Rapsat à la Scala : en or et ensemble

Sacrés Bruxellois, va ! Ils réussissent encore à se faire remarquer. L’étape, au Cirque royal, de la tournée qui fait le plein (ou presque) partout ailleurs, de Scala, n’a rempli que la moitié de la salle mercredi. Et pourtant le disque de la chorale d’Aarschot consacré aux chansons de Pierre Rapsat, Dans les yeux d’Aurore, est un vrai succès : il est disque d’or chez nous, avec plus de dix mille albums vendus.

Un fait exceptionnel en ces temps de crise du disque et du reste. Comme quoi, les mélodies de Rapsat, près de sept ans après sa mort, continuent de séduire par leur force et leur intemporalité.

Il s’agit en plus d’un projet 100% belge que cette chorale flamande chantant à Bruxelles les chansons d’un Wallon. A cela s’ajoute la sympathie naturelle des frères Kolacny (prononcez colachni), Stijn s’exprimant tellement bien en français que son frère Steven le charrie en lui disant qu’il parle « comme un vrai Belge ».

Personnellement, on n’a jamais caché notre aversion pour les chorales, dont le principal plaisir est d’en faire partie. On n’était donc pas très chaud à l’idée d’entendre toutes ces « reprises » mais le succès européen des Kolacny Brothers est tel qu’on ne pouvait passer à côté. Et voilà que, après près de deux heures de concert, on comprend mieux pourquoi Scala est considérée comme la meilleure chorale pop du continent. Le spectacle s’ouvre par un film d’ animation sur un grand écran masquant la chorale (un peu comme Gotan Project) avant « C’est toujours un mystère » suivi d’une dizaine des plus belles chansons de Pierrot. Rarement a capella finalement, la chorale a pour elle, non seulement d’être constituée de charmantes jeunes Flamandes à la voix de cristal, mais surtout d’être soutenue par un vrai groupe de rock, des beats électroniques, des arrangements originaux ou simplement le piano de Steven.

Impossible de résister aux charmes de « Les rêves sont en nous » ou de « Jardin secret » (même sans Jasper d’Arid). Le guitariste de Scala, Filip Huyghebaert est un admirable interprète de « Un dimanche en automne » qui conte le chagrin d’un Belge au lendemain de la marche blanche. Dédiée à Rapsat (chanté partout en Europe même dans une proportion moindre ailleurs), la soirée n’oublie pas pour autant les « tubes » qui les ont révélés, comme le « With or without you » de U2 ou le « Creep » de Radiohead. Ajoutez à cela Amy Winehouse, Mika ou les propres compos de Steven, et au final vous vous retrouvez avec un show varié, au visuel graphique soigné et surtout d’une belle générosité.

En première partie, on eut droit à la bonne surprise d’un Peter Bultijnck de l’Orchestre du Mouvement Perpétuel, réduit pour l’occasion à une prestation en solo très convaincante.

THIERRY COLJON

Scala en concert le 6/3 à Tubize, le31/3 à Verviers, les 23 et 24/4 à Ath, le 25/4 à Arlon. Infos sur

www.scalachoir.com


commenter par facebook

2 commentaires

  1. wadafuck

    6 mars 2009 à 9 h 48 min

    Scala, le truc le plus honteux et racoleur qu’on ait pu faire en Belgique depuis longtemps.

    Nos petits André Rieu à nous.

  2. Jojo

    8 mars 2009 à 18 h 11 min

    Je ne sais pas ce que Scala vaut de ces temps-ci mais j’ai eu l’occasion de les entendre en concert il y a deux ans. Mon sentiment est que faire chanter à 40 jeunes filles la même chose n’a aucun intérêt. Quand on a un groupe de cette taille, on a largement de quoi développer une musique à plusieurs voix. Il suffit d’entendre des groupes comme Yes, Queen ou les Eagles (bien moins nombreux pourtant) pour s’apercevoir des possibilités offertes à un ensemble vocal.

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>