Quatre garçons dans le vent

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe lorsque le 9 décembre 2008, Damon Albarn, Graham Coxon, Alex James et Dave Rowntree ont convoqué la presse pour annoncer la reformation de Blur le temps d’une tournée estivale, essentiellement en Angleterre. Et à voir les images des répétitions qui circulent sur YouTube, c’est l’harmonie qui règne sur l’un des groupes phares des années nonante.

« Nous ne nous sommes jamais aussi bien entendus », nous racontait récemment le guitariste Graham Coxon. « Par contre, il n’y a aucun plan concernant un nouvel album de Blur. Ce qui a tué le groupe ? Nous avons enregistré six albums en huit ans et tourné comme des dingues sans se poser ni se ménager. » Pour rappel, Coxon, n’a pas participé au dernier album, le septième, du groupe, Think Tank.

Victime du syndrome Clash (enregistrement/tournée/excès/ enregistrement/tournée et… querelles personnelles), Blur laisse derrière lui un héritage incroyable entre pépites pop, ballades à pleurer allant même jusqu’à des terres alternatives américaines, avec l’épatant « Song 2 » qui lui ouvre le marché nord-américain.

Blur n’aurait pas pu naître hors Angleterre tant les références musicales et la plume de Damon Albarn sont ancrées dans le glorieux passé de sa Gracieuse Majesté. Musicalement, Blur doit aux Beatles, aux Kinks, à XTC, à Elvis Costello et même aux Specials de Terry Hall. Blur conjugue l’élégance pop et l’énergie rock avec classe et arrogance qui n’a d’égal que son répertoire qui s’apparente à un véritable juke-box. Si Blur a réinventé la pop anglaise, c’est aussi parce que les quatre musiciens truffent leurs compositions d’instruments comme le banjo, le mellotron ou signent aussi des valses envoûtantes (l’album The great escape, par exemple) ou composent de petits interludes enchanteurs entre les morceaux de leur chef-d’œuvre Parklife.

Comme tous les grands groupes, Blur a été en perpétuelle mutation en treize ans de carrière, allant jusqu’à se retrouver sur la bande officielle du jeu FIFA 98 avec les célèbres « Woohoohoo » du tube mondial « Song 2 ». Témoignage de cette ouverture d’esprit, la participation du sorcier William Orbit sur Think Tank, qui amorce déjà ce que fera Damon Albarn avec Gorillaz ou The Good, The Bad and The Queen.

Le talent de Blur doit aussi beaucoup à son leader, Damon Albarn, parolier hors pair dans la veine d’un de ses héros absolus, le chanteur des Kinks, Ray Davies. Le morceau « There’s no other way », deuxième single de Leisure (1991), évoque de manière satirique et grinçante le mode de vie anglais. Toujours ancré dans une tradition foncièrement anglaise, Parklife (1994) revisite l’Angleterre en pleine mutation sur une musique plutôt sixties.

Renié aujourd’hui par son leader à l’instar de Leisure, The great escape (1995) contient, contrairement à ce que le titre du disque laisse supposer, des chansons dont la plupart des textes parlent de solitude. Cette année-là, où Albarn commence à écouter Pavement et autres groupes lo-fi, la guerre Blur-Oasis atteint son apogée lorsque le catchy « Country house » met la pâtée au « Roll with it », des frères Gallagher. Sur la version française de The great escape, on trouve le joli « To the end (la comédie) » en duo avec Françoise Hardy.

1997 et Blur marqueront un virage qui voit le groupe s’éloigner de ce que les médias ont appelé la brit-pop. Outre « Song 2 », on y trouve la sublime ballade « Beetlebum ». Deux ans plus tard, à l’occasion des dix ans du groupe, Blur joue plusieurs concerts en interprétant par ordre chronologique l’intégralité de ses singles.

L’album 13 et le dernier Think Tank scellent le destin d’une formation majeure. Dieu seul sait aujourd’hui ce qui motive les Anglais à remonter sur les planches outre, on s’en doute, l’argent.

Ben Hillier (producteur de Think Tank) avançait l’explication suivante : « Damon a besoin de Blur, c’est un musicien collaboratif. Et si tu es Damon, c’est difficile de trouver des gens à ton niveau. » Pour un dernier tour de piste ?

Infos tournée www.blur.co.uk

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Les héritiers

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L'après Blur

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Aux racines de la brit pop

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La brit-pop

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Notre T0P 10

1 . « Song 2 »

2. «Girls & Boys »

3. « Parklife »

4. « The universal »

5.« Out of time »

6.« To the end »

7. « Beetlebum »

8.« Charmless man »

9. « Coffee & TV »

10.« Popscene »


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