Little Joy : la récré de la rentrée

littlejoy.jpgCertains prétendent que le père Noël est un rockeur. N’empêche, fin décembre – début janvier en Belgique, c’est rarement la fête aux concerts. En allant voir Little Joy qui entame sa tournée européenne, samedi, à la Rotonde, on se dit d’ailleurs qu’il s’agit du premier de l’année. Le Bota aurait dégainé avant l’AB ?

Tout est relatif. Au même moment, l’Ancienne Belgique accueille Riguelle et Neeka. Le choix est vite fait.  Ce soir donc, dans la salle au haut plafond, Fab Moretti, le sympathique batteur des Strokes,  vient présenter son bébé. Un bébé tout bronzé à en juger par un disque fondamentalement ensoleillé. En première partie, les quatre Dead Trees dévoilent quelques extraits de leur premier album : « King of Rosa ». Les Dead Trees viennent de Boston via Portland. Ils ont de la gueule. Un côté très américain. Un batteur hyperkinétique efficace. Et un bassiste avec un t-shirt Harley Davidson (et la même coupe de cheveux que Cousin Machin).

Les Arbres morts ne sont pas encore implantés (ni même distribués) en Europe. Un deal, c’est d’ailleurs en quelque sorte le but de leur voyage. Pourquoi pas ? Il y a quelque-chose chez ces quatre-là. Leur folk rock très Americana influencé par Pavement et Wilco. Pour l’anecdote, le groupe de Michael Ian Cummings avait fait son trou en 2008 en tournant avec Albert Hammond Jr. Comme quoi un Stroke peut en cacher un autre.

La salle est bien remplie mais le mot d’ordre de la soirée, c’est assurément relax. Little Joy débarque en toute décontraction. Déconne en anglais, baragouine en français. Et règle les derniers détails. Si Moretti a écrit la plupart des titres (paroles et musiques) du premier album, c’est son pote brésilien Rodrigo Amarante (Los Hermanos) qui chante les trois quarts des morceaux. Les deux hommes ont récemment participé à Megapuss, le dernier projet en date de Devendra Banhart (qui apparaît d’ailleurs avec Adam Green et Nick Valensi parmi les invités du disque), et ça se sent. Lumineux, Little Joy fleure bon le soleil, l’Amérique du sud. La jam entre amis à Los Angeles.

Une précision s’impose. Avec Little Joy, Moretti, le batteur, joue de la guitare. Il n’a rien d’un virtuose (c’est un euphémisme) mais il a des mélodies plein la tête. Et l’ensemble ne manque pas de charme. C’est l’heure de la récré en somme. Une petite joie. Et on est content d’en être. La ravissante gonzesse du lascar, Binki Shapiro, un peu perdue, chipote au clavier. Tapote le tambourin. Et nous bluffe lorsqu’elle chante « Unattainable ». “I love you Fab,” hurlent quelques midinettes. Une voix nettement plus virile fait de même et provoque l’hilarité du New-Yorkais.

Malgré le jetlag, les musiciens, qui termineront accompagnés par les Dead Trees au grand complet, se font plaisir. Ils reprennent « Eat at home » – « Vous avez vu comment on détruit une chanson de Paul McCartney ? ». Et passent leur répertoire en revue. Trois quarts d’heure. Pas de rappel. Dites-le avec des fleurs… Tout ça fait très pop hippie. Mais on a passé une chouette petite soirée.

En concert à Cologne (Gebaude 9) le 12/1.

Album : “Little Joy” (Rough Trade)

www.myspace.com/littlejoymusic

 Julien Broquet


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