Loizeau de Nuit

Photo Alain DewezLa dernière ligne droite : à vol d’oiseau, ce sont déjà les dernières heures des Nuits Botanique 2009. Hier soir, sous le Chapiteau, la chanson française n’a pas attendu l’ultime ascension pour s’échapper, se réinventer et s’imaginer autrement.
De la poésie au slam, du human beat box aux bombances collectives, le monde et les mots rencontraient les chantres d’une métamorphose en marche. Avec Luciole, Spleen et Emily Loizeau, l’endroit prenait des airs de volière.

Curieux, le public afflue pour découvrir Luciole. Nouvelle venue de la scène hexagonale, la jeune femme mélange poésie, slam, théâtre et chanson pour déclamer des textes ingénieusement troussés. Magicienne, la chanteuse se joue des mots, les faisant disparaître et surgir aux rythmes d’un récital fantaisiste. Accompagnée d’une guitare acoustique ou a cappella, la voix de Luciole brille dans la Nuit. Belle découverte. Dans un autre style, Spleen fait monter la température. Ambianceur tout-terrain, le chanteur se transforme en beat box humain, passe de la soul au funk et n’oublie jamais d’obliquer vers la piste de danse. Le temps d’un morceau, le Chapiteau devient boîte de Nuit. L’assistance danse et improvise une chenille géante qui emporte les derniers instants d’un concert plus distrayant que retentissant.

Haute voltige

Vêtue d’une longue robe blanche, néo-baba, hippie chic, Emily Loizeau monte sur une estrade. De là-haut, la belle franco-anglaise survole des paysages où blues, folk, music-hall, gospel et chanson n’ont pas fini d’enflammer l’année. Révélation pour les uns, confirmation pour les autres, ce soir, la prestation d’Emily Loizeau traverse ses deux albums : ‘L’autre bout du monde’ et le récent ‘Pays Sauvage’. Communicative, charismatique, audacieuse, l’artiste fait tourner les têtes à plusieurs reprises (sur ‘Ma Maison’, ‘Jasseron’, ‘La Femme A Barbe’ ou sur le titre éponyme ‘Pays Sauvage’). Chanson nostalgique et enjouée, le single ‘Sister’ fait siffloter le public tandis que ‘La dernière Pluie’ et son refrain loufoque délient les sourires aux quatre coins de la salle. En rappel, Emily Loizeau retrouve son précieux piano pour bercer ses mélodies à ‘L’autre bout du monde’ avant d’abandonner le micro et de s’entourer de ses musiciens pour un dernier tour chanté à la seule force des poumons. On se demande si son chant porte jusqu’au bout du Chapiteau. Les derniers mots tombent, les applaudissements retentissent. Pari osé, pari gagné. « J’ai toujours eu une voix légèrement brisée », nous confiait récemment Emily Loizeau. « Et puis, j’ai fumé un moment, beaucoup chanté dans les bars, sans micro, juste accompagnée d’un accordéon. Toutes ces péripéties ont construit le caractère de ma voix. Et, en même temps, avec les concerts, elle est devenue plus musclée. Elle a pris de la densité et de la hauteur. » Et, de fait, hier soir, le chant de Loizeau culminait en altitude, au dessus de la mêlée.

Nicolas Alsteen

http://www.myspace.com/emilyloizeau

http://www.myspace.com/mynamespleen 

http://www.myspace.com/luciole1

[youtube cP49wlLQu98]


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3 commentaires

  1. Sam

    16 mai 2009 à 17 h 17 min

    Emily Loizeau sera (aussi) présente au festival LaSemo.

    Avec La rue Ketanou – Les Ogres de Barback – Marcel et Son Orchtestre – Debout sur le Zinc – BaliMurphy

    Moriarty – Zita Swoon – Daan – Suarez – Cosy Mozzy

    Et plein d’autres!

    Au plaisir de vous y voir!

    http://www.lasemo.be

  2. zaza

    17 mai 2009 à 0 h 20 min

    Du lourd, ce festival ! :-o

  3. C-A

    19 mai 2009 à 15 h 17 min

    Elle serau aussi cet été aux francos

    Plus d’infos sur http://www.francofolies.be

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