Dour à 140.000

iam1.JPGQuatre jours de fête sur la plaine de la Machine à Feu. Ce week-end, c’était place au rap. Les Marseillais ont fait l’unanimité. IAM so happy. La fin d’un festival, c’est toujours l’heure des bilans, des tops et des flops. Le 21e festival de Dour a vécu. Et plutôt deux fois qu’une. «Nous avons travaillé sur la fluidité, les surfaces disponibles et le confort pour faire en sorte que le festival soit moins éprouvant physiquement», commente Carlo Di Antonio, son patron. Dans cet ordre d’idée, Dour a lancé cette année le concept des Festihuts. Des petites maisons en bois pour vivre l’événement autrement. «Pas mal de spectateurs, à partir de 24 ou 25 ans, commencent à trouver le camping, disons, difficile. Nous avons rencontré des gens qui louent des chalets pour les marchés de Noël et ne savent pas trop quoi en faire pendant l’été. Même si le nombre de Festihuteurs est insignifiant par rapport à celui des 30.000 campeurs, nous sommes contents de l’expérience.»
Pour quelques artistes, un premier Dour, c’est aussi une expérience. Samedi soir, au Dance Hall, Esser s’est ainsi retrouvé devant une centaine de personnes à peine. En cause : IAM, excellent, programmé sur la Last Arena à la même heure. Dans un festival aussi pléthorique que celui-ci, jouer en même temps qu’une star n’est jamais simple. «Parfois, les Belges se plaignent de jouer très tôt dans l’après-midi, mais à partir de 17 ou 18h, ils se retrouvent face à l’artillerie lourde», explique le programmateur Alex Stevens.
Certains sont venus défendre un album à venir. C’est le cas des Dodos de San Francisco qui sortiront en septembre le successeur de “Visiter”. Même si “Time to die” est relativement décevant, le trio reste une valeur sûre des planches avec son folk psychédélique et jubilatoire. Animal Collective a accouché de “Merriweather Post Pavilion” en début d’année mais Panda Bear et ses amis, qui ont toujours une longueur d’avance, ont déjà essayé ce week-end de nouveaux morceaux. Une espèce de lounge indé d’avant-garde. Bizarre.
Bizarre aussi, la brève impression de se retrouver à Couleur Café. Remplaçant les Français d’Assassin, Baloji nous est arrivé entouré d’un groupe tout neuf, de nouveaux textes dans ses bagages. Quand les guitares jouent «façon pays» (sic), le voyage est garanti. Assez que pour faire tomber les clichés collés au rap. Le rap, colonne vertébrale du programme de dimanche, nous aura aussi valu le militantisme d’un Medine. Issu de Havre, il parle immigration et banlieues sur un ton tranchant: les syllabes claquent, les rimes fusent comme des balles d’AK47.
Dour 2009, satisfaction côté organisation et côté programmation qui aura livré ses découvertes comme ses agréables moments. Le mot de la fin revient à Alex Stevens : «Oui, 140.000 personnes, c’est bien. Mais symboliquement, 160.000, ce ne serait pas mal non plus.» C’est la moitié du chiffre affiché par Werchter.

Toutes les photos du festival (Photos : Thomas Blairon, Belga)

JULIEN BROQUET et DIDIER STIERS


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5 commentaires

  1. Doureuh

    20 juillet 2009 à 15 h 05 min

    Encore un Dour de folie! Coup de coeur pour Kap Bambino et Diplo. Vivement l’année prochaine!

  2. Sam

    22 juillet 2009 à 7 h 41 min

    Mon coups de coeur pour MILK et Whomadewho

  3. cariakou

    22 juillet 2009 à 10 h 48 min

    Pas une ligne sur Aphex Twin…. toujours décevant ce journalisme!

  4. manu

    22 juillet 2009 à 12 h 46 min

  5. zaza

    26 juillet 2009 à 18 h 35 min

    Il est beaucoup plus difficile (voire impossible parfois) d’obtenir une interview d’Aphex Twin que celle d’un groupe local.

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