Cuvée exceptionnelle à Dour

dour.jpgMusique Le festival démarre ce jeudi jusqu’à l’extinction des feux dimanche.  145.000 personnes sont attendues sur l’ensemble des quatre jours du Dour Music Festival. La programmation de cette 21e édition est imparable. Meshuggah, Cocoon, Santigold ou MVSC, que nous avons rencontré, sont les premiers feux d’artifice.

A main gauche, Jean Waterlot. Charismatique chanteur et guitariste de Montevideo. Fine lame et bidouilleur chez Ghinzu et DJ à ses heures. A main droite, Maxime Firket. Alias Compuphonic. Artiste de musique électronique révélé via les soirées Dirty Dancing. Qui rencontre Montevideo pour un remix. Aventure autant humaine que musicale, le projet MVSC (pour Montevideo versus Compuphonic) voit le jour.

Le résultat s’appelle Sunderland, un premier album (d)étonnant en forme de bombe électro pop. Que MVSC défend sur scène demain jeudi au festival de Dour.

Qui êtes-vous Maxime Firket ?

J’ai une formation classique. J’ai fait du violoncelle jusqu’à 18 ans. J’ai aussi eu un petit groupe dans lequel je faisais du violoncelle. Ensuite, j’ai tout arrêté pendant un an et j’ai récupéré un tout vieux synthé de 1978 sur lequel j’ai commencé à bidouiller. Sans avoir l’esprit club, Cozy Mozzy m’a pris comme résident aux soirées Dirty en 2005. Je mixais déjà, j’écoutais de la techno très dure, Jeff Mills. la crème de Detroit. En 2006, le label Dirty Dancing s’arrête. J’envoie ma musique un peu partout et me retrouve sur le label de Tiga. Aujourd’hui, je signe surtout sur des labels house anglais.

Pourquoi un artiste de musique électronique établi s’allie-t-il à un groupe de rock ?

Maxime : Le côté instrumental est très présent chez moi. Si je fais ce métier, c’est pour la découverte. Dès qu’il y a une ouverture, je fonce.

Certains artistes fonctionnent toute une vie avec les mêmes recettes. Et d’autres aiment être touche-à-tout. Quand j’ai vu Montevideo sur scène, j’ai eu envie d’utiliser une vraie basse au lieu d’un synthé et une guitare à la place de mon clavier. C’est comme si je rouvre mon champ de connaissances. J’ai adoré retrouver cette énergie brute de décoffrage. Placer ma musique sur cette énergie rock et bestiale me plaît et je pense que ça se retrouve dans l’album.

Le son de ce premier album est assez impressionnant…

Jean : Maxime est un puriste du son. J’ai découvert tout cela en me rendant pour la première fois chez lui, près d’Aywaille. Il a un home studio dans lequel il travaille avec toutes ces petits choses qui font que sa musique est ce qu’elle est aujourd’hui.

Maxime : Les gens ne s’en rendent parfois pas compte mais si tu fais de l’électro chez toi, tu es un peu comme un luthier. Si tu ne mets pas la barre technique à un niveau très élevé, autant arrêter tout de suite.

L’esprit de l’album est très festif, ludique et joyeux…

Maxime : Parce qu’on y a pris beaucoup de plaisir. C’est un disque sans limites de styles, qui est très ouvert.

Jean : Le disque est à l’image de la découverte de l’univers de l’autre. Avec Montevideo, on a d’abord dû comprendre comment fonctionnait Maxime. D’autant qu’il travaille tout seul, contrairement à nous.

Il y aura un avant et un après MVSC dans vos carrières respectives ?

Maxime : Je suis persuadé que nous ne travaillerons plus jamais de la même façon. Montevideo risque de peaufiner beaucoup plus à la maison parce que c’est plus efficace. Et moi, au lieu d’essayer de me tuer parfois à reproduire une basse avec un synthé, je vais appeler directement un bassiste. Je suis certain que ma musique va rentrer dans des codes plus traditionnels, plus rock finalement.

Jean : Sur cet album, j’ai vraiment l’impression de chanter tandis qu’avec Montevideo, j’ai parfois le sentiment de crier beaucoup plus.

Avec un album aussi ouvert, ce ne sont pas les possibilités qui manquent ?

Maxime : Je n’avais vraiment pas envie de rendre ce projet cérébral. C’est pour cela que le disque est si décomplexé. Et puisque c’est très ouvert, on va pouvoir faire des maxis, des remixes, des trucs expérimentaux à la Kraftwerk. MVSC, c’est notre plaine de jeu.

Album Sunderland (PIAS). MVSC, ce jeudi 16, Magic Tent, 19 h 40 à 20 h 40.

http://www.dourfestival.be/fr

Philippe Manche


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11 commentaires

  1. AmedeeBill

    15 juillet 2009 à 12 h 07 min

    Je suis à chaque fois subjugué par votre faculté inouïe à présenter à vos lecteurs des tâcherons subsidiés par la communauté française comme étant des stars qui ont du succès, vendent des albums et que le monde entier nous envie.

    Parce que là, quand même, quel choc des titans : à main gauche, (je vous cite)Jean Waterlot. Charismatique chanteur et guitariste de Montevideo. Fine lame et bidouilleur chez Ghinzu et DJ à ses heures etA main droite, Maxime Firket. Alias Compuphonic.Artiste de musique électronique révélé via les soirées Dirty Dancing.

    Y a pas à dire, ça va pulser grave dans toutes les kermesses à boudins de wallonie !

  2. pifpafpouf

    15 juillet 2009 à 13 h 24 min

    C’est vrai que là, ça devient limite rigolo.

  3. Kara

    15 juillet 2009 à 14 h 58 min

    Cuvée exceptionelle? Alors que depuis quelques années, Dour est pratiquement toujours sold out, il ne l’est pas cette année.

  4. Noah Dodson

    15 juillet 2009 à 15 h 20 min

    @ Kara

    Donc pour vous une belle affiche c’est une affiche qui remplit les salles?
    Interressante vision de la chose. Je croyais que c’etait par rapport aux groupes qui jouaient. Autant pour moi.

  5. zaza

    15 juillet 2009 à 19 h 10 min

    Je me joins à AmedeeBill. Quelle ne fut pas ma (semi) surprise à la lecture du Soir ce mercredi. Vous ne manquez pas de superlatifs pour décrire des groupes de moindre importance comme Compuphonic et Montevideo. Est-ce de l’humour ? Des private jokes de journalistes vos “leader charismatique”, “fine lame” et autres “aventure humaine autant que musicale” ? Vous rendez-vous compte que nos 4 belles têtes de vainqueur en noir et blanc occupent 1/4 de page ? C’est énorme.
    Max Firket, je me souviens d’un portrait qui lui était consacré. Vous ne pensez pas que vous en faites un peu beaucoup avec vos musiciens/poseurs de seconde zone ?
    En plus, je peux l’affirmer haut et fort : l’un des 4 rigolos sur la photo bande mou !

  6. zozo

    16 juillet 2009 à 6 h 31 min

    @ Zaza

    Tres bas comme attaque… T es peut etre pas assez jolie tout simplement…

  7. Kara

    16 juillet 2009 à 8 h 25 min

    @Noah Dodson: Absolument pas, ce que j’écoute en majorité ne remplit d’ailleurs pas vraiment les salles, ou alors peut-être la salle des fêtes de Triffoulis-les-Oies.

    Non, ce que je constate simplement, c’est que le festival de Dour connait cette année une affiche beaucoup plus creuse que les années précédentes. C’est évidemment un avis subjectif mais au vu des chiffres de vente, je ne dois pas être le seul.

    PS: Au temps pour moi

  8. zaza

    16 juillet 2009 à 9 h 12 min

    @ Zozo : c’est une amie, mannequin s’il vous plait ! qui m’a raconté sa mésaventure. Chose incompréhensible car je la sais chaude comme la braise.

  9. Tum0r

    16 juillet 2009 à 9 h 59 min

    Bah elle est où cette rencontre avec Meshuggah ? (ptet un des seuls groupe qui m’aurait fait allé à Dour mais je les ai vu samedi donc…)

  10. Noah Dodson

    16 juillet 2009 à 10 h 21 min

    @Kara

    Je trouve l’affiche nettement plus interressante que l’annee passee! Beaucoup de groupes de l’autre continent j’avoue, qui ne sont peut etre pas si connu ici, mais tant mieux!

    P.S. “Autant pour moi” n’est grammaticalemnt pas une faute, meme si “au temps pour moi” est plus souvent utilise.

  11. Trislee

    21 juillet 2009 à 0 h 32 min

    “Je suis à chaque fois subjugué par votre faculté inouïe à présenter à vos lecteurs des tâcherons subsidiés par la communauté française comme étant des stars qui ont du succès, vendent des albums et que le monde entier nous envie.”

    J’aime…c’est tellement vrai!

    @Tumûr: non c’était juste le dernier truc illisible et inconnu qui a été rencontré. Meshuggah, un des groupes de metal les plus créatifs de la scène actuelle qui passe pour la troisième fois en Belgique en un an, groupe internationalement plébiscité, tu penses bien que ça passe à côté de la culture des journalistes “”"rock”"” du Soir…

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