L’autre Grande Sophie

Sa dernière tournée « Toute seule comme une grande » a incité la Grande Sophie à davantage révéler son côté tendre. Entre femmes…

Il est loin le temps où Sophie chantait aux terrasses de café marseillais. Depuis, elle a grandi au point de publier, cette année, son cinquième album studio. Déjà ? Oui, vu que le premier, autoproduit, La Grande Sophie s’agrandit, était passé inaperçu en 1997.

Il faudra attendre le hit « Du courage », sur son deuxième album, Et si c’était moi (2003) pour se faire connaître.

Révélation scène aux Victoires de la Musique de 2005, Sophie publiait la même année La suite, disque d’or, suivi d’une longue tournée, d’abord électrique, puis Toute seule comme une grande ensuite.

Elle nous revient avec Des vagues et des ruisseaux, qui va surprendre ceux qui avaient gardé de la chanteuse l’image d’une rockeuse bien excitée : « C’est vrai que ce disque va surprendre, nous a raconté Sophie. Je viens de la scène, je la soigne dans tous les sens du terme. Mais c’est aussi une façon de me dissimuler, par pudeur. Cette fois, sur cet album, j’ai voulu révéler une autre facette de ma personnalité. En faisant la tournée en solo, j’ai voulu poser les choses, prendre mon temps. J’avais besoin de travailler plus longtemps en studio, de me donner plus d’espace. »

Cette envie se traduit par des ambiances plus acoustiques, plus émotives. Elle se met seule au travail, chez elle, écrivant même des arrangements quand sa route croise celle d’Edith Fambuena, venue la voir sur scène. L’ex-Valentins, déjà courtisée par Bashung, Daho et Birkin, est une des rares productrices françaises : « Je l’avais vue sur scène, elle pouvait me comprendre. On a beaucoup travaillé en ping-pong. Elle savait que je pouvais paniquer, être oppressée, étouffer. Elle m’a tout de suite mise en confiance. Je n’avais jamais travaillé avec une femme. Ce métier est très masculin. »

Dans le show-business

Dans « Quelqu’un d’autre », le premier single, Sophie reconnaît qu’elle aimerait être quelqu’un d’autre, juste une fois dans sa vie :

« La chanson est un exutoire. J’ai besoin d’évacuer les choses. Il y a beaucoup plus de moi dans ce disque, je suis arrivée à parler plus facilement de moi. Il faut évoluer. Je n’ai pas voulu rester enfermée dans une étiquette. J’ai besoin d’aller vers d’autres horizons. C’est pour ça aussi que ce disque est plus onirique. J’ai changé ma façon d’écrire. »

« Dans le show-business » est une chanson qui a nécessité du courage pour chanter : Dans le show-business/ On vous oublie vite quand le temps vous laisse/ Des marques au visage, on devient posthume (…) Je n’ai pas d’amis dans le show-business/ Complètement à l’ouest, je suis dans les choux.

« C’est vrai que cette chanson n’a pas plu quand je l’ai présentée à ma firme de disques. Beaucoup ne s’y reconnaissent pas. C’est une petite satire. Moi, j’ai toujours été persuasive . Tout se discute. En France, c’est plus difficile d’être expérimentale, à l’image d’une Björk. »

La Grande Sophie n’a également pas cédé à la vogue du duo. Elle finira rebelle, la petite. Déjà qu’elle rêve de composer une musique de film. Elle s’est déjà mise à la réalisation de petites pièces musicales. Sophie n’a pas fini de nous surprendre.

La Grande Sophie sera en concert le 8 mars au centre culturel de Chênée et le 2 avril au Théâtre 140.

Infos www.musicolor.be

Album Des vagues et des ruisseaux (AZ-Universal).

THIERRY COLJON


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