The Black Angels: le voyage du Serpent

La révolution a bien eu lieu! Cette révolution musicale que prônaient le Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols dans le film documentaire Dig!. Derrière les deux parrains, ce sont des dizaines de groupes qui prêchent la bonne parole psychédélique, celle du Velvet Underground et des Stones de 1967: The Warlocks et Black Rebel Motorcycle Club hier, Asteroid #4 et The Quarter After demain. Ce dimanche, c’était au tour des texans de The Black Angels d’investir une scène belge, à l’Orangerie du Botanique qui affichait complet pour l’occasion.

«Bonsoir, nous sommes les Anges Noirs». Casquette à la française sur les yeux, barbe broussailleuse et chemise débraillée, le chanteur Alex Maas donne le départ. Commence alors le voyage. The Black Angels, c’est un riff noyé sous la distorsion, qui suit son chemin, se perd dans un tourbillon de fuzz tout en restant encadré par des percussions martiales, dures, primitives… Une association entre l’air, le feu et la terre qui nous transporte vers un autre espace-temps. « Le psychédélisme existe depuis la nuit des temps, expliquait Alex Maas à Jérôme Broquet, les groupes de primitifs qui à l’époque jouaient dans leurs forêts faisaient déjà dans le psychédélique. » C’est exactement ce sentiment qui nous habite ce dimanche au Botanique. Une musique sans âge, proche de l’expérience religieuse. Ici, l’Ange Noir a pris la forme du Serpent. Un énorme serpent du désert qui rampe lentement, vicieusement, laissant derrière lui une trace ininterrompue dans le sable… «Ride the snake… Ride the snake» chantaient les Doors. «Doves», «Mission District» et son martellement de toms incessant, «You On The Run», son riff de basse hypnotique, «The Return»… Le vent se lève et bientôt, c’est une tempête de sable qu’il faut affronter. Montées acides et psychédélisme noir. Sans le savoir, on se retrouve dans une forêt ancienne, sombre et recelant de mystères… On n’atteindra pas la hutte du sorcier ce soir, mais gageons qu’elle n’était pas loin, là, à deux pas, tapie dans le noir…

Didier Zacharie


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1 commentaire

  1. nancy

    17 décembre 2008 à 15 h 52 min

    Formidables Black Angels! Une batteuse terrible dans ses rythmiques répétitives et envoutantes, un chanteur par moment très Jim Morrisson, des instruments vintage hors pairs pour un concert (quoique un peu court) grandiose!
    Et aussi… très sympa en interview…

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