Mulatu Astatke contre Rodriguez

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Le match du jour : Mulatu Astatke contre Rodriguez. La naissance, les antécédents, à charge et à décharge, quel sera le verdict ?

Nom. Mulatu Astatke.Naissance. En 1943, à Jimma (Ethiopie).

Antécédents. Formé à Londres et à New York, Mulatu est souvent considéré comme le père de l’éthio-jazz. Il a joué avec Duke Ellington. A fasciné Jim Jarmusch. Certains de ses titres figurent même sur la bande originale de Broken Flowers. Il collabore aussi bien avec des Américains, Either/Orchestra, que des Européens, The Heliocentrics.

A charge. Percussionniste de formation, Mulatu peut jouer du vibraphone comme des congas. Aux Ardentes, on se demande un peu ce qu’il fait à part laisser la majeure partie du boulot à ses comparses du dimanche.

A décharge. Les Anglais d’Heliocentrics, qui se réclament de James Brown et de Sun Ra, assurent comme des chefs. Ils affichent une incroyable maîtrise. Leur saxophoniste est renversant.

Verdict. La vieille garde africaine et le collectif british afro beat scient les barreaux de l’isolement et assurent leur travail d’intérêt général.

 

Nom. Sixto Diaz Rodriguez

Naissance. Le 10 juin 1942 à Détroit.

Antécédents. Redécouvert via les rééditions de ses deux sublimes albums Cold fact (1970) et Coming from reality (1971), la planète rock et folk tombe à la renverse. Son folk teinté de psychédélisme et ses histoires inénarrables font de Rodriguez un artiste unique au destin de fou. Sixto, parce qu’il est le sixième enfant de parents immigrés mexicains, raconte des tranches de vies assaisonnées d’herbe, d’alcool et de sexe. Une poésie urbaine typiquement années 70.

A charge. Aucune charge, votre honneur. Le jury est corrompu.

A décharge. On l’a vu tel qu’on l’imaginait. Ultracool, grattant ses cordes comme un guitariste de flamenco soutenu par quatre jeunes pousses, Rodriguez, derrière ses énormes lunettes, c’est la classe à l’état pur. Si sa version de « Suger man » nous a flanqué la chair de poule, les 45 autres minutes n’étaient pas mal non plus. Comme si The Band, sous champignons, électrifiait un répertoire sans âge.

Verdict. Condamné à revenir jouer en Belgique au plus vite.

 

Toutes les photos dans notre portfolio (Photos Dominique Duchesnes)

PHILIPPE MANCHE et JULIEN BROQUET


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1 commentaire

  1. allow

    13 juillet 2009 à 22 h 36 min

    ces deux concerts furent exceptionnels… mes deux “claques” des ardentes 2009. Comme quoi, l’émotion est parfois là où on ne l’attend pas!

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