous félicite même à l’étranger. Mais mercredi, lors de notre concert à Munich, trois jeunes Américains ont déjà tout détricoté. Erik. Erik. I’m drunk. On entendait qu’eux. A croire qu’ils se pensaient tous seuls dans la salle. C’est un peu comme un cri de ralliement. On se repère comme ça, nous, sur les champs de bataille… China, China. I’m drunk. »
A un concert des Fleet Foxes, mieux vaut ne pas être bourré, enrhumé, avoir laissé son téléphone allumé. Le public, majoritairement flamand, est pour le moins respectueux. On entendrait une mouche voler.
La flotte débarque sur le coup de 21h15. Et d’emblée, on se laisse bercer par les harmonies vocales, le doux timbre de Robin Pecknold, les montées tout en délicatesse. A vrai dire, il ne manque qu’un feu de bois. Et c’est un peu comme si on l’entendait craquer.
On pense Crosby, Stills et Nash en plus moderne. Band of horses en mieux. Tel un bon irish coffee, le chaleureux White Winter Hymnal prépare au week-end frisquet (et à la neige ?)qui se profile. Quant à l’incroyable Drops in the river (l’occasion de recommander à nouveau l’EP Sun Giant, encore plus convaincant que l’album), il agit telle une lente et stupéfiante montée. Tout est limpide. Aérien. Clair comme de l’eau de roche. Il y a quelques années, les Kingsbury Manx avaient sorti ce genre de disque hivernal et pastoral. Mais le succès n’avait été que d’estime. Les cinq Fleet Foxes rencontrent déjà les foules. Un véritable phénomène.
Julien Broquet
www.myspace.com/fleetfoxes


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3 commentaires

  1. Anaïs

    21 novembre 2008 à 13 h 01 min

    Un concert pareil, ça fait rêver.

  2. Marc

    21 novembre 2008 à 20 h 46 min

    Eh bien je vois qu’on a assisté au même concert, prenant et puissant. Les Fleet Foxes sont une des meilleures formations du moment. On les retrouvera dans les référendums de fin d’année sans aucun doute.

    Un peu plus de texte:
    http://mescritiques.be/spip.php?article763

  3. helene

    26 novembre 2008 à 17 h 03 min

    excellent concert, belle maitrise qui confirme le ravissement qu’est l’album…mais pitié qu’on arrête de dire que J.Tillman était bon ! j’ai rarement quelqu’un transmettre aussi peu si ce n’est de la sympathie face au résultat peu concluant !

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