Larkin Grimm/ DM Stith: SOS fantômes

Elle n’a que 27 ans mais elle a déjà tout connu, tout vécu. L’enfance dans une communauté spirituelle de hippies, l’expérience shamanique dans les montagnes d’Alaska et les joies d’une naked party avec Barbara Bush… Signée sur Young God, le label de Michael Gira, Larkin Grimm est un personnage d’exception à l’étrange et invraisemblable pouvoir d’attraction.
Telle une charmeuse de serpents, l’Américaine plonge l’AB club dans un état second. Un sentiment de béatitude semi-léthargique. Tandis qu’elle caresse les cordes de sa guitare, délicate et protectrice, la demoiselle donne de la voix avec un timbre atypique aussi particulier que celui d’une Joanna Newsom ou d’une Karen Dalton. Un peu dans le genre de Vashti Bunyan. En plus étrange, excentrique et inquiétant. Larkin compose des berceuses qui feraient peur aux gosses. Des chansons folk aux racines folkloriques qu’on n’entend pas dans le métro. Elle chuchote à l’oreille, parle avec les esprits.
Plus à son avantage en solo qu’accompagnée, la jeune femme dégage un charisme hallucinant. Son remarquable album, Parplar (le 3e déjà), dédié à Paris Hilton et aux barbies d’Hollywood, constitue une bonne volée des marches qui devrait l’emmener vers le succès.
Comme la musique de Grimm qu’on vient de vous conter, celle de DM Stith est peuplée de fantômes. Son premier album s’appelle d’ailleurs Heavy Ghost. « Une fois le mixage achevé, j’ai écouté mon disque pendant des mois, de manière obsessionnelle, avouait-il dans les colonnes des Inrocks. C’était une chose tellement mystérieuse, qui avait sa propre existence. Je n’avais rien maîtrisé. »
Maîtrisé, le concert de l’Américain l’est. Un violon, un violoncelle, des percussions, parfois un piano, servent d’écrin soyeux à des compositions pleines de grâce. DM Stith sait y faire. DM Stith est pote avec My Brightest Diamond et Sufjan Stevens. Il a d’ailleurs sorti son premier album sur le label de ce dernier, Asthmatic Kitty.
Sur scène, la voix du bonhomme est aussi insensée et envoûtante que sur disque. Les arrangements sont soignés. Stith est un peu le George Lucas du folk… Il aime les effets spatiaux et la lévitation. Possède un charme lunaire. Nous, on en a encore la tête dans les étoiles.

Julien Broquet

Larking Grimm : « Parplar ».
DM Stith : “Heavy ghost”


commenter par facebook

2 commentaires

  1. zaza

    19 mai 2009 à 19 h 24 min

    Il ressemble à un des deux Girls in Hawaii non ? C’est une blague ? Un buzz ?

  2. jj

    20 mai 2009 à 10 h 10 min

    c’est d’un autre niveau musical que GIH en tout cas…

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>