La fusée Ariane Moffatt : notre chanteuse québécoise préférée

moffat.jpgOn n’a pas attendu qu’elle gagne le prix Rapsat-Lelièvre, cette année, pour parler d’Ariane. Cela fait longtemps qu’on la suit, la petite. Son premier album, Aquanaute, en 2002, l’a révélée au Québec et c’est deux ans plus tard, au Festival international de Jazz de Montréal, que nous la voyions pour la première fois. Et qu’elle nous séduisait. En 2005 sortait Le cœur dans la tête que nous chroniquions avec enthousiasme (quitte à la situer entre Camille et Emilie Simon) à la veille de sa participation aux Nuits Botanique de 2006.

Et puis voilà qu’arrive le superbe Tous les sens que la France a enfin décidé de défendre à sa juste valeur : « C’est grâce à Julien Doré que j’ai rencontré aux 400 ans de Québec, l’an dernier, nous a raconté Ariane. Les organisateurs nous avaient jumelés sur les plaines d’Abraham, pour qu’on y chante ensemble “Lindbergh” de Charlebois. Julien a vraiment le sens du spectacle. Il a ramené mon disque à son directeur artistique chez Sony, qui m’a signé. C’est pour ça que dans les remerciements, je parle du sérieux coup de pouce de Julien. »

Sur ce nouvel album paru au Québec en avril 2008 (et vite certifié disque d’or), on retrouve le tube « Je veux tout » (Je veux tout/ L’anarchie et la sagesse/ Ton sourire et puis tes fesses…) mais aussi un paquet de chansons aux sonorités plus chaudes que par le passé. « La fille de l’iceberg » se dégèle sérieusement : « Le premier était l’eau, le deuxième la terre, celui-ci est l’air et le prochain sera le feu. Je m’immolerai sur scène. Depuis le début, je cherche à faire cohabiter électronique et acoustique. Ici, mon écriture est plus légère, moins dure. Plus coquine aussi. Jusqu’ici, seuls mes proches savaient que j’avais de l’humour. Il faut que chaque album soit un laboratoire pour apprendre à se connaître. C’était un challenge pour moi de livrer un disque joyeux, avec moins de spleen. »

Solfège et karaté

Ariane est née il y a 29 ans, à Saint-Romuald, dans la banlieue de Québec. À 9 ans, ses parents migrent à Montréal. L’aînée sera avocate (avant de devenir manager d’Ariane) et la petite fera ce qu’elle voudra. Elle apprend le solfège, le chant et l’arrangement à l’école, avant l’université. Le chanteur Daniel Bélanger l’engage ensuite comme claviériste puis lui demande de faire ses premières parties. Le frère de Daniel, Michel, possède un label, Audiogram (un gros indépendant, qui a également signé Lhasa), qui lance Ariane : « Je l’ai croisé dans les vestiaires du centre sportif où je faisais du karaté. J’ai glissé ma démo dans sa veste. S’y trouvait ce qui sera mes trois premiers singles. Je suis ceinture marron de karaté. J’aime les sports extrêmes, le parachute, le surf, la plongée… J’ai toujours besoin de bouger. J’aime les sensations fortes. »

Ariane aime également écrire pour d’autres. Elle a signé, « L’homme de la situation », le premier single tiré de l’album d’Amandine Bourgeois : « Elle a quelque chose de doux et de violent à la fois. J’aime ce mélange de candeur et de sauvage. »

Le disque d’Ariane se termine par deux titres réalisés avec Yael Naim et David Donatien : « On s’est croisés il y a six ans dans une radio. Elle était encore dans Les 10 Commandements. On a écrit “Never” il y a longtemps. Et la version malienne de “Je veux tout”, on l’a faite dans l’appartement où elle a enregistré son disque. J’ai vécu six mois à Paris cette année. Albin de la Simone a été mon agent secret français, comme je dis. »

Ariane Moffatt sera ce mardi 21, à 21 h 45, au dôme Fortis.

Toutes les photos du festival (Photos : Sylvain Piraux, Belga)

Thierry Coljon


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