Anthony Joseph, le dernier poète

birdhead.jpgLa référence de notre titre n’est pas anodine. Le natif de Trinidad, auteur d’un époustouflant Bird head son s’inscrit dans la tradition des Last Poets, ce groupe vocal né à Harlem le jour de l’anniversaire de Malcom X et considéré encore aujourd’hui comme les précurseurs du hip-hop.

On peut également écrire qu’Anthony Joseph est le fiston virtuel du poète, musicien et romancier (auteur notamment de l’épatant polar soul Le vautour) Gil Scott Heron. Plus proche de nous, la démarche et la musique, on y arrive, rappellent les premiers pas de Michael Franti avec The Disposable Heroes of Hyphoprisy.

Anthony Joseph est un ovni. Ecouter Bird head son, c’est accepter d’attacher sa ceinture et de partir dans un voyage intersidéral secoué par les déflagrations free-jazz et fusion du tromboniste Joe « Defunkt » Bowie. D’avoir la colonne vertébrale électrisée par des soubresauts telluriques du saxophone de Colin Webster. Ce jeune musicien londonien étant par ailleurs très actif au sein de la scène impro/free-jazz de la City. Ecouter Bird head son, c’est aussi dès cette diablesse de « Véro », le tonitruant morceau d’ouverture, avoir envie d’attraper le premier objet à portée de la main et s’improviser percussionniste. Les percussions, comme les cuivres, sont une des composantes essentielles de la musique d’Anthony Joseph. Un déluge de notes extatique à la puissance sans nom.

Là où le « frangin » de Michael Franti – les deux hommes sont nés en 1966 – se rapproche des Last Poets ou d’un Gil Scott Heron évoqués plus haut, c’est par la force et la beauté de ses mots. Et par son phrasé aussi très slam – ou « spoken word », ce qui revient un peu au même.

Si Anthony Joseph vit à Londres depuis une vingtaine d’années, il a grandi à Trinidad. Toute la thématique de Bird head son tourne autour des tranches de vie et des figures qui ont forgé son identité. « J’aime à penser que nous jouons la bande-son d’un territoire où toutes les diasporas noires se retrouvent », a coutume de rappeler l’intéressé.

Rien n’est laissé au hasard chez Anthony Joseph. Même le nom de son groupe The Spasm Band, du nom de ses orchestres de rue qui fascinaient tant Louis Armstrong.

Funk, voodoo, poésie teintée de spirituel, jazz et free-jazz, Anthony Joseph n’est pas si loin que ça d’un Sun Ra et de sa « philosophie cosmique ». Ce qui en fait assurément l’un des hommes du week-end.

Album Bird head son (Naïve/Pias) .

En concert, ce vendredi 31 juillet à 19 heures, scène Côté Jardin.

PHILIPPE MANCHE


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1 commentaire

  1. Uliketeam

    30 juillet 2009 à 16 h 23 min

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