Rocksteady, les racines du reggae

MONTREAL
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL

Laurent Saulnier, le programmateur de l’événement qui a attiré plus de quarante mille personnes sur la scène principale du Festival international de jazz de Montréal, n’était pas peu fier. « Son » concert, Rocksteady, the roots of reggae, on ne pourra le voir nulle part ailleurs. Car c’est en Jamaïque qu’il a fallu aller chercher ces pères et mères du genre musical qui, entre 1966 et 68, a servi de transition entre le ska et le reggae. Un Buena Vista Social Club de Kingston, en quelque sorte. Sauf que là, le film existe déjà. Un documentaire diffusé par le Musée d’art contemporain tout proche durant la durée du festival.
Le rocksteady, en fait, c’est du ska ralenti par la soul et le rhythm’n’blues. Ça n’a pas duré longtemps, trois ans tout au plus, mais il a permis au reggae de Bob Marley et consorts d’envahir le monde quelques années plus tard. Une autre belle façon de fêter les 50 ans du label Island était de mettre sur scène tous ces anonymes (pour la plupart) qui ont fait danser deux heures durant un public curieux prêt à faire la fête. Marcia Griffiths et Judy Mowatt, deux des I-Threes de Marley, sont sans doute les plus connues. Elles n’ont d’ailleurs pas manqué de reprendre « No woman no cry » et « Could it be loved ». Même si ce n’est pas tout à fait du rocksteady. Qu’on a par contre bien retrouvé du côté de Leroy Sibbles, Stranger Cole (et ses petits pas de danse), le trio vocal The Tamlins, Bongo Herman (le chanteur percussionniste), Hopeton Lewis et Ken Boothe au final. « Equal rights », « Stop that train », « The tide is high », « Baltimore »… Autant de formidables machines à faire danser un mort. Dix musiciens et neuf chanteurs ont ainsi rendu hommage à ce moment de l’histoire de la musique jamaïquaine, terminant, tous ensemble, par « Rivers of Babylone » et « One love ». Ça, plus les images du film projetées sur la façade des buildings alentours, et sous un ciel étoilé (alors qu’on attendait des orages), on peut dire que Jah veillait sur Montréal, mardi soir. THIERRY COLJON


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