Une Alela Diane très « folky family »

Etre calme, tranquille… Davantage subjugué que perplexe, le nombreux public présent à l’Ancienne Belgique, mardi soir, pour applaudir la nouvelle princesse du folk, a pris au pied de la lettre le titre donné par la douce Alela Diane à son joli deuxième album. Un album, To Be Still, enregistré entre Portland et son bled de Nevada City (2.855 habitants).

Entre les tournées de concerts et de promotion de sa première plaque, l’incroyable The Pirate’s Gospel, et la mise en boîte d’un disque de reprises, The Silence of Love, sur lequel la belle chante du Nick Cave, du I Am Kloot et du Jesus and Mary Chain encadrée par les Headless Heroes.

The Pirate’s Gospel évoquait ses racines, la détresse qui l’envahit à la séparation de ses parents. To Be Still parle de son chat, sa théière et son chéri. Alela Diane est comme ça. Simple. Sincère. La famille ne hante pas que ses chansons. Elle habite aussi ses tournées. Sur la route avec son père, Tom Menig, guitariste au sein des DeadBeats, un groupe de reprises du Grateful Dead, et ses amies Mariee Sioux ou, comme mardi, Alina Hardin. La Californienne s’accompagne aussi désormais de sa moitié, le démonstratif bassiste Tom Bevitori. Sorte de sosie de Nick Drake.

Dans un silence religieux donc, Alela effeuille son nouvel album. Elle semble même n’en oublier aucun titre. De « Dry Grass & Shadows » à « Lady Divine ». Première et dernière pépites d’un disque un peu moins brillant que son prédécesseur. Si Alela excelle dans le dépouillement, c’est qu’elle possède l’une des plus formidables voix du folk moderne. Moins excentrique que celle de Joanna Newsom, une autre folkeuse originaire de Nevada City. Mais avec tout de même un petit air de la mythique Karen Dalton.

Baba cool, Alela Diane aime les arbres, les rivières et les oiseaux dont elle collectionne les plumes. Alela Diane est nature. Alela Diane est mature. Là où on avait découvert une jeune fille empruntée, on retrouve une femme et une artiste affirmée. Et quand retentissent « Tired Feet » et « Oh ! My Mama », la magie opère comme à La Rotonde la première fois.

La petite troupe s’éclipse sous les applaudissements après avoir entonné le « Pirate’s Gospel ». Les deux hommes de sa vie assurent les chœurs tandis qu’en guise de remerciement, un fan envoie un petit sachet d’herbe sur scène. L’AB avait définitivement mardi un petit quelque chose de Woodstock…

Album : To Be Still (Fargo)

JULIEN BROQUET


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