The Notwist ou l’électronique apprivoisé

the_notwist_001.jpgPrestation cinq étoiles des Allemands de The Notwist, hier soir à l’AB, lors d’un concert qui avait été reporté en décembre pour cause de maladie d’un des membres du groupe.

22.00. Il y a cet instant magique où les mélodies s’effacent et laissent les pleins pouvoirs aux beats electro. Le carcan pop explose et l’hypnose s’installe. Là, pendant dix ou quinze minutes, ces cinq Allemands au look de physiciens nucléaires transforment l’AB en temple de l’elektronische musik. On est alors perdu, comme en lévitation, quelque part hors du temps et de l’espace. Et puis, tranquillement, les mélodies reprennent le dessus, nous ramenant les pieds au sol. Neon Golden… Neon Golden…

1998. L’expérience est intéressante, surtout lorsqu’on sait que The Notwist a débuté comme un vulgaire groupe grunge de seconde zone… Ce n’est qu’avec son quatrième album, «Shrink» (sortit en 1998… Soit deux ans avant le «Kid A» de Radiohead) et l’arrivée du Mensch-Machine Martin Gretschmann (alias Console en solo) que The Notwist est devenu le groupe visionnaire que l’on sait, responsable d’un mariage pop-electronica des plus subtils et maîtrisés. «En fait, expliquait à l’époque le chanteur Markus Acher à Rock & Folk, The Notwist est le lieu où toutes les expérimentations en dehors du groupe, qu’elles soient électroniques ou marquées par le jazz, se structurent dans un format pop». Le coup de maître «Neon Golden», sortit en 2002, consolidait cet état de fait. Il aura fallu attendre six ans pour voir débouler la suite, «The Devil, You + Me». Un disque aux mélodies peut-être moins évidentes que sur le précédent mais qui maintient sans problème le groupe sur ses hauteurs.

13.04.2009. Tout cela nous amène à ce concert à l’Ancienne Belgique qui avait été reporté en décembre pour cause de maladie d’un des membres du groupe. The Notwist y a donné une prestation cinq étoiles, tout simplement, agrémentée de deux rappels consistants.

C’est graduellement que les Bavarois ont laissé respirer les machines. Le set débute d’ailleurs en douceur, avec ‘Boneless’, sans doute le morceau le plus pop du dernier album. Suivent un magistral ‘Where In This World’, quelques incursions dans le passé plus ou moins récent du groupe et déjà un dernier sursaut des guitares avec le splendide ‘Gloomy Planets’. Et puis, c’est l’ouverture des vannes électroniques. ‘Neon Golden’, ‘Gravity’. Le son est parfait, la maîtrise de l’électronique est simplement impressionnante. Le tout démontre l’aisance avec laquelle The Notwist transpose ses expérimentations studio sur scène.

La suite sera du même tonneau, comme sur cette version complètement relâchée du tube indé ‘Pilot’ – où, comment improviser avec des machines. Deux extraits de «Shrink», plus mélodieux, et puis c’est le retour sur terre, avec le merveilleux ‘Consequence’, peut-être leur plus beau titre, qui clôt le concert tout en douceur.

0000. The Notwist: groupe de musique qui se promène en permanence et en parfait équilibre sur la frontière de deux mondes, ouvre des brèches et par là même garde son public en constant éveil. The Notwist: groupe essentiel de ces elektronischen années. Il n’est pas trop tard pour s’en rendre compte.

Didier ZACHARIE


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1 commentaire

  1. Marc

    16 avril 2009 à 12 h 02 min

    On le savait et ça se confirme, The Notwist est un des groupes contemporains les plus passionnants. On attend la suite discographique et scénique avec impatience.

    Je trainais aussi du côté de l’AB ce lundi:
    http://mescritiques.be/spip.php?article834

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